Des accès seront aménagés à la vague à Guy, à LaSalle, pour contrer l’érosion des berges et afin que les surfeurs et kayakistes y accèdent plus aisément. Le projet de 2,4 millions, dont le contrat a été attribué par le comité exécutif de la Ville de Montréal, mardi, sera mis en branle dès l’automne 2020.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

La file de surfeurs de rivière qui tentent de dompter la vague à Guy s’allonge d’année en année, au parc des Rapides, à LaSalle. Victime de son succès, la vague éternelle a vu sa rive se détériorer à une vitesse fulgurante, ce qui non seulement rend son accès de plus en plus laborieux, mais défigure également ses berges et détruit l’habitat d’espèces.

« Avant, on pouvait pratiquement sauter de la berge directement dans l’eau. Maintenant, elle est érodée presque jusqu’à la piste cyclable. J’aurais aimé qu’on garde ça comme c’était, mais la dégradation – à cause de nous – est de plus en plus rapide », observe le surfeur Nicolas Truchi, qui fréquente les lieux depuis plus de 10 ans.

« C’est une très bonne chose de protéger la berge et c’est vrai que ça arrivait souvent que les gens tombaient en glissant », croit Joshua Coleman, aussi adepte depuis une décennie. « Mais honnêtement, c’est sûr qu’un meilleur accès entraînera plus de gens, et ça, ça me fait un peu peur », avoue-t-il.

Le secret naguère bien gardé n’en est plus un. Mercredi soir, plus d’une dizaine de surfeurs attendaient leur tour sur la berge, devenue aussi abrupte que dégarnie à force d’être foulée par une communauté sans cesse grandissante. Il y a deux ans, des usagers ont entrepris d’installer eux-mêmes des escaliers en bois et une plateforme d’accès à l’eau dans l’une des deux descentes.

Un contrat aux contraintes particulières

Dans un souci de « limiter les impacts de la fréquentation sur l’environnement du secteur » et d’« offrir des accès sécuritaires aux sportifs », la Ville de Montréal aménagera deux entrées à l’eau et deux sorties pour officialiser la circulation. Le contrat a été accordé à Environnement Routier NRJ au terme d’un appel d’offres. La décision a été officialisée mardi matin par le comité exécutif de la Ville.

« C’est un projet double, si on veut. Comme n’importe quelle pratique sportive en milieu naturel, il y a un impact sur la biodiversité. Donc, on va baliser les sentiers pour que les gens passent au même endroit, on va revitaliser autour et on va faire une installation bétonnée sur le bord de l’eau pour que les gens s’installent pour aller à l’eau », explique Robert Beaudry, responsable de l’habitation, de la stratégie immobilière, des grands parcs et du parc Jean-Drapeau au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Projet d'aménagement à la vague à Guy

  • Maquette du projet d'aménagement d'accès à l'eau à la vague à Guy

    ILLUSTRATION FOURNIE PAR LA VILLE DE MONTRÉAL

    Maquette du projet d'aménagement d'accès à l'eau à la vague à Guy

  • Maquette du projet d'aménagement d'accès à l'eau à la vague à Guy

    ILLUSTRATION FOURNIE PAR LA VILLE DE MONTRÉAL

    Maquette du projet d'aménagement d'accès à l'eau à la vague à Guy

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Le coût maximal du contrat s’élève à 2,4 millions, soit un peu plus de 20 % du budget initialement prévu. « Malgré la validation de l’estimation par une firme externe, la fluctuation des écarts de prix observés pour chaque soumission déposée peut s’expliquer par la complexité des travaux, par la nature du site (fort courant proche des travaux en berges) et par le caractère peu habituel du projet », peut-on lire dans le sommaire décisionnel.

Les travaux doivent commencer à l’automne 2020. Des contraintes causées par les rapides et le débit de l’eau de même que des retards d’achat ou de livraison de matériaux en raison de la COVID-19 sont envisagés, de sorte que la durée des travaux est difficile à prévoir.

« On souhaite les réaliser complètement durant l’automne. Mais on peut avoir des surprises. L’objectif est de bonifier l’état naturel, mais surtout de le préserver, donc on va porter une attention vraiment particulière pour ne pas influer sur le milieu naturel, y compris la vague en elle-même et les espèces qui se trouvent sur place. C’est une condition sine qua non », explique M. Beaudry.

La Ville ne prévoit pas construire d’installations sanitaires à proximité de la vague à Guy. Il n’y a pas non plus de projets d’aménagement des berges près de l’autre vague éternelle très fréquentée de Montréal, située au large d’Habitat 67 et du parc De Dieppe.