(Ottawa) La fille d’un Canadien emprisonné au Caire depuis plus d’un an dit que son père risque de succomber à la COVID-19, à moins que le gouvernement ne puisse obtenir sa liberté.

Mike Blanchfield
La Presse canadienne

Amal Ahmed Albaz supplie une fois de plus le gouvernement canadien de venir en aide à son père de 52 ans, Yasser Ahmed Albaz, un ingénieur d’Oakville, en Ontario.

Il est dans une prison du Caire depuis février 2019. Il a été interpellé à l’aéroport, de retour d’un voyage d’affaires.

M. Albaz, qui a la double citoyenneté, voyageait avec un passeport canadien.

Sa fille dit que sa famille ne sait toujours pas pourquoi il a été détenu et interrogé. Il n’a pas été inculpé, a-t-elle indiqué.

Mme Albaz a souligné que l’état de son père s’est aggravé ces derniers jours : il a développé des symptômes de la COVID-19 et un autre prisonnier, âgé de 42 ans, est décédé des suites de la maladie.

« C’est une question de vie ou de mort, a dit Mme Albaz, jeudi. Nous sommes terrifiés et nous avons besoin que notre gouvernement fasse tout ce qui est possible. »

Elle dit que son père a développé une toux sévère, une fatigue extrême, une oppression thoracique et des difficultés respiratoires.

Il est également détenu dans une prison où les conditions ne sont pas hygiéniques. La ventilation est limitée, et il n’y a presque pas de soins médicaux.

Elle a indiqué que son père a des conditions médicales préexistantes qui le mettent en danger.

Les diplomates canadiens n’ont pas pu lui rendre visite en prison depuis l’éclosion du coronavirus en mars, a-t-elle déclaré.

Affaires mondiales Canada n’a pas commenté la situation dans l’immédiat, jeudi.

Mme Albaz a dit que le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, s’est montré réceptif. Elle appelle toutefois le gouvernement à augmenter la pression pour le faire libérer.

« J’ai l’impression que le gouvernement libéral n’a pas répondu aux attentes de ma famille. Si mon père décède — une énorme possibilité —, c’est envers tous les Canadiens qu’il aura échoué, de ne pas avoir pu obtenir d’un soi-disant allié et ami, l’Égypte, de respecter un citoyen canadien et le renvoyer chez lui. »

Elle a indiqué que sa famille avait exhorté l’ambassade du Canada depuis mars à organiser au moins un appel téléphonique avec son père, pour s’assurer qu’il allait bien.

Auparavant, un autre membre de la famille en Égypte avait pu lui rendre visite, mais cela a cessé en raison des restrictions liées à la COVID-19, a-t-elle déclaré.

Elle a dit que son père a pu informer sa famille de façon détournée, au sujet de son état.

Lors d’un voyage en Égypte en décembre, pour une conférence sur le développement, M. Champagne a soulevé le cas de Yasser Ahmed Albaz directement avec son homologue.