Le conférencier et motivateur Jean-Marc Chaput s’est éteint samedi à l’âge de 89 ans. Il a succombé à une résurgence de cancer.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« C’est un monument, un géant, il avait le respect de tout le monde », indique le conférencier Marc-André Morel, un ami de longue date de M.  Chaput, qui a été prévenu par la famille peu après le décès. « Personne ne peut dire « Jean-Marc Chaput, je ne l’aime pas ». Il n’a aucun scandale à son actif, aucune scratch sur le disque. C’est un homme d’amour, de fidélité et de compassion. Des souliers comme ça, tu ne remplis pas ça, tu les mets dans le bronze pour t’en souvenir longtemps. »

M.  Morel a vu M.  Chaput il y a quelques mois, alors qu’il luttait contre le cancer chez lui, une résurgence après un premier cancer il y a plus de 20 ans. « Il a tenu une chronique « Chaput a lu » aux HEC pendant longtemps, il lisait beaucoup. Quand je l’ai vu cette année, il m’a parlé du dernier livre sur le bonheur de Frédéric Lenoir. Il était toujours au courant, très engagé. »

Le secret de Jean-Marc Chaput était une capacité à faire vibrer tout en faisant rire. « Voir Jean-Marc Chaput à l’œuvre, c’était iconique, dit M.  Morel. J’ai vu des centaines de conférenciers dans neuf pays, personne n’était comme lui. En moins d’une minute il rentrait dans l’émotion, au bout de huit minutes il avait une larme. Ce n’était pas des larmes de comédien, c’étaient des vraies larmes. En même temps c’était un des premiers humoristes du Québec, au moment où il y en avait très peu. J’ai vu récemment un de ses premiers shows au Monument-National en 1974, c’est une ligne un punch, ça riait du début à la fin. À l’humour il ajoutait un message d’optimisme, de motivation et de leadership personnel. »

Né en Outaouais d’une mère anglophone et d’un père francophone, Jean-Marc Chaput se destinait à être jésuite, selon M. Morel. « À une époque où la Révolution tranquille se débarrassait de l’Église, il disait « être laïc, ce n’est pas assez, lâche les brakes ». Il a été le premier non seulement au Québec, mais aussi au Canada. En fait il est arrivé deux ou trois ans après le premier conférencier, Émile Froment, mais qui faisait ça à temps partiel était plus un orateur, moins électrique que Chaput. Il est arrivé juste après les premiers conférenciers laïcs aux États-Unis, les Dale Carnegie et autres, héritiers des preachers des années 1950 mais sans la religion. »

M.  Chaput a commencé son métier de conférencier en 1971 après avoir essuyé un revers financier avec son entreprise d’informatique, selon M.  Morel. « Il avait tout perdu et a été voir un ami pour lui demander s’il voulait qu’il lui parle de ventes et de comment faire des affaires. L’ami a dit combien ça va me coûter ? Chaput a eu d’autres revers dans la vie et il s’est toujours relevé, ça faisait partie de qui il était. Il a perdu une petite-fille du cancer, sa femme a eu le cancer aussi. »

Jean-Marc Chaput laisse dans le deuil son épouse Céline, cinq enfants, 22 petits-enfants et plusieurs arrière-petits-enfants.