C’est un retour à la normale — ou presque — pour les camps de jour du Québec. Après avoir jonglé avec une baisse draconienne du nombre d’enfants par animateur, la Santé publique leur a annoncé mercredi qu’ils pourraient finalement revenir à leur ratio habituel.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Dans le guide de relance des camps de jour dévoilé le 15 mai, la Direction générale de santé publique avait établi plusieurs mesures pour l’été, dont une diminution du rapport animateur-élève. Pour les 3-4 ans, la norme avait été établie à un animateur pour 4 petits. Un enfant de plus était autorisé pour les 5-6 ans. Et pour les groupes de 7-8 ans, un moniteur pouvait s’occuper de 7 enfants au maximum. Quant aux plus vieux, ils avaient droit d’être 10 par animateur.

Cette mesure imposée dans le contexte de la pandémie donnait bien des maux de tête aux directeurs de camps de jour, puisqu’ils devaient engager pratiquement deux fois plus de personnel pour les respecter, ce qui n’était pas chose facile « dans un contexte de pénurie de personnel », note Éric Beauchemin, directeur général de l’Association des camps du Québec (ACQ).

« La difficulté de trouver des animateurs rapidement et en nombre suffisant limitait notre capacité d’accueil », explique Miguel Ouimet, PDG de L’air en fête, une entreprise qui exploite six camps certifiés par l’ACQ et qui gère aussi les camps de 22 municipalités dans le Grand Montréal.

C’est donc avec joie qu’il a accueilli mercredi la décision de la Direction générale de santé publique (DGSP) d’assouplir cette mesure et de revenir aux ratios habituels des camps de jour réguliers de l’ACQ : 8 par groupe pour les 3-4 ans, 10 pour les 5-6 ans, 12 pour les 7-8 ans et 15 pour les plus âgés. « Compte tenu de l’évolution de la pandémie et également des connaissances relatives à la transmission de la COVID-19, nous estimons qu’il est possible de revenir aux ratios d’encadrement réguliers », peut-on lire dans un document diffusé par la DGSP.

On va pouvoir mieux répondre à la demande des parents. Le gouvernement a pris en compte notre réalité !

Éric Beauchemin, directeur général de l’Association des camps du Québec

Il ne cache pas que les camps de jour ont poussé un énorme soupir de soulagement cette semaine. Alors que plusieurs s’étaient résignés à fermer leurs portes, la donne a changé avec la décision sur les ratios de mercredi, mais aussi l’obtention d’une aide financière d’urgence de 11 millions de dollars annoncée la veille.

« Ce sont deux bonnes nouvelles en deux jours ! Des camps de jour qui avaient annoncé qu’ils fermaient vont sûrement reconsidérer leur décision », affirme le directeur général de l’ACQ.

C’est effectivement le cas de Guylaine Michel, directrice générale de la base de plein air Bellefeuille, en Gaspésie. Alors qu’elle avait annoncé à l’ACQ vendredi dernier que son camp de jour n’ouvrirait pas cette année, elle affirme reconsidérer sa décision. Notamment parce qu’en plus de l’aide financière d’urgence du gouvernement provincial et du retour aux ratios habituels, les municipalités desservies par son camp de jour souhaitent apporter un soutien supplémentaire. « Il y a eu de vives réactions lorsque nous avons annoncé qu’on ne pouvait pas ouvrir parce que nous sommes la principale ressource pour les parents cet été », confie Mme Michel.

Les camps de jour pourront ouvrir à compter du 22 juin. D’après l’ACQ, le nombre d’enfants qui utiliseront ce service sera moins élevé que les années précédentes. « Si on se fie aux jeunes qui vont à l’école et à nos calculs, on peut imaginer que la fréquentation sera de 70 % », avance M. Beauchemin. Ce serait donc environ 75 000 enfants qui profiteraient des camps de jour certifiés cet été.

« On a encore des parents qui sont anxieux, qui nous appellent pour savoir comment ça va marcher, et c’est normal, ajoute Michel Ouimet, PDG de L’air en fête. Mais si la Santé publique jugeait que les camps de jour étaient des milieux à risque, on n’annoncerait pas une augmentation des ratios. »