(Québec ) Régis Labeaume a choisi de se rallier à un nouveau projet de troisième lien, ce tunnel entre Québec et Lévis qui doit désormais sortir dans le centre-ville de la capitale.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Le gouvernement de François Legault a en effet mis de côté le projet qu’il privilégiait, soit un tunnel de 9 km à l’est, sous la pointe de l’Île d’Orléans. Québec favorise désormais un tunnel d’une longueur comparable qui relierait les centres-villes de Québec et Lévis.

« Honnêtement, on est très heureux », a dit le maire de Québec, Régis Labeaume, en conférence de presse mercredi. « Je pense qu’on a le meilleur des deux mondes. »

CARTE FOURNIE PAR LE MINISTÈRE DES TRANSPORTS

Très critique de la précédente mouture, M. Labeaume répétait qu’il n’y voyait aucun gain pour sa ville. Il avance que la nouvelle version, plus à l’ouest, le satisfait.

Surtout, il se réjouit de voir que le troisième lien va mieux s’ancrer avec son projet de tramway. L’ancien tracé prévoyait une connexion avec le tunnel à l’extrême est de sa ville, par des trambus.

Le nouveau projet du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) envisage désormais des sorties dans le Vieux-Québec – place d’Youville-et en Basse-Ville – jardin Jean-Paul L’Allier et pôle d’échanges Saint-Roch – pour les utilisateurs des transports en commun. Ceux-ci pourraient donc prendre un autobus de Lévis et sortir dans le Vieux-Québec, par un ascenseur, par exemple.

Régis Labeaume explique toutefois que son tramway, qui nécessite lui aussi un tunnel en Haute-Ville, n’a bien sûr pas été prévu pour s’arrimer au nouveau troisième lien. « On va se mettre sur le téléphone, il faut une rencontre avec le ministère des Transports le plus vite possible. »

Congestion au centre-ville

Mais le maire de Québec admet « qu’il reste beaucoup de questions sur ce projet-là ». Le gouvernement n’a toujours pas fait d’annonce officielle. Le précédent tunnel était estimé entre 4 et 6 milliards. Seront-ce les mêmes chiffres ?

Aussi, comment ces milliers de voitures de la Rive-Sud vont-elles se greffer au trafic déjà dense du centre-ville ? Car si les utilisateurs de l’autobus pourront descendre avant, il semble que ce ne sera pas le cas pour les voitures : celles-ci devront sortir de terre à Saint-Roch, près de l’actuelle usine de cigarettes Rothmans, Benson & Hedges.

Qu’est-ce que ce projet signifie par exemple pour la congestionnée rue Dorchester, ou pour le boulevard Charest ?

Le maire de Québec reconnaît qu’il y a là un enjeu. « Il y a du gros travail à faire. Si les gens vont vers le nord, il n’y a pas de problème, ils sont à l’encontre du trafic. Mais s’ils vont vers le sud, on n’est pas équipés pour ça », souligne M. Labeaume.

« C’est déjà congestionné. Tout est rempli. C’est plein, plein, plein… Tu peux rajouter des routes, mais ça ne rentre plus », s’inquiète Catherine Dorion.

La députée de Taschereau estime que cette nouvelle mouture du troisième lien n’est pas vraiment meilleure que l’ancienne. Selon elle, la volte-face du gouvernement démontre qu’il perd le contrôle de ce projet qui n’a toujours pas été précisément chiffré.

« Ça perd en crédibilité, c’est un ballon d’essai pour sauver leur truc, mais l’absurdité du projet reste d’un point de vue fiscal, environnemental, urbanistique, croit Mme Dorion. C’est mauvais. »

Le maire de Lévis, grand partisan d’un troisième lien, soutenait l’ancien tracé et en fait tout autant du nouveau. « Un projet de développement durable et porteur d’avenir », selon lui.

À Lévis, le nouveau tracé prévoit une sortie à l’intersection de l’autoroute 20 et de la rue Monseigneur-Bourget.