Pour dépister les familles à risque et éviter que davantage d’enfants se retrouvent ultimement en protection de la jeunesse, l’implantation d’un avis de grossesse partout au Québec « est un incontournable ».

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

C’est ce qu’a plaidé mercredi matin Nathalie Garon, directrice du programme gouvernemental jeunesse-famille en Mauricie devant la Commission Laurent, mise en place dans la foulée du décès de la petite fille de Granby au printemps.

Avant même la naissance d’un enfant, il faut impérativement « dépister les difficultés chez la mère et chez le couple », a-t-elle dit.

Son confrère François Belzile, directeur du programme-jeunesse en Montérégie-Est, a aussi insisté sur la chose, précisant qu’à l’heure actuelle, l’avis de grossesse est très inégal dans la province. Dans certains endroits, l’avis est une pratique établie, dans d’autres, pas du tout, tandis que dans les endroits plus reculés où il n’y a qu’un centre de prélèvements, les femmes enceintes sont facilement repérables. Mais il reste « qu’on en est encore au télécopieur pour les avis de grossesse », a-t-il laissé tomber.

Lorsqu’interrogés par les commissaires sur des hypothèses expliquant qu’on « échappe » des enfants, Nathalie Garon a entre autre parlé de l’écueil que représente une règle de confidentialité trop rigide et un cloisonnement général de l’information sur les enfants. Souvent, le personnel de la DPJ ne sait même pas si un signalement sur un enfant est le premier ou s’il y en a eu d’autres auparavant. « En l’absence d’informations, peut-être ne prend-on pas toujours la bonne décision. »

Mme Garon a par ailleurs relevé qu’il faudra repenser la question de l’hébergement des enfants qui sont sous la protection de la loi de la jeunesse. Le petit foyer, plutôt que de grands centres, lui semble une avenue particulièrement intéressante.