Les abonnés d’Hydro-Québec privés d’électricité devront prendre leur mal en patience : dans certaines régions, les pannes pourraient durer au-delà de dimanche soir. Samedi en fin de journée, 257 054 clients attendaient toujours le retour du courant. La Presse est allée à leur rencontre.

Thomas Dufour Thomas Dufour
La Presse

Rénald Grenier vit au bord de la rivière près de Saint-Charles-sur-Richelieu. Depuis les forts vents de vendredi matin, il est privé d’électricité. « Depuis le verglas, il n’y a jamais eu une panne comme ça », indique-t-il.

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Les vents de vendredi ont soufflé avec force dans le secteur. « Le barbecue était parti au vent, on l’a retrouvé plus loin sur le terrain », raconte M. Grenier.

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Rénald Grenier

Lui et sa famille se débrouillent bien pour l’instant. Ils ont un poêle à bois pour le chauffage et vont au restaurant pour manger. Toutefois, ils ont perdu toute la nourriture rangée dans leur congélateur.

Le voisin de Rénald Grenier est agriculteur. Il doit s’occuper de ses 30 vaches malgré la panne.

« Je n’ai pas beaucoup dormi », dit Jules Hébert. Il s’est réveillé dans la nuit de vendredi à samedi pour aller alimenter en essence son tracteur qui fournit son étable en électricité.

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Le tracteur de Jules Hébert fournit son étable en électricité.

« Il ne faut pas que la ventilation de l’étable s’arrête, sinon les vaches peuvent tomber malades », explique l’homme. Il doit donc remplir le réservoir de son tracteur cinq fois par jour en plus des autres tâches de la ferme.

Les vents ont soufflé fort le long du Richelieu. « Il ventait tellement, les cèdres étaient couchés et il y avait des herbes qui frappaient dans les fenêtres », indique Robert Jasmin.

Il a passé la journée de vendredi à ramasser des débris sur son terrain. « C’est la pire tempête que j’ai vue ici en six ans. »

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Le Québec se relevait samedi de la tempête qui avait frappé la province vendredi.

Un peu en aval, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, les gens ont aussi été privés de courant. « On a vendu toutes les bougies et toute la glace qu’on avait », dit Hua Jing Yuan, propriétaire d’un dépanneur.

Des équipes au travail

Il y avait plus de 500 équipes regroupant 1100 travailleurs sur le terrain à tenter de réparer les pannes, samedi.

Une équipe s’affairait sur le chemin Saint-Roch, à Sorel, pour remettre debout cinq poteaux électriques renversés par le vent.

Dans un ballet de pelles mécaniques et de camions, les employés d’Hydro-Québec tentaient de rétablir le courant dans le secteur en fin de journée samedi.

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Il y avait plus de 500 équipes regroupant 1100 travailleurs sur le terrain à tenter de réparer les pannes, samedi.

Selon le président d’Hydro-Québec, Éric Martel, il y a 250 poteaux à remonter ou à reconstruire sur le territoire. « Remplacer un poteau, ça prend entre cinq et sept heures avec deux monteurs, selon les conditions dans lesquelles ils travaillent », a-t-il déclaré.

Une équipe de 50 personnes en provenance de Detroit est venue prêter main-forte samedi en soirée.

Les efforts sur le terrain portent leurs fruits : le nombre de clients touchés par des pannes est passé de 990 000 au plus fort de la crise, vendredi, à un peu plus de 260 000 vers 19 h samedi.

Hydro-Québec dit prioriser les réparations pour des lieux qui « présentent un danger » ou pour les « services publics essentiels comme les hôpitaux, les usines d’eau potable, les postes de police et d’incendie, les centres de personnes âgées ».

Legault réagit

Le premier ministre François Legault a annoncé, samedi, que les travaux de réparation du réseau électrique pourraient prendre plus de temps que prévu dans trois secteurs du sud du Québec.

Il s’agit des secteurs du Richelieu, des Laurentides-Lanaudière ainsi que de la Beauce. En ces endroits, les travaux pourraient se prolonger passé dimanche et se terminer au début de la semaine.

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François Legault, premier ministre du Québec, et Éric Martel, président d’Hydro-Québec

« On est dans la pire situation depuis la fameuse crise du verglas de 1998, a déclaré M. Legault lors du point de presse tenu au siège social d’Hydro-Québec, à Montréal. Mais les choses s’améliorent beaucoup plus rapidement qu’en 1998. »

Tandis que le froid commence à s’installer au Québec, le premier ministre a invité les citoyens touchés à trouver refuge chez des proches ou dans des centres d’hébergement, en rappelant les consignes de sécurité d’usage.

Ces centres d’hébergement ont été ouverts dans différentes régions de la province au cours de la journée de samedi. L'arrondissement de LaSalle, Trois-Rivières, Nicolet, Sorel-Tracy, Saint-Georges, Lac-Beauport, Saint-Amable et Saint-Sauveur, entre autres, ont mis sur pied des installations pour accueillir les citoyens.

— Avec Raphaël Pirro, La Presse, et La Presse canadienne