(Québec) Robert Bourassa aura un nouveau voisin à la Baie-James. Québec honorera la mémoire de l’ancien premier ministre Bernard Landry en donnant son nom à des ouvrages hydroélectriques de la région, le barrage Eastmain-1 et la centrale Eastmain-1-A, dont il a permis la naissance grâce à la paix des Braves, accord historique signé avec les Cris en 2002, a appris La Presse.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Le premier ministre du Québec, François Legault, en fera l’annonce lundi, à quelques jours du premier anniversaire de la mort de Bernard Landry, le 6 novembre 2018. M. Landry a dirigé le Québec de 2001 à 2003.

À la Baie-James, Bernard Landry rejoindra Robert Bourassa, dont le nom a été donné au complexe que l’on appelait La Grande-2 (LG-2). Cette construction hydroélectrique a été développée sous la gouverne de l’ancien premier ministre libéral, que l’on a surnommé le « père de la Baie-James ». Ce vaste projet des années 70 comprenait déjà l’idée de construire à un moment donné Eastmain-1. Or, c’est Bernard Landry qui a finalement permis de concrétiser ce nouveau complexe, à la suite de la signature d’un accord historique avec le Grand Conseil des Cris, dirigé par Ted Moses.

La paix des Braves est considérée comme l’un des plus grands legs politiques de l’ancien premier ministre péquiste. 

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Bernard Landry et le grand chef des Cris, Ted Moses, lors de la signature de la Paix des Braves, en 2002

Cette entente a mis fin à une contestation de la Convention nationale de la Baie-James qui bloquait le développement d’Eastmain-1. Les poursuites judiciaires représentaient une réclamation de plusieurs milliards de dollars. Les Cris ont accepté de les abandonner, tout en mettant un terme à certaines revendications territoriales.

La paix des Braves comprend le versement de 4,5 milliards en 50 ans à la communauté crie. L’entente lui accorde davantage d’autonomie et lui permet de participer davantage au développement économique du territoire, y compris à la construction d’Eastmain-1, pour laquelle les entreprises autochtones ont obtenu des centaines de millions en contrats. Lundi, François Legault annoncera d’ailleurs que le réservoir Eastmain-1 sera baptisé réservoir de la paix des Braves.

La centrale Eastmain-1, avec son imposant barrage sur la rivière du même nom, est entrée en service en 2006. Une deuxième centrale, Estmain-1-A, qui a impliqué une dérivation de la rivière Rupert, a vu le jour dans les années suivantes pour former un complexe important de production d’électricité.

D’autres anciens premiers ministres honorés

D’autres installations d’Hydro-Québec portent le nom d’anciens premiers ministres : la centrale Jean-Lesage (Manic-2), la centrale René-Lévesque (Manic-3) et le barrage Daniel-Johnson (Manic-5). Le siège social d’Hydro-Québec à Montréal porte le nom d’édifice Jean-Lesage, décision prise par le gouvernement Couillard en 2017.

Le siège social de la Caisse de dépôt et placement du Québec est devenu l’édifice Jacques-Parizeau en 2016, un an après la mort de l’ancien premier ministre.

Après l’annonce du premier ministre Legault lundi, le Cercle des ami.es de Bernard Landry organise en soirée, à l’UQAM, un forum en son honneur, afin de souligner son rôle dans « l’ouverture du Québec sur le monde ». De nombreuses personnalités y seront, dont Louise Beaudoin, ex-députée et ministre péquiste, Clément Duhaime, ancien numéro deux de l’Organisation internationale de la francophonie, et Pierre Karl Péladeau, patron de Québecor.