Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a pris bonne note de l’opposition claire des citoyens de Saint-Roch-de-l’Achigan sur le projet d’aérodrome dans leur municipalité, mais sa décision définitive n’est pas encore prise.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

Lors d’un référendum tenu dimanche, la population de Saint-Roch-de-l’Achigan a voté à 96% contre la relocalisation de l’aérodrome de Mascouche dans leur municipalité. Le taux de participation était de 52%.

Lors d’une conférence de presse, lundi, le ministre Garneau a déclaré que le résultat de la consultation «ne tranche pas définitivement» la décision de son gouvernement, mais a ajouté que ce sera «un facteur qu’on examine».

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Marc Garneau

«Je peux vous assurer que nous suivons ce dossier de très près et je suis conscient des préoccupations des citoyens», a-t-il ajouté dans une déclaration subséquente transmise à La Presse canadienne.

Le processus qui doit être suivi comprend une étude de sécurité de Transports Canada, une évaluation des impacts sur la communauté ainsi qu’un rapport de consultations publiques de la part du promoteur, Aérodrome SRA.

M. Garneau dit qu’il n’a toujours pas reçu le rapport du promoteur, même si ce dernier indique sur son site l’avoir transmis à Transports Canada le 5 août dernier. Aussitôt reçu, le gouvernement aura 30 jours pour l’examiner et pour faire sa propre analyse sur la viabilité du projet, dit-il.

C’est le gouvernement fédéral qui aura le dernier mot sur la relocalisation de l’aérodrome dans la municipalité de Lanaudière.

M. Garneau dit que sa décision tiendra compte du rapport du promoteur, des commentaires de la communauté et des préoccupations en matière de sécurité. Si le projet va de l’avant, les travaux commenceraient au mois de septembre.

Des consultations bâclées?

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«Les citoyens de Saint-Roch veulent une tranquillité qu’ils connaissent depuis des années», sit le maire.

Le maire de Saint-Roch-de-l’Achigan, Yves Prud’homme, dit avoir fait état de «plusieurs anomalies» dans le processus de consultation d’Aérodrome SRA, qui s’est tenu en pleine période estivale.

Il dit avoir partagé ses préoccupations au ministre Garneau, lors d’une rencontre tenue la semaine dernière.

Le maire Prud’homme accuse les promoteurs de n’avoir fait «aucune étude indépendante» pour déterminer les retombées économiques du projet et les impacts en zone agricole.

«Ils ne nous ont pas démontré que le projet était pertinent», affirme M. Prud’homme.

Il dit ne pas comprendre pourquoi les promoteurs n’ont pas considéré Mirabel ou Joliette pour relocaliser l’ancien aéroport de Mascouche.

«Les citoyens de Saint-Roch veulent une tranquillité qu’ils connaissent depuis des années et ils veulent maintenir leur qualité de vie. […] Ce n’est pas pour un rien qu’on a fait une consultation», explique M. Prud’homme.

L’un des promoteurs, Yvan Lambert, a indiqué à La Presse canadienne qu’Aérodrome SRA était toujours au cœur du processus réglementaire et qu’il réservait ses commentaires à Transports Canada.