Stéphane Roy est un « battant ». « Il ne lâchera pas, alors il est hors de question qu'on laisse tomber. Si c'était moi à sa place, il piloterait jour et nuit pour me trouver », confie son frère Daniel en entrevue avec La Presse.

MARISSA GROGUHÉ, MAYSSA FERAH LA PRESSE

Les Forces armées ont annoncé qu'elles mettraient fin hier soir à l'opération pour retrouver l'hélicoptère disparu du président de Savoura, à bord duquel se trouvait aussi son fils. « Un gros coup dur » pour la famille, dit Daniel Roy. Loin de baisser les bras, ses proches s'en remettent à la Sûreté du Québec (SQ). Ils s'inquiètent toutefois de voir les efforts de recherche s'amoindrir.

Les proches des disparus comptaient beaucoup sur l'appui de l'Aviation royale canadienne pour retrouver Stéphane Roy et son fils, qui manquent à l'appel depuis le 11 juillet.

Mais Daniel Roy reste optimiste et se dit « loin d'être à terre ». Une semaine et demie après la disparition de son frère et de son neveu, il s'accroche à la certitude que Stéphane et le jeune Justin sont encore en vie.

« Le pire scénario, ce serait que mon frère ait eu un malaise cardiaque ou qu'il ait perdu connaissance », s'inquiète-t-il. Il mentionne que même si le fils de M. Roy est capable de piloter, il n'aurait pas eu accès aux pédales.

Son fils unique, c'est la prunelle de ses yeux, dit Daniel Roy avec émotion.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Stéphane Roy et son fils

« Je sais qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour se sortir de là. Mon frère n'est pas du genre à attendre de l'aide, il se débrouille dans la forêt, c'est une force de la nature épouvantable. »

- Daniel Roy

Une nouvelle étape

Avec le retrait des Forces armées, la Sûreté du Québec s'est vu confier l'affaire et la traitera comme une enquête sur des personnes disparues. La famille redoute cette décision. « On ne veut pas d'enquête sur les causes de ce qui s'est passé, on veut juste plus d'effectifs sur le terrain », lance le frère de Stéphane Roy.

Depuis la disparition de l'hélicoptère Robinson R44, l'Aviation royale canadienne a fouillé une superficie de plus de 20 000 km2. Au moyen de signaux cellulaires, l'armée a pu limiter les recherches à une zone d'environ 2200 km2. Au total, plus de 90 personnes de l'Aviation royale, de la Garde côtière canadienne, de Sauvetage et recherche aériens du Québec, de l'Association civile de recherche et de sauvetage aériens et de la SQ ont pris part aux opérations. Mais toujours aucune trace de Stéphane Roy et de son fils.

Daniel Roy « comprend que [les Forces armées] veuillent passer le flambeau, parce qu'elles ne progressent plus ». Il espère cependant que le corps de police national « fera maintenant le même travail que l'armée, avec la même vigueur ». « On ne veut pas que la SQ attende pour agir, dit M. Roy. Et présentement, c'est le message qu'ils nous véhiculent. »

Enquête et réévaluation de la SQ

Un porte-parole de la SQ, Claude Denis, a expliqué à La Presse qu'un hélicoptère a participé aux recherches hier et poursuivra son travail aujourd'hui, si les conditions météorologiques sont favorables.

« Dans les prochains jours, nos équipes de recherches terrestres et nautiques seront sur le terrain, a-t-il ajouté. Si de nouveaux éléments sont trouvés, l'opération se poursuivra. »

Une réévaluation régulière est prévue afin de déterminer la marche à suivre. On n'exclut pas de mettre fin aux recherches si aucun autre élément ne vient justifier qu'elles se prolongent. Entre-temps, « le travail d'enquête se poursuit et se poursuivra tant que les disparus ne seront pas retrouvés », a précisé l'agent de la SQ.

La famille de Stéphane Roy refuse d'attendre de nouveaux indices pour continuer les recherches aériennes. Elle a la certitude qu'il a emprunté son itinéraire habituel de leur chalet de Lac-De La Bidière jusqu'à Sainte-Sophie.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Le fils de Stéphane Roy

« La SQ est certaine de la zone restreinte. On leur demande à présent d'obtenir les ressources nécessaires et d'y entrer. [...] Je suis certain qu'ils sont pris au piège dans cette zone. »

- Daniel Roy

Sur le terrain, des proches font tout ce qu'ils peuvent pour aider aux recherches, bien qu'ils n'aient pas accès à tout le périmètre. De nombreux bénévoles les ont rejoints dans leurs efforts ces derniers jours. « Certains des plus grands fleurons du Québec nous aident présentement, ils nous prêtent des hélicoptères », fait savoir M. Roy.

Ému du soutien des citoyens, il demande aux gens de rester à l'affût d'éventuels bidons d'essence ou d'une glacière, dans un cours d'eau ou sur le sol. Ces objets présents dans l'hélicoptère de Stéphane Roy pourraient être des indices d'un atterrissage à proximité.

« Un excellent pilote »

Stéphane Roy est un excellent pilote, atteste son frère. Il y a deux ans, une panne du moteur de son hélicoptère est survenue en plein ciel, alors qu'il volait avec son fils à 1200 pieds d'altitude. Il est parvenu à atterrir dans un champ, entre deux lignes de haute tension. « Quand il a suivi ses cours de pilotage, il forçait ses entraîneurs à simuler en plein vol des pannes de moteur », dit Daniel Roy.

La maintenance de l'appareil a été faite au mois d'avril, selon lui. Stéphane Roy prenait ses précautions chaque fois qu'il utilisait le véhicule et s'assurait que la balise de détresse était activée.