Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a rencontré l’ancien président indépendantiste de la Catalogne en exil, Carles Puigdemont, en catimini pour l’inviter formellement au Québec, a appris La Presse canadienne.

La Presse canadienne

La rencontre entre les deux hommes s’est déroulée au quartier général de l’ancien président en exil en Belgique. M. Blanchet, de passage en Europe pour les commémorations du débarquement de Normandie, a loué une voiture et s’est dirigé vers la Belgique tôt vendredi matin pour la rencontre.

En entrevue depuis Paris, M. Blanchet dit qu’ils ont parlé des enjeux entourant la tournée québécoise de M. Puigdemont au Québec, prévue la semaine prochaine, du 10 au 14 juin, mais qui a été reportée à l’automne. La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal en a fait l’annonce dans un communiqué transmis vendredi matin.

Dans un autre communiqué transmis plus tard en journée, la SSJB a annoncé que le bureau parisien d’Immigration Canada avait demandé à M. Puigdemont des informations supplémentaires sur sa demande d’Autorisation de voyage électronique (AVÉ), déposée maintenant depuis un mois.

« Cette nouvelle exigence, communiquée à la 25e heure, démontre une fois de plus que le Canada entend utiliser tous les moyens en son pouvoir pour compromettre la visite de M. Puigdemont », a déclaré le président général de la SSJB, Maxime Laporte.

« Il n’y a aucune raison qui puisse justifier une telle demande de renseignements supplémentaires si peu de temps avant le moment prévu pour la tournée. C’est manifeste : Ottawa fait du sabotage bureaucratique pour empêcher la visite de Carles Puigdemont au Québec, cela pour des motifs objectivement politiques. »

M. Blanchet affirme que M. Puigdemont n’adresse aucun reproche à qui que ce soit pour la lenteur des démarches. Le chef du Bloc espère tout de même soulever cette question avec le premier ministre Justin Trudeau aussitôt qu’il en aura l’occasion.

Carles Puigdemont a été invité par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal pour parler du référendum de 2017 sur l’indépendance de la Catalogne. Il y a plusieurs semaines, il s’était vu refuser l’accès au Canada à la suite d’un imbroglio apparemment provoqué par un intermédiaire douteux qui avait fait la demande d’Autorisation de voyage électronique en son nom.

La SSJB et l’avocat Stéphane Handfield avaient ensuite déposé une demande d’autorisation et de contrôle judiciaire à la Cour fédérale pour contester la décision d’Immigration Canada, mais le ministère a avisé l’avocat qu’il acceptait de réévaluer la demande et de permettre à M. Puigdemont de fournir les documents qu’il avait réclamés.

Immigration Canada avait initialement accordé l’Autorisation en février, mais avait aussi demandé des documents et renseignements additionnels. M. Puigdemont n’avait toutefois jamais reçu la demande des autorités canadiennes et celles-ci avaient alors suspendu l’Autorisation de voyage.

Carles Puigdemont fait face à des accusations criminelles en Espagne pour avoir organisé un référendum sur l’indépendance catalane, une démarche jugée illégale par le gouvernement espagnol.

Maxime Laporte signale qu’il y a quelques jours, M. Puigdemont a été admis en Angleterre pour une conférence à Londres et qu’il a pu se rendre en Allemagne récemment afin de participer à un panel.