Avec 55 000 cheminées recensées sur son territoire, la Ville de Laval songe à une nouvelle réglementation sur le chauffage au bois comme l'a fait Montréal l'automne dernier, ce que réclament des élus de l'opposition.

Publié le 23 janv. 2019
Kathleen Lévesque LA PRESSE

Dans le cadre d'un sondage effectué auprès de la population en décembre dernier, Laval a vérifié l'intérêt «pour une nouvelle réglementation à Laval sur l'utilisation d'appareils à combustibles solides dans l'objectif d'améliorer la qualité de l'air», a-t-on expliqué à La Presse. Le sondage concernait le «bon voisinage»; «plusieurs questions portaient sur le chauffage au bois, son utilisation et ses nuisances».

«Les données sont en cours d'analyse», a indiqué hier la responsable des communications à la Ville de Laval, Sarah Bensadoun.

En novembre dernier, le conseiller municipal Claude Larochelle, de l'opposition officielle, avait présenté au conseil municipal une résolution mandatant la direction générale pour la création d'un programme d'aide à la conversion, au remplacement ou au retrait des appareils à combustibles solides. La résolution de M. Larochelle soulignait que tout foyer rejetant plus de 2,5 grammes par heure de particules fines était nuisible pour la santé, que ces particules pouvaient rester dans l'air pendant plusieurs jours et qu'elles étaient «susceptibles de pénétrer profondément dans les poumons». M. Larochelle rappelait également que le chauffage au bois était une cause de smog hivernal. Cette proposition a été adoptée avant le congé des Fêtes.

En début de semaine, le conseiller municipal Michel Poissant, un dissident de l'équipe du maire Marc Demers, est revenu à la charge sur l'importance pour Laval de s'engager à réduire le chauffage au bois. Il oppose toutefois cette idée au programme mis en place pour encourager l'achat de voitures électriques.

«Avec un slogan comme "Urbaine de nature", Laval a l'obligation de faire preuve de cohérence», croit M. Poissant, selon qui «subventionner le remplacement des poêles au bois est critique, pas les voitures électriques».

Depuis avril 2018, Laval accorde une aide financière de 2000 $ pour l'acquisition d'une voiture électrique. Pour 2019, le programme bénéficie d'un budget de 800 000 $. Michel Poissant souhaite que cet argent soit investi dans ce qu'il estime être «un vrai enjeu municipal».

«On se trompe de cible», tranche-t-il en entretien téléphonique avec La Presse. «La conversion des vieux appareils de chauffage au bois est cent fois plus dommageable que l'apport environnemental des voitures électriques», plaide-t-il. À titre d'exemple, M. Poissant propose que la Ville donne 300 $ aux contribuables prêts à se débarrasser de leur vieux poêle et 1000 $ pour un appareil moins polluant. Le gouvernement du Québec pourrait également être mis à contribution, croit-il.

Selon les informations transmises par la Ville de Laval, on compte 55 000 cheminées sur le territoire de la municipalité. On ignore si les poêles et les foyers au bois sont vraiment utilisés.