Une enquête du Bureau de la sécurité dans les transports (BST) met en lumière les dangers liés à la présence à bord d'aéronefs de piles ion-lithium, incluses notamment dans les cigarettes électroniques, lorsque celles-ci sont transportées dans les bagages enregistrés.

Mis à jour le 19 janv. 2019
FANNYLÉVESQUE LA PRESSE

« Les passagers doivent garder en tête que ces articles doivent être transportés dans la cabine, où un incident peut être immédiatement atténué », prévient le BST, qui révélé hier son rapport d'enquête sur un incendie de soute à bagages, qui s'était déclaré le 14 juin dernier, à bord du vol 113 de la compagnie aérienne WestJet.

Le Boeing 737-700 qui effectuait le trajet de Calgary à Vancouver s'était posé d'urgence, quelques minutes après le décollage, parce que le bagage d'un passager avait pris feu dans la soute. L'enquête a permis de conclure que l'incendie a été causé par l'une des deux piles ion-lithium d'un chargeur de rechange pour cigarette électronique.

Le passager, à qui appartenait le bagage, avait placé « par inadvertance » ces articles, pourtant contrôlés, dans une poche de son sac à dos qu'il a enregistré. Ce sac a par ailleurs traversé le contrôle de sécurité des bagages obligatoire, puisque ce contrôle est conçu pour détecter les matières explosives plutôt que les piles de ce type.

Message de sécurité

Le BST réitère que Transports Canada a publié, en février 2016, un Avis de sécurité sur le transport des marchandises dangereuses pour aviser les exploitants aériens, les passagers et les membres d'équipages des risques de sécurité des cigarettes électroniques. Cet avis recommande que ces articles et leurs piles soient transportés en cabine uniquement.

« Même si le passager était au courant des restrictions sur les piles ion-lithium, on n'a pas identifié le bagage enregistré comme contenant des marchandises dangereuses avant qu'il ne soit chargé dans la soute », écrit le BST qui estime que la responsabilité doit être partagée entre les passagers, le transporteur et les agents de contrôle.

L'entreprise WestJet dispose de règles claires en la matière, consultables sur son site web. Le transporteur demande que les piles soient retirées des appareils afin d'éviter la mise en marche inopinée. Elles doivent être « protégées individuellement » pour ne pas causer de court-circuit. Leur présence doit aussi recevoir l'approbation de WestJet.

Le BST rappelle que « pour protéger les piles, on peut couvrir leurs bornes de ruban adhésif, emballer chaque pile individuellement dans une pochette protectrice ou un sac de plastique ou les conserver dans leur emballage original ». Au Canada, les piles ion-lithium sont assujetties au Règlement sur le transport des marchandises dangereuses.

La prolifération des piles ion-lithium dans les appareils électroniques personnels a entraîné une hausse du nombre d'évènements liés à la présence de fumée, de feu, de chaleur extrême ou d'explosion compromettant le fret aérien et les bagages de passagers, a indiqué le BST sans fournir de statistiques canadiennes.

Les piles au lithium peuvent être contenues dans un ordinateur portatif, un appareil photo, un téléphone cellulaire, une caméra vidéo ou une montre.