(Toronto) Feux tricolores s’adaptant en temps réel à la circulation, pistes cyclables chauffées en hiver, robots assurant la gestion des déchets: les autorités canadiennes ont donné leur accord de principe jeudi à la poursuite d’un projet controversé de quartier futuriste à Toronto par une filiale de la maison mère de Google.

Agence France-Presse

La filiale d’Alphabet, Sidewalk Labs avait été contractée en 2017 par Waterfront Toronto – une entité publique qui réunit la municipalité de Toronto et les gouvernements de l’Ontario et du Canada – pour mener à bien le projet.

Ce dernier prévoit le réaménagement de Quayside, une friche industrielle de cinq hectares le long du lac Ontario, en un quartier ultramoderne et durable, articulé autour des technologies et des données numériques.

Le conseil d’administration de Waterfront Toronto a voté jeudi pour la poursuite du projet après que Sidewalk Labs eut accepté de revoir son plan directeur, qui avait suscité de nombreuses critiques.

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Les bureaux de Sidewalk Labs à Toronto.

Le vote ouvre la voie à une évaluation formelle du projet par les autorités canadiennes ainsi qu’à de nouvelles consultations publiques. Une décision finale doit avoir lieu le 31 mars 2020.

«Que les choses soient claires : ce n’est pas un accord final», a déclaré le président du conseil d’administration de Waterfront Toronto, Stephen Diamond, dans un communiqué.  

«Il reste beaucoup de travail avant une décision finale», a-t-il ajouté, saluant un projet «qui a le potentiel de créer de nouveaux emplois et des possibilités de développement économique, un environnement carbo-neutre et des logements plus abordables».

Sidewalk Labs a dû faire un certain nombre de concessions, notamment sur l’étendue du projet ou la gestion des données qui seront collectées. Elle s’est aussi engagée à davantage partager, avec les entreprises canadiennes et Waterfront Toronto, les fruits des innovations et des propriétés intellectuelles qui seront générées grâce au projet.

«Pas la bienvenue à Toronto»

Selon les plans proposés par Sidewalk Labs, le futur quartier sera construit en bois, mêlera commerces, bureaux et habitations (dont au moins 20% de logements sociaux) et se veut durable.  

Le quartier sera doté de capteurs pour collecter différents types de données sur les comportements des résidents, comme les flux de cyclistes et de piétons, la consommation en eau ou le remplissage des poubelles.

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Un modèle réduit du projet torontois de Sidewalk Labs.

Sidewalk Labs assure que son objectif est d’aider à mieux comprendre les dynamiques de la vie urbaine et stimuler l’innovation, mais l’idée avait soulevé des inquiétudes quant à la protection de la vie privée des habitants et l’utilisation des données collectées.

Face à la levée de boucliers, Sidewalk Labs a finalement accepté de repousser son plan directeur.

La taille du projet a été ramenée de 77 à 5 hectares, comme c’était initialement prévu. Et toute extension au-delà de Quayside sera, si le projet est concluant, soumis à un appel d’offres compétitif, selon Waterfront Toronto.

L’autre point principal des discussions concernait la gestion future des données. Depuis le début, le public s’était dit inquiet à l’idée qu’une société affiliée au géant Google puisse collecter des données des résidants, y voyant des risques d’atteinte à la vie privée.  

Waterfront Toronto sera finalement en charge de la gouvernance numérique du projet et de toutes les questions liées au respect de la vie privée des résidants. Sidewalk Labs s’est aussi engagée à se conformer aux lois canadiennes sur protégeant la vie privée.

PC

Quayside doit être construit sur ce terrain riverain.

La filiale a aussi fait marche arrière sur son ambition d’être le promoteur principal du quartier et devra travailler en partenariat avec d’autres groupes immobiliers qui seront sélectionnés à travers un appel d’offres compétitif.

Thorben Wieditz, membre du mouvement citoyen #BlockSidewalk opposé au projet, s’est félicité de voir l’entité publique en reprendre le contrôle.

Il a espéré au passage que Sidewalk Labs «se rendra compte qu’elle n’est pas le bon partenaire de la ville de Toronto, qu’elle n’est pas la bienvenue à Toronto».