(Québec) La présence de plomb dans l’eau dans des dizaines de villes du Québec ne présente pas un problème majeur de santé publique, a martelé François Legault, jeudi.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Le premier ministre a affirmé qu’il ne faut pas « faire peur aux gens », car l’exposition de la population au plomb a baissé de manière importante au cours des dernières années.

« Il faut dire actuellement, il n’y a pas de problème, a-t-il dit. On veut revoir les normes, on veut être encore plus sévère, on s’est beaucoup amélioré dans les dernières années pour réduire la quantité de plomb, on veut la réduire encore plus. Mais pour l’instant, il n’y a pas d’impact négatif pour la population. »

La Presse a révélé jeudi que 120 villes ont rapporté avoir détecté des concentrations de plomb « hors norme » entre 2013 et 2018. Le tiers d’entre elles n’avaient pas corrigé la situation.

M. Legault a rappelé que toutes les villes du Québec devront présenter un plan d’action dans les prochains mois pour cartographier les secteurs à risque. Le gouvernement s’assurera qu’elles prennent les mesures pour protéger les populations exposées.

« On va suivre ça de plus proche parce que c’est préoccupant, a dit M. Legault. On va s’assurer que les nouvelles normes et la nouvelle façon de faire des tests soit respectée par toutes les municipalités. »

Mercredi, trois ministres ont annoncé que le gouvernement va resserrer les normes de santé publique concernant l’eau courante. La concentration de plomb jugée dangereuse sera abaissée de 10 à 5 microgrammes de plomb par litre d’eau, tel que le recommande Santé Canada.

Québec a aussi imposé de nouvelles mesures d’échantillonnage plus strictes afin de mieux détecter le plomb.

La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, ne doute pas que les villes parviendront éliminer une fois pour toutes le plomb dans l’eau.

« J’ai totalement confiance, a-t-elle dit. Les municipalités font le travail. Maintenant, les municipalités doivent comprendre que le gouvernement est avec elles. On est avec les municipalités, on va les accompagner, on est des partenaires. »

Aide requise

Selon la députée de Québec solidaire, Émilise Lessard-Therrien, le gouvernement Legault ne peut s’en remettre uniquement aux villes pour éliminer le problème du plomb. Il doit mettre de nouvelles sommes à leur disposition, surtout dans les cas des petites municipalités qui doivent engager des sommes importantes pour reconstruire leur réseau d’aqueduc.

« Il faut que les municipalités fassent les réfections nécessaires pour changer les conduites d’eau qui font en sorte que l’eau est contaminée, a-t-elle dit. Maintenant, je pense que le gouvernement a aussi son rôle à jouer. »