Les campeurs venus profiter de la belle saison sont sous le choc. Le camping Horizon à Saint-Roch-de-l’Achigan a été frappé par une tornade jeudi soir, vers 18h. Une roulotte, emportée par les bourrasques, a fait un tonneau. L’homme qui était à l’intérieur a été emmené à l’hôpital.

Morgane Gelly La Presse

La symphonie des tronçonneuses accompagne un spectacle désolant. Derrière les rubans jaunes, des arbres fendus sur toute leur longueur sont couchés au sol. Un barbecue s’est encastré dans une voiture, les abris moustiquaires ont été arrachés par le vent.

«D’un coup, ça a fait boum, boum, boum. Je ne savais pas ce que c’était, je me demandais. L’auvent a brisé. En dix minutes, il n’y avait plus rien», raconte Véronique Pelletier. Terrorisée par ce qu’elle venait de vivre, elle est allée dormir chez des amis. «Pendant une heure, je tremblais comme une feuille», ajoute-t-elle.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Derrière les rubans rouges, des arbres fendus sur toute leur longueur sont couchés au sol. Un barbecue s’est encastré dans une voiture, les abris moustiquaires ont été arrachés par le vent. 

«Le vent a commencé, c’était incroyable, on a juste eu le temps de ramasser les affaires, se remémore Gilles Dupuis. Je me suis dis: "je vais enlever mon truck de là". Je suis sorti, le vent était assez fort, j’ai perdu mes lunettes. Mon barbecue m’a frôlé la face, j’ai juste eu le temps de rentrer.» Voyant les auvents se déchirer et les arbres casser, M.  Dupuis a craint pour sa vie. «Ça va vite. À un moment donné, tu te dis: "on va y passer".»

Les lignes électriques arrachées pendent au sol, privant les estivants d’électricité et d’eau courante. «On essaye de donner de l’eau aux campeurs, les pompes ne fonctionnent pas», précise Alexandre Caron, propriétaire du camping.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Une roulotte est couchée sur le côté. Ses propriétaires l’ont échappé belle. Ils n’étaient pas dedans lors de la tempête.

Une roulotte est couchée sur le côté. Ses propriétaires l’ont échappé belle. Ils n’étaient pas dedans lors de la tempête. «On est partis mercredi. Quand il pleut, on ne reste pas ici», explique Monique Leroux. Son mari, Pierre Leroux, a le cœur lourd. «J’ai pleuré. Ça a donné un coup. Je l’ai aimée beaucoup, ma roulotte. On était très bien ici», dit-il au bord des larmes.

Tous les campeurs n’ont pas eu cette chance. Un homme se trouvait dans sa caravane quand le vent l’a arrachée du sol et lui a fait faire un tonneau. Il a été emmené à l’hôpital. «Déjà qu’il était malade avec le cancer, il suivait des traitements, il n’avait pas besoin de ça», s’inquiète le propriétaire du camping.

Environnement Canada a confirmé qu’il s’agissait d’une tornade de force EF1, avec des vents soufflant de 135 à 175 km/h. Des dégâts ont été rapportés sur une distance d’au moins 3 km et sur 200 à 300 m de large. La tornade a endommagé des fermes, des garages, quelques maisons unifamiliales, ainsi que des roulottes et des arbres au camping Horizon.