Des absences trop nombreuses parmi les contrôleurs aériens en charge de l’espace aérien près de Montréal-Trudeau ont contribué à ce que deux avions - dont une liaison Toronto-Montréal d’Air Transat avec 220 personnes à bord - se rapprochent à une distance non-sécuritaire, il y a un an.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

C’est la conclusion d’un rapport du Bureau de la sécurité dans les transports (BST) rendu public mercredi.

L’Airbus A310 de Transat et un petit Cessna privé se sont retrouvés «en deçà de 500 pieds verticalement et de 1,7 mille marin latéralement l’un de l’autre» au-dessus de la région de Lanaudière, a indiqué le BST. En termes technique, on parle d’un «manque d’espacement».

Parmi les facteurs contributifs identifiés par l’organisation fédérale: «7 contrôleurs et 1 surveillant auraient dû être en service le soir de l’événement à l’étude. Toutefois, en raison d’absences, il y avait pénurie de contrôleurs à la sous-unité terminale de Montréal le soir de l’événement; seuls 4 contrôleurs (sans compter le contrôleur stagiaire) et 1 surveillant de quart étaient initialement en service», écrit le BST.

Jean Lapointe, expert en aviation civile, a qualifié ce genre de problèmes de «rarissime» en entrevue avec La Presse.

«Dans les 40 ans que j’ai travaillé à Montréal, je ne me souviens pas qu’il y ait eu un manque d’espacement, c’est vraiment un événement qui est rare», a-t-il dit. «Plus on approche d’un aéroport aussi important que Montréal-Trudeau, le niveau de contrôle est encore plus élevé.»

Les avions n’étaient pas sur le point d’entrer en collision, a souligné M. Lapointe. La distance entre les deux avions «est allée plus bas que les standards qui sont quand même assez élevés», a-t-il dit.

Nav Canada, en charge du contrôle aérien au pays, n’a pas encore réagi publiquement.