Les fraises du Québec sont en retard d’environ une semaine cette année. Le coupable ? Le manque de chaleur. En revanche, grâce au temps froid, elles s'annoncent délicieuses.

Michael Deetjens
La Presse

Déjà en mai, les producteurs de fraises prévoyaient des récoltes tardives. Les variétés hâtives devraient déjà être sur le marché, mais la nature en a voulu autrement. Selon Jennifer Crawford, directrice générale de l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec (APFFQ), les basses températures des dernières semaines en sont la cause.

« Les champs sont en très bon état, mais tout est au ralenti. Il manque de chaleur. » — Jennifer Crawford

Selon David Lemire, producteur dans la région de Trois-Rivières, il faut s’attendre à un retard qui peut atteindre une dizaine de jours à l’échelle de la province. Pour combler ce retard, certains producteurs utilisent des bâches afin de favoriser la rétention de la chaleur. Les fraises cultivées avec cette méthode devraient faire leur apparition la semaine prochaine, affirme Mme Crawford. 

À l’île d’Orléans, la récolte est attendue aux alentours du 15 ou du 16 juin. L’année dernière, la saison avait commencé le 10 juin, nous informe le producteur Simon Plante. La situation est semblable dans la couronne nord où Louis Bélisle, producteur de Saint-Eustache, prévoit un retard d’environ une semaine pour ses petits fruits rouges.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Louis Bélisle, producteur de fraises à Saint-Eustache

Plus grosses et plus sucrées

Nous sommes loin du printemps chaud et ensoleillé souhaité par bon nombre de Québécois. Or, même si les températures fraîches ralentissent la croissance des plantes, les fraises seront de qualité, croient les producteurs. Pour David Lemire, des températures de 8-10 ºC de nuit et de 17-18 ºC de jour sont optimales. 

« En serre, où les cultivateurs peuvent contrôler les conditions, ce sont les températures visées. »  — David Lemire, producteur dans la région de Trois-Rivières

Louis Bélisle précise que « s’il avait fait très chaud très tôt, cela aurait stressé davantage les plants. Les fraises auraient rougi trop vite, elles auraient été plus petites et moins sucrées ». M. Lemire prédit que nous aurons droit cette année à des fraises plus grosses et plus sucrées.

Et le retard de mise en vente du petit fruit ne semble pas inquiéter outre mesure les producteurs, car les rendements s’annoncent bons. David Lemire rappelle qu’il n’est pas rare de perdre entre 5 % et 10 % des plants à cause des rigueurs de l’hiver. Cette année, les producteurs prévoient très peu de pertes, parce que la neige a été abondante dans les champs. La neige est un excellent isolant et protège les plants contre le gel, rappelle M. Lemire. Pour Simon Plante, il est clair que nous aurons droit à de meilleurs rendements que l’année passée.

Et les framboises ?

Pour David Lemire, également producteur de framboises, il est encore trop tôt pour savoir si la météo des dernières semaines retardera la récolte. Les framboisiers fleurissent naturellement plus tard que les fraisiers, ce qui leur donne la capacité de rattraper le retard. Encore faut-il que la température se réchauffe, ajoute David Lemire.