Un gouvernement du Parti québécois réduirait les tarifs de transport collectif de 60 % en dehors des heures de pointe, a promis Jean-François Lisée, jeudi. La stratégie se veut un « incitatif fort » pour encourager les automobilistes à adopter l'autobus, le métro et le train de banlieue.

Mis à jour le 27 sept. 2018
MARTIN CROTEAU LA PRESSE

« Pour le coût d'un café, vous allez pouvoir vous déplacer sur le territoire », a illustré M. Lisée en conférence de presse au métro Longueuil-Université de Sherbrooke, jeudi.

La proposition est le troisième volet du « Grand déblocage » défendu par le chef péquiste depuis le printemps. Ce plan prévoit la mise au rancart du Réseau express métropolitain (REM), la construction de cinq lignes de tramway, la création de neuf corridors de bus express et des interventions prévues sur le réseau de trains de banlieue.

M. Lisée estime qu'en adoptant une tarification attrayante pour les déplacements hors pointe, il serait possible de retirer 800 000 usagers de la route à délaisser leur voiture. Il calcule qu'ils pourraient économiser 190 $ par année en la troquant pour le transport collectif.

« La proposition de tarification intelligente qu'on peut faire en 2018 et pour les années à venir, c'est de mieux utiliser nos transports en commun et d'attirer les usagers là où les places sont vides, sont disponibles, c'est-à-dire hors pointe », a résumé le chef péquiste.

Un éventuel gouvernement péquiste utiliserait le Fonds vert pour compenser les sociétés de transport qui baisseront leurs tarifs. Celles-ci seront libres d'appliquer, ou pas, la politique.

Cette promesse fait contraste avec celle de Québec solidaire, qui propose de réduire de moitié le coût du transport collectif partout au Québec dans sa première année au pouvoir, et d'atteindre la gratuité d'ici 10 ans.

La tarification proposée par le PQ est moins avantageuse que celle de QS pour les détenteurs d'abonnements mensuels, qui se rendent tous les jours au travail en transport collectif. Mais aux yeux de M. Lisée, il serait « contre-productif » de réduire les tarifs pour ces usagers.

« L'heure de pointe actuelle est déjà congestionnée, a noté M. Lisée. C'est-à-dire que réduire la tarification à l'heure de pointe à Montréal où à Québec, ça ferait augmenter la pression sur l'heure de pointe. »

Les utilisateurs réguliers du transport collectif pourraient toutefois bénéficier « indirectement » de la nouvelle tarification hors pointe, a-t-il argué. Car elle pourrait inciter certains à retarder ou à devancer leurs déplacements pour profiter d'un tarif plus avantageux.

Il souligne par ailleurs que le « Grand déblocage » du PQ prévoit des mesures pour encourager le télétravail, le covoiturage et l'autopartage, toutes des mesures qui servent à faciliter la vie aux utilisateurs réguliers des autobus, des trains de banlieue et du métro.