Les enquêteurs et policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et de la Sûreté du Québec (SQ) continuent de travailler d'arrache-pied pour retrouver Ariel Kouakou, disparu depuis maintenant 16 jours. La priorité est de retrouver le petit garçon de 10 ans et de répondre aux critiques plus tard. Le SPVM, qui défend sa gestion, promet de faire une rétroaction une fois l'enquête terminée. La Presse a toutefois appris hier l'existence de certaines situations qui devront sûrement être examinées. Analyse.

Mis à jour le 28 mars 2018
Daniel Renaud LA PRESSE

Pourquoi le père d'Ariel, qui voulait signaler la disparition de son fils dans un poste de quartier (PDQ), a-t-il été renvoyé chez lui ?

Le lundi 12 mars, jour de la disparition d'Ariel, à l'heure du souper, Frédéric Kouakou s'est rendu au poste de quartier 10, rue O'Brien, à 2,6 km de la résidence familiale de la rue Valmont pour signaler la disparition de son fils. Il a raconté à La Presse qu'une policière lui aurait alors dit de retourner à la maison et de composer le 9-1-1. Ce qu'il a fait à 19 h 07.

Pourtant, selon une procédure mise en place il y a plusieurs années, les policiers d'un PDQ qui reçoivent une plainte pour la disparition d'un enfant doivent en aviser immédiatement leur supérieur pour que des patrouilleurs soient aussitôt envoyés à la maison pour entreprendre les recherches. Les premiers patrouilleurs se sont présentés à la résidence des Kouakou à 19 h 29. Au SPVM, on a confirmé ces faits et affirmé qu'ils feront sûrement partie de la rétroaction sur l'enquête déjà annoncée et promise par l'inspecteur Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM.

Pourquoi les enquêteurs des Crimes majeurs n'ont-ils pas été dépêchés plus tôt ?

Pour répondre à cette question, il faut se remettre dans le contexte, celui voulant que les policiers soient tout de même assez régulièrement confrontés à des enfants qui s'absentent. Il est facile, deux semaines plus tard, de dire que les choses auraient dû être faites autrement. D'autant plus que le soir du lundi 12 mars, rien ne laissait croire qu'Ariel Kouakou avait été enlevé. Le SPVM a déclenché ses procédures habituelles. Durant le premier soir et la première nuit, des patrouilleurs et des enquêteurs ont fait des vérifications.

Mais est-ce que la Division des crimes majeurs, à qui on a transmis l'enquête sur la disparition d'Ariel autour de l'heure du midi le mardi 13 mars, soit 12 heures après le signalement de la disparition, aurait tout de même dû recevoir ce mandat plus tôt ? Une participation plus hâtive de ces enquêteurs aurait au moins signifié l'implication, plus rapidement, d'un plus grand nombre de ressources expérimentées.

Pourquoi les responsables de l'enquête ont-ils voulu rappeler le poste de commandement mobile ?

Selon nos informations, des responsables haut placés de l'enquête auraient voulu, 48 heures seulement après la disparition d'Ariel Kouakou, ramener au garage le poste de commandement mobile dépêché d'abord près du parc des Bateliers, puis dans le stationnement des Galeries Normandie. La Presse a appris que lorsqu'il a été informé de ces intentions, le directeur par intérim du SPVM, Martin Prud'homme - pour qui le meurtre toujours non résolu de Cédrika Provencher, dont il a dirigé l'enquête, reste une affaire très sensible -, ne l'aurait pas trouvée drôle et aurait ordonné le maintien sur place du poste de commandement. Certains des officiers qui voulaient ramener le véhicule auraient fait l'objet des mutations annoncées vendredi dernier par M. Prud'homme. L'affaire du poste de commandement n'en serait pas la seule raison, mais serait venue conforter le directeur par intérim dans sa décision de faire ces changements. Il existe depuis plus d'un an au SPVM une culture selon laquelle les divisions d'enquêtes estiment ne pas avoir la considération qu'elles devraient avoir. Vendredi, les enquêteurs de plusieurs sections ont accueilli ces mutations avec satisfaction.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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ARIEL JEFFREY KOUAKOU, 10 ANS

• TAILLE : 140 cm 

• POIDS : 40 kg 

• Lors de sa disparition, il portait un pantalon gris, un manteau noir et des souliers jaunes.

• Endroits fréquentés : Maison des jeunes au parc De Mésy, parc Marcelin-Wilson, les Galeries Normandie.

• Aurait quitté son domicile vers midi pour aller chez un ami.

• Toute personne ayant de l'information concernant cette disparition peut la communiquer au 9-1-1 ou à son poste de quartier.

• Pour transmettre de l'information de manière confidentielle et rester anonyme : 514 393-1133

Photo fournie par la famille

Ariel Jeffrey Kouakou