Tout en reconnaissant d'importants progrès depuis l'arrivée du gouvernement Trudeau, la Coalition des Sans-Chemise, un regroupement syndical, lance une campagne pour l'amélioration des conditions de l'assurance-emploi.

Publié le 17 avr. 2016
Jean-François Codère LA PRESSE

Malgré les bonifications contenues dans le budget déposé récemment par le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, à peine 40 % des demandes d'assurance-emploi sont acceptées, a rappelé François Vaudreuil, président de la CSD, dans une conférence de presse tenue dimanche matin.

« On a fait des pas, il y a eu des améliorations après le saccage du gouvernement Harper, mais il reste du chemin à faire », a pour sa part résumé Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Les membres de la Coalition veulent notamment le rétablissement d'un double critère d'admissibilité fixé à 360 heures ou 13 semaines de travail, indépendamment du nombre d'heures.

« Présentement, les gens qui travaillent à temps partiel sont pénalisés », estime M. Lacharité.

Le retour à une caisse d'assurance-emploi autonome, qui ne servirait qu'à l'assurance-emploi, est aussi défini comme une priorité.

« Nous nous sommes fait voler 58 milliards de dollars au cours des années, c'est totalement inadmissible », critique M. Lacharité.

« Il faut prendre des mesures législatives pour s'assurer qu'il n'y ait pas un gouvernement qui puisse équilibrer son budget avec ça », a ajouté Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ.

Le « trou noir » qui frappe de nombreux travailleurs saisonniers, entre la fin de leurs prestations et le retour au travail, est aussi établi comme une priorité.

« Ça crée des situations où les gens vivent sur la carte de crédit, ce n'est pas drôle », a précisé Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses. « Au retour au travail, ils travaillent d'abord pour rembourser ces dettes. »

La Coalition a fait imprimer 50 000 cartes postales qu'elle distribuera partout au Québec par le biais de ses antennes syndicales. Elle espère les faire signer et les remettre en personne à la ministre de l'Emploi, du Développement et de la main-d'oeuvre et du Travail, MaryAnn Mihychuk, à l'automne.

Fait rare, la carte rappelle les demandes de la coalition, mais salue aussi les progrès récents.

« En 25 ans, je n'ai jamais eu l'occasion de saluer les progrès d'un gouvernement dans le domaine de l'assurance-emploi, a expliqué M. Céré. Ça a toujours été des reculs. Cette fois c'est possible et nous le saluons. Mais est-ce que tout est réglé? Non, loin s'en faut. »