L'ancien ministre péquiste des Transports Guy Chevrette, chargé par l'industrie du taxi de trouver des solutions à la crise, préconise la ligne dure pour faire face à la concurrence d'Uber, avec des contraventions plus salées et des suspensions de permis de conduire de six mois à deux ans pour les chauffeurs contrevenants.

Mis à jour le 20 août 2015
TRISTAN PÉLOQUIN LA PRESSE

Le mémoire déposé par M. Chevrette au ministre des Transports envisage également la création d'un tarif modulable pour le taxi. «Certains de nos membres ont parlé d'avoir un tarif différent la nuit et le jour, en période de pointe et hors période de pointe. Mais comme il n'y a pas de consensus, nous demandons au ministre d'organiser une consultation à ce sujet», explique M. Chevrette.

L'ancien ministre a été nommé en mai dernier négociateur et porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi. Son mandat est de lutter contre les entreprises qui «offrent illégalement du transport par taxi sur le territoire du Québec».

Aucune des propositions du mémoire n'évoque de solution pour diminuer le coût du transport par taxi, supérieur d'environ 30% à celui des déplacements avec le service UberX, dont les chauffeurs n'ont pas de permis de taxi. «Uber dit être une entreprise de l'"économie de partage". Eh bien, le partage, ce n'est pas déshabiller Ti-Pierre pour habiller Ti-Jean, lance l'ex-ministre.

Si le gouvernement veut de l'équité, soit il autorise Uber en le réglementant, soit il déréglemente l'industrie du taxi. Là, on pourra parler d'économie du partage», dit M. Chevrette.

Taxe spéciale: réaction de Poëti

Dimanche, en réaction à une résolution de l'aile jeunesse du Parti libéral, le premier ministre Philippe Couillard s'est pour la première fois dit disposé à réglementer le service UberX. Son ministre des Transports, Robert Poëti, avait jusque-là martelé que le service est illégal et s'était montré peu enclin à le réglementer. Uber a depuis proposé de verser à Québec une taxe spéciale de 10 cents par déplacement, en contrepartie de quoi elle serait autorisée à fonctionner en toute légalité.

«M. Couillard et moi disons exactement la même chose: on n'est pas contre la nouvelle technologie. Ce qu'on dit, c'est que toute compétition doit être loyale et juste. Est-ce qu'il pourra y avoir des changements dans la loi? La réponse, c'est oui. Parce qu'il faut évoluer avec la société, mais il faut le faire de façon équitable», a précisé M. Poëti.

- Avec la collaboration de Tommy Chouinard