Stephen Harper a réitéré son engagement de sortir les troupes canadiennes d'Afghanistan comme prévu, en 2011, affirmant que si le Canada ne parvenait pas à le faire, cela constituerait un échec pour le pays.

Fannie Olivier LA PRESSE CANADIENNE

Au cours d'un petit-déjeuner avec la presse, mercredi matin, le chef conservateur a affirmé juger que les Canadiens, et même les Forces canadiennes, n'auraient pas envie de continuer la guerre après cette date.«Je pense qu'il faut mettre une date butoir sur ce genre de chose», a indiqué M. Harper.

C'était la toute première fois que M. Harper s'exprimait aussi catégoriquement sur cette question, même si en mars dernier, les Communes avaient approuvé une prolongation de la mission militaire jusqu'en 2011.

La motion adoptée laissait cependant la porte ouverte à ce que les soldats canadiens puissent être redéployés dans une autre région de l'Afghanistan. M. Harper semble maintenant fermer cette porte.

«Je ne pense pas vraiment que le public canadien aurait beaucoup envie continuer après ça. Je pense que même à l'intérieur des Forces canadiennes, les militaires n'auraient pas envie de voir continuer les rotations, bien qu'ils ne l'admettraient probablement pas», a admis le chef conservateur.

M. Harper prévient cependant que le Canada aura un rôle en Afghanistan après 2011, mais un rôle humanitaire plutôt que militaire.

Selon lui, 10 ans de guerre dans ce pays, et plus particulièrement six ans dans la dangereuse province de Kandahar, c'est suffisant.

Il a convenu qu'il fallait être réaliste et que le but du Canada en Afghanistan n'est pas qu'il n'y ait plus du tout d'insurrection, mais bien que les Afghans soient en mesure de contrôler eux-mêmes ces violences au quotidien.

Ces propos surviennent alors que les talibans ont menacé de multiplier les attaques durant la période de la campagne électorale et que la barre symbolique des 100 militaires canadiens décédés au combat est sur le point d'être franchie.

Pas moins de 97 soldats sont morts depuis le début de la mission, un nombre que le chef conservateur ne chasse pas aisément de son esprit.

«Je peux dire sans hésitation que, pour moi, la gestion de la mission militaire en Afghanistan est la chose la plus difficile pendant (mon) terme comme premier ministre», a-t-il confié.

Il a admis trouver profondément difficile d'exprimer ses condoléances aux familles des victimes qui périssent en Afghanistan.