Les relations entre syndiqués et hôteliers aux prises avec un conflit de travail s'enveniment à Montréal, alors que les employés des grands hôtels de Québec pourraient se retrouver, dès minuit ce soir, en grève intermittente.

Mis à jour le 31 juill. 2008
Malorie Beauchemin

Depuis mardi, l'Association des hôtels du Grand Montréal distribue à ses employés en moyens de pression une lettre accusant notamment les syndiqués CSN de vandalisme dans certains établissements.

Les hôteliers s'impatientent de voir que leurs employés ne répondent pas à leurs offres. Au coeur d'une ronde de négociations entre syndiqués et directions d'hôtels à Québec, le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie, a dénoncé ces «propos mensongers» et «déclarations incendiaires» des hôteliers de la métropole.

«On ne peut pas dire n'importe quoi sur la place publique. Si les hôteliers sont en mode panique à Montréal, qu'ils reprennent leur sang froid, nous on est en mode négociation», a affirmé M. Lortie, soulignant que la CSN avait saisi son contentieux pour répondre aux accusations de vandalisme. «Ça frise le libelle diffamatoire», a-t-il estimé.

«Les propositions ont toutes été rejetés d'un revers de main. À Montréal, les directions hôtelières doivent retourner aux tables de négociation et répondre à nos propositions, qu'on a soumises à compter du 20 juillet dernier», a estimé M. Lortie.

À Québec, les employés de six hôtels, représentant plus de 20% des chambres disponibles dans la ville, ont obtenu des mandats de grève «perlée, sporadique et spontanée», qui pourraient être déclenchées dès minuit. À cinq minutes d'avis, les employés insatisfaits du déroulement des négociations pourront donc sortir débrayer pour une période de temps indéterminée.

En soirée, hier, les négociations achoppaient toujours. En plein été du 400e anniversaire de la ville de Québec, les hôtels de la capitale nationale sont bondés, ce qui donne le gros bout du bâton aux syndiqués en moyens de pression.