Les Québécois éliront un nouveau gouvernement le 1er octobre prochain. D'ici là, La Presse a voulu sonder l'état d'esprit des électeurs. Nos journalistes et nos photographes ont été à leur rencontre dans 100 villes différentes dans toutes les régions du Québec. Découvrez ce que les électeurs ont à dire.

Mis à jour le 18 juin 2018
Jean-Sébastien Gagnon LA PRESSE

François Hénault, Gatineau, 52 ans, Gestionnaire à Immigration Canada

QU'EST-CE QUI VOUS PRÉOCCUPE EN CE MOMENT ?

C'est peut-être parce que je suis vieux, mais ce serait l'information. La façon dont l'information est véhiculée. Tout le monde devient un spécialiste de n'importe quoi via les plateformes des médias sociaux, tout le monde a une opinion sur tout, on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui est faux...

QUELLE EST LA DERNIÈRE CHOSE QUI VOUS A MIS DE BONNE HUMEUR ?

Les petits succès de mes enfants. J'ai deux adolescents de 15 et 17 ans : ils ont gagné les championnats provinciaux de volleyball, par exemple. Ils sont une source de satisfaction. Ce sont des petits bonheurs.

QUELLE EST LA DERNIÈRE CHOSE QUI VOUS A MIS EN COLÈRE ?

J'ai eu des problèmes de dos. Je fais beaucoup de sport, du vélo et du ski de fond, entre autres. J'étais censé courir le demi-marathon dimanche dernier et je n'ai pas pu le faire. C'est de la colère parce que je me suis rendu compte que j'étais vulnérable. Nous sommes tous susceptibles d'avoir des problèmes de santé, mais nous pensons toujours que ça ne va arriver qu'aux autres.

QUELLE EST LA DERNIÈRE PERSONNALITÉ PUBLIQUE DONT LA MORT VOUS A ÉMU ?

Nelson Mandela. C'est un monstre du XXe siècle.

SI VOUS POUVIEZ ET VOULIEZ VIVRE DANS UNE AUTRE VILLE DU QUÉBEC, LAQUELLE SERAIT-CE, ET POURQUOI ?

Quelque part en Estrie. Je trouve que c'est une belle région. C'est beau, il y a un souci de l'aménagement paysager et urbain. On voit l'influence anglo-saxonne. Ce serait peut-être Sherbrooke. La nature est proche, il y a des centres de ski, c'est proche des États-Unis... Ce ne serait pas Gatineau. Gatineau, c'est pour le travail. Nous sommes des mercenaires du travail.

SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE DANS VOTRE CIRCONSCRIPTION, QU'EST-CE QUE CE SERAIT ?

Le fait que ce soit systématiquement libéral, et ce, de génération en génération. L'Outaouais, autant au fédéral qu'au provincial, est une région oubliée politiquement. Si on parle du provincial, le Parti québécois n'a aucun intérêt ici, parce que c'est perdu d'avance. Le Parti libéral n'a aucun intérêt parce que c'est gagné d'avance. C'est la même chose au fédéral. Il y a quelques petites vagues orange parfois, mais le reste, c'est rouge.

SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE AU QUÉBEC, QU'EST-CE QUE CE SERAIT ?

Je changerais le système électoral. Ça fait en sorte qu'un parti est là et qu'il est difficile à décoller. Le Parti libéral part gagnant dans une dizaine de circonscriptions, ne serait-ce que par le vote anglophone. Ça fait un système électoral sclérosé. Pas mal de monde s'en rend compte, mais personne n'ose prendre de décision par rapport à ça.

QUEL EST LE DERNIER CONTENU QUE VOUS AVEZ PARTAGÉ SUR FACEBOOK ?

Je suis sur Facebook, mais je suis plus comme un voyeur qu'un utilisateur. C'est plus pour prendre des nouvelles de ce qui se passe parmi mes amis. Je ne l'utilise pratiquement pas.

OÙ VOUS VOYEZ-VOUS DANS CINQ ANS ?

Je me vois à la retraite et je me vois à l'extérieur de l'Outaouais. Probablement en France. Ma femme est française et nous nous sommes toujours dit que nous irions vivre notre retraite en France. Nous aimons la France, mais pas le marché du travail de la France. Nous aurions donc seulement les beaux côtés de la France.

QU'EST-CE QUE C'EST, POUR VOUS, ÊTRE QUÉBÉCOIS ?

C'est une question à la Elvis Gratton ! Nous sommes certainement des Nord-Américains qui parlent français. Nous avons l'esprit pragmatique des Anglo-Saxons. Nous avons une certaine ouverture d'esprit, contrairement aux Français. Nous sommes des gens plutôt progressistes, égalitaires, par exemple sur le plan hommes-femmes. Je suis un nationaliste de territoire. Peu importe qui vient ici, peu importe d'où il vient, s'il veut contribuer à la société dans laquelle il vit, en parlant français et selon nos valeurs, c'est un Québécois.

FAITES UN VOEU...

J'aimerais que mes enfants vivent dans une société ouverte, progressiste, égalitaire. J'ai l'impression qu'on se radicalise vers la droite. Nous sommes très individualistes. Il y a la manipulation de l'information. J'ai peur pour le monde dans lequel mes enfants vont vivre. Je lis peut-être trop sur une certaine époque du XXe siècle où il y a eu une montée de l'extrême droite, mais j'ai l'impression que nous sommes en train de le vivre tranquillement. J'ai un peu peur.

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Je prendrais probablement ma retraite un peu plus rapidement. J'en donnerais à mes enfants et à mon entourage. Je ne veux pas trop gagner. Je voudrais en gagner juste assez pour être à l'aise, mais je ne voudrais pas que ma vie change complètement.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Positif

Ordinateur

Positif

Carte de crédit

Positif

Télévision

Positif

Bouteille de bière ou de vin

Positif

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

Nous sommes en train de nous autodétruire comme société et comme humanité. Que ce soit par les autoroutes, les développements pétroliers... Le pétrole nous tue. Nous sommes capables d'avoir une nouvelle économie qui ne serait plus dépendante du pétrole et des choses néfastes.

Si un chef de parti croisait votre chemin pendant la campagne électorale, de quelle préoccupation aimeriez-vous lui parler ? Préserver votre emploi, acquérir une propriété, refaire une route dangereuse ? Dites-nous ce qui vous préoccupe, et pourquoi, en 250 mots, en écrivant à centvilles@lapresse.ca en prenant soin de préciser votre nom, votre âge, ce que vous faites et la municipalité dans laquelle vous vivez. Nous publierons un certain nombre de messages pendant la campagne électorale, en septembre.