Des parcs acrobatiques pour tous

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Si ça fait un moment que vous n'avez pas glissé dans un parc acrobatique, il serait peut-être temps d'y retourner. De plus en plus, les stations laissent tomber les gros modules pour faire place à de plus petites installations qui plaisent aux débutants comme à ceux qui maîtrisent le double flip désaxé.

« Dans les Laurentides, c'est Avila qui a le... (Photo fournie par Sommet Saint-Sauveur) - image 1.0

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« Dans les Laurentides, c'est Avila qui a le parc le plus varié », affirme Sébastien Desmarais.

Photo fournie par Sommet Saint-Sauveur

Oser se lancer!

Intimidants, les parcs acrobatiques (communément appelés parcs à neige) ? Pas évident de se lancer sur un saut haut comme un bus ou sur un rail qui vous arrive aux hanches. Certaines stations semblent l'avoir compris. Et proposent davantage de modules à hauteur... de débutants.

Geneviève Pilotto est la cinquième femme à avoir obtenu son niveau 4 d'enseignement en planche à neige, en mars dernier. Pour obtenir une place dans l'Histoire, l'athlétique brunette a fréquenté des parcs acrobatiques à la tonne.

Geneviève remarque, depuis quelques années, que les stations continuent à investir dans leurs parcs acrobatiques, mais en s'adaptant mieux à leur clientèle. Les gros rails et les gros sauts font maintenant place à des installations plus modestes, ce qui réjouit la planchiste.

« Ça ne sert à rien de construire de gros trucs à moins d'avoir un bassin de population comme celui du mont Avila [aujourd'hui appelé Sommet Saint-Sauveur - Versant Avila] ».

- Geneviève Pilotto

« Pour les autres centres, au lieu d'arrêter de construire des parcs, ils doivent vraiment s'adapter à leur clientèle et miser sur des modules plus accessibles. C'est vers ça que les stations doivent aller », affirme la coordonnatrice pour la formation des moniteurs de l'Association canadienne des moniteurs de snowboard.

Le plus beau parc acrobatique que Geneviève a visité se trouve à Sun Peaks, en Colombie-Britannique. Ce qu'elle a le plus aimé de cet endroit, ce sont les « lignes progressives », c'est-à-dire les lignes de modules allant du niveau débutant à celui d'expert.

En fait, les modules de petite taille sont aussi importants, sinon plus, que les gros, déclare Geneviève. « Pendant la saison, je n'ai pas envie de me blesser. Quand l'hiver commence, je ne fais pas les mêmes sauts qu'à la fin de la saison. Je vais me réchauffer sur des petits appareils, je vais progresser vers des moyens et mon plus gros saut, je vais le faire quand je vais être au plus fort de ma saison. »

Félix Dallaire, lui, participe à (et remporte !) des Banked Slalom depuis trois ans. Ces courses, qui comportent de larges virages et de nombreux obstacles comme des sauts et des rails, sont de plus en plus populaires, ici comme ailleurs.

Le surfeur des neiges constate lui aussi que les jeunes planchistes ont apporté un vent de renouveau dans les parcs acrobatiques. « Je vois vraiment le clash entre la nouvelle école et les plus vieux. Les jeunes, ils apprécient plus les rails et les box. Ils ne vont pas nécessairement faire les gros sauts. En fait, les petits sauts sur les bords de piste vont les satisfaire amplement », raconte-t-il.

Lui qui se tient dans les secteurs hors-piste et dans les parcs acrobatiques ne voit pas du tout ces changements d'un mauvais oeil. Au contraire ! Il croit que les parcs acrobatiques devraient avoir des modules de toutes les grosseurs, du tout petit au plus grand.

« On aime ça, les gros modules, mais il faut commencer quelque part. Quand ta journée débute et que tu vises le gros saut, tu vas quand même commencer par celui qui est petit. »

- Félix Dallaire

« Une fois que tu as atteint ta zone de confort, tu vas t'enligner vers le gros saut, celui qui va te donner la sensation ultime. Mais avant ça, je pense que tout le monde va avoir du fun avec le petit saut », ajoute le planchiste.

Comme quoi les parcs acrobatiques de la nouvelle ère ne sont plus réservés aux pires des casse-cous.

Ouverts ou fermés?

La saison de ski a commencé en grand avec des précipitations de neige et du temps froid. Les skieurs sont ravis, mais les planchistes qui fréquentent les parcs de descente acrobatique doivent patienter encore un peu. En effet, si certaines stations ont pu ouvrir un ou deux parcs à descente acrobatique - c'est le cas notamment à Bromont, Stoneham ou au Massif de Charlevoix -, ce n'est pas le cas partout. Sophie Leblanc-Leroux, coordonnatrice aux communications de l'ASSQ (Association des stations de ski du Québec), explique : « Le principal facteur qui détermine l'ouverture d'un parc à neige est... la neige ! Tout dépend de la quantité de neige disponible pour construire les modules, selon leur volume. Si le système d'enneigement n'est pas disponible simultanément pour les pistes principales et le parc à neige, il est probable que le parc ouvre bien après les pistes principales, qui sont en général la priorité des stations. » Sur le site de l'ASSQ, les conditions dans chacune des stations sont mises à jour quotidiennement, incluant l'ouverture des parcs de descente acrobatique.

- Stéphanie Morin, La Presse

Le parc à neige du versant Avila au Sommet... (Photo fournie par Sommet Saint-Sauveur) - image 3.0

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Le parc à neige du versant Avila au Sommet Saint-Sauveur.

Photo fournie par Sommet Saint-Sauveur

Le parc acrobatique rêvé

Voici trois tendances que des experts consultés aimeraient voir émerger

Des modules naturels

La tendance du moment, c'est le hors-piste. Autant les skieurs que les planchistes recherchent de la poudreuse. Ce n'est pas pour rien que l'auberge Chic-Chac est si populaire, affirme Geneviève Pilotto. Ce gîte de Murdochville a aménagé des modules avec des troncs d'arbre en plein mont York. « Ils ont construit des rails sur des billots de bois et des plates-formes avec des troncs. Ces modules naturels, ça manque dans les parcs à neige. Les stations auraient pourtant avantage à construire des pistes avec des modules un peu plus inspirés de la nature puisque ça ne coûte pas si cher. Mais peut-être qu'elles ne peuvent pas se le permettre à cause des assurances », suppose-t-elle.

Un retour de la demi-lune

Depuis quelques hivers, seule la station Stoneham investit dans une demi-lune. « Celle à Stoneham fait 22 pieds de haut, dit Sébastien Desmarais, et il n'y a pas grand monde qui aime ça. C'est beaucoup trop gros. En fait, ça serait le fun si les stations pouvaient recommencer à faire des demi-lunes, mais de 14 pieds de hauteur. Ça serait plus accessible, et il y aurait moins de risque de blessures. Une demi-lune, c'est très rassembleur, c'est familial parce que tout le monde remonte à pied. Quelqu'un de moins habile peut monter trois ou quatre pieds tandis que quelqu'un de très habile pourrait s'en sortir à 10 pieds de hauteur. »

Des zones d'apprentissage modulées

Geneviève Pilotto affirme que toute station intelligente devrait avoir une zone d'apprentissage modulée. Ces espaces, parfois appelés Riglet Park, sont aménagés sur un terrain plat et ils sont clôturés. Dès l'âge de 2 ans, les enfants peuvent expérimenter des petites boîtes (box), des petits rainbows, des petits rouleaux et des petites lunes. En fait, c'est un parc à neige en format miniature. « À mon avis, il manque de ce type d'espace pour les enfants et même pour les adultes. Il n'y a pas assez de terrains progressifs et pourtant, les stations devraient miser sur les débutants. Ça aiderait à développer plus de riders. »

Le parc acrobatique du versant Avila au Sommet... (Photo fournie par Sommet Saint-Sauveur) - image 4.0

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Le parc acrobatique du versant Avila au Sommet Saint-Sauveur est particulièrement populaire. Par contre, une passe au coût de 20 $ est nécessaire pour y avoir accès.

Photo fournie par Sommet Saint-Sauveur

Les endroits de prédilection...

Geneviève Pilotto

Le parc à neige qu'elle préfère : « Ce que je préfère dans un parc à neige, c'est une demi-lune, et Stoneham est la seule station qui en a une. Le parc du Relais est aussi amusant parce qu'il offre plusieurs possibilités et qu'il est quand même assez progressif. Il y a beaucoup de modules, et il est bien entretenu. J'aime aussi Tremblant parce qu'il y a trois possibilités de parc. Donc, que je sois dans la peau de l'enseignante ou dans celle de la fille qui a le goût de rider, j'ai plusieurs choix. »

Le parc à neige qu'elle aime moins : « Je ne connais pas toutes les stations, donc c'est difficile de nommer la meilleure et la pire. Par contre, le mont Sainte-Anne mise un peu trop sur les rails et il devrait avoir un peu plus de sauts, à mon avis. Mais ça reste une superbe station pour le hors-piste. »

Sébastien Desmarais

Le parc à neige qu'il préfère : « De tous les parcs à neige, mon préféré est celui de la Vallée du Parc parce qu'il est vraiment bien conçu. Dans les Laurentides, c'est Avila qui est le plus varié. Cependant, c'est un parc à accès restreint qui nécessite une passe spéciale qui coûte 20 $. Dans les Laurentides, le meilleur parc qui n'est pas à accès restreint, c'est à Belle-Neige. La station se démarque surtout grâce à l'entretien. »

Le parc à neige qu'il aime moins : « Tremblant. Ce sont les mêmes rails qu'il y a 10 ans, elles sont toutes à 4 pi de hauteur et c'est tout le temps glacé. »

Félix Dallaire

Le parc à neige qu'il préfère : « J'aime bien Vallée du Parc, mais comme Sébastien l'a déjà nommé, je vais répondre le mont Saint-Bruno. Comme la montagne est petite, tu ne vas pas là pour les sous-bois, mais pour le parc à neige. Je trouve que les tuyaux sont de la bonne grosseur. Ils ne sont pas trop gros. Et depuis récemment, il y a deux sauts à la fin du parc. Quand tu prends le premier, tu sais que tu vas arriver au deuxième à la bonne vitesse et dans la bonne ligne. Ça, c'est vraiment cool parce que ça minimise les risques de blessure. »

Le parc à neige qu'il aime moins : « Je ne veux pas paraître trop critique, mais le Massif de Charlevoix est, selon moi, l'une des plus belles stations du Québec. Par contre, tout ce qui leur manque, c'est un beau parc à neige. Ce n'est pourtant pas le terrain qui manque. »




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