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Visites guidées: Montréal autrement

La visite tente d'expliquer comment le Mile End...

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La visite tente d'expliquer comment le Mile End a acquis sa réputation d'un des quartiers les plus hip de la métropole, sinon du pays.

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La Presse

Une visite guidée de sa propre ville? Pourquoi pas! La Presse a testé quatre formules originales qui permettent de voir Montréal autrement et d'aller hors des sentiers battus. Voici les deux premières visites: le Mile End Gourmand et Montréal en scooter. La suite, demain.

Une visite guidée de sa propre ville?... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE) - image 2.0

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Le Mile End gourmand

C'est quoi?

Une visite qui tente d'expliquer comment le Mile End a acquis sa réputation d'un des quartiers les plus hip de la métropole, sinon du pays, attirant une faune anormalement élevée de jeunes professionnels, barbe au menton et chemise à carreaux sur le dos, trimballant sous le bras leur dernière production de légumes en conserve maison.

Or, l'une des raisons de cet engouement tient peut-être au fait qu'on y mange bien. Et même très bien, croit l'agence Local Montréal Tours qui, de tous les quartiers de Montréal, a jeté son dévolu sur celui-ci pour faire découvrir aux touristes la métropole, y proposant, depuis deux ans, une visite gourmande (surtout) et culturelle (un peu). «Le Mile End dégage une énergie très particulière: c'est un village au coeur de Montréal qui a sa propre personnalité, sur le plan culturel, gastronomique, social», remarque ainsi le guide Marc-André Lapointe en accueillant la dizaine de visiteurs rassemblés, un vendredi après-midi de juin, au restaurant La Panthère Verte de la rue Saint-Viateur. «Avant, on commençait par une poutine, mais en fait, ce n'est pas si caractéristique du Mile End, alors que la nourriture végétalienne, comme celle servie ici, s'est beaucoup développée dans ce secteur avant de s'étendre dans le reste de la ville.»

On y avale donc des falafels sans viande ni produits laitiers, première dégustation d'une longue série, avant de s'élancer à pied pour les trois prochaines heures dans les rues et ruelles du quartier. Un (premier) dessert est servi quelques minutes plus tard: des chocolats de chez Geneviève Grandbois, à la fleur de sel parce que ce sont les plus populaires de la boutique. On sent que les invités en auraient goûté bien d'autres, mais il faut déjà repartir, puisque la fabrique de bagels nous attend.

La troupe s'arrête devant l'enseigne de la rue Saint-Viateur. Aurait-on déterminé qu'ils sont meilleurs que ceux de l'avenue Fairmount, clôturant un débat presque aussi vieux que leur apparition à Montréal? «Il y a plus d'espace, et on peut prendre plus facilement des photos», réplique plutôt, diplomate, le guide.

Entre deux bouchées, on emprunte de jolies ruelles ombragées, l'occasion d'en apprendre davantage sur les ruelles vertes de Montréal, puis sur la vogue des murales et le programme mené par la Ville pour lutter contre les graffitis en permettant la réalisation de ces oeuvres géantes. Le guide se permet ici de saluer les efforts du maire Luc Ferrandez pour améliorer la vie de quartier, seul commentaire à saveur politique du tracé.

Le prochain arrêt est un secret bien gardé, même des Montréalais: le théâtre Rialto, où - peu de gens le savent - les passants sont bienvenus gratuitement, le jour, pour admirer ce joyau d'architecture, construit en 1924. On y trouve l'un des beaux ouvrages signés du célèbre verrier Tiffany.

Suit un arrêt à la Drogheria Fine, l'avenue Fairmount, pour y goûter des gnocchis nappés de sauce tomate (très bons, mais qui auraient peut-être mieux trouvé leur place dans une visite de la Petite Italie?), puis à la boucherie Lawrence, qui illustre si bien le renouveau du secteur. On a droit à de généreuses portions de fromages artisanaux (et même à du Louis d'Or, pourtant pas si facile à dénicher depuis qu'il a été sacré meilleur fromage au Canada) et à des charcuteries maison. On a oublié de garder de la place pour le dernier arrêt, mais tant pis, on ne saura dire non au glacier Kem Coba, certainement l'un des meilleurs de Montréal.

On a appris

Qu'il y a des traces de pattes de chat sur les briques de plusieurs maisons construites dans la première moitié du XXe siècle à Montréal, vestige de l'époque où l'on faisait sécher les briques fraîches en plein air. Les félins passant par là auront immortalisé leurs empreintes à leur insu.

On a aimé

Explorer les ruelles et en apprendre davantage sur les communautés culturelles qui habitent le quartier.

On a moins aimé

On aurait souhaité sortir des sentiers battus pour découvrir des adresses moins connues: les touristes étrangers n'y verront toutefois pas de problème.

On conseillera la visite à...

Ceux qui aiment manger, car on en ressort l'estomac plus que plein, ou encore à ceux qui, comme Jaza High, de Glouster, au Massachusetts, n'ont que très peu de temps pour visiter la ville: «On ne reste que 24 heures; on ne voulait pas courir partout pour essayer de tout voir, on a préféré se concentrer sur un quartier qui avait l'air cool.» Mais les Montréalais pourront aussi y prendre goût. Il y en avait d'ailleurs dans notre groupe: «J'habite à Greenfield Park, je travaille dans Griffintown: je n'ai jamais l'occasion de venir découvrir ce quartier dont on parle tant», a expliqué Sébastien Leduc.

Info

52$, plus taxes, par personne. Les visites sont offertes en anglais du mardi au dimanche et en français les dimanches.

http://localmontrealtours.com/

- Violaine Ballivy, La Presse

>>> À lire: L'Amphibus et La balade des fantômes

Une visite guidée de sa propre ville?... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE) - image 3.0

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Montréal en scooter

C'est quoi?

Une virée des grands classiques touristiques de Montréal au volant d'un scooter électrique.

Depuis trois ans, l'entreprise Dyad propose des visites guidées motorisées aux visiteurs - et aux Montréalais - qui souhaitent découvrir la ville autrement.

Or, ces visites peuvent prendre des couleurs fort différentes selon le guide responsable du groupe, explique la copropriétaire de Dyad, Joëlle Eibach. «Dans certains cas, les tours sont offerts par des guides certifiés qui vont donner beaucoup d'informations sur l'architecture ou l'histoire de la ville. D'autres, comme Carrie, qui est aussi blogueuse, offrent des tours sur le lifestyle montréalais. Et nous avons un autre guide, David, dont l'approche est davantage axée sur le plaisir et la détente que sur l'information. Dans son cas, nous préférons parler d'une activité guidée que d'un tour.»

C'est ce dernier qui nous a accompagnés lors de notre visite. D'entrée de jeu, David Stewart a mis cartes sur table: «Je n'offre pas un tour informatif. Si c'est ce que vous voulez, ça me fera plaisir de vous proposer un autre guide. Moi, je veux vous faire ressentir l'ambiance de la ville.»

Dans le groupe, personne ne rechigne. Surtout pas Abby Watkins, 19 ans. Originaire de l'État de New York, elle a fait la veille un tour de bus touristique avec ses parents. «J'ai détesté ça! J'ai horreur de me sentir comme une touriste!»

Aucun risque ici! Même si plusieurs sites touristiques figurent à l'itinéraire, cette virée ne ressemble en rien à la visite lambda.

D'abord parce que chacun doit maîtriser le deux-roues qu'on lui a assigné. Rien de trop sorcier, toutefois. Les plus de 18 ans n'ont d'ailleurs besoin d'aucun permis pour conduire un scooter électrique. Le véhicule ne dépasse jamais les 32 km/h. Seulement, il faut composer avec la circulation parfois chaotique de Montréal, ce qui peut faire grimper le stress.

C'est pourquoi pendant trois heures et des poussières, notre groupe (huit personnes, six scooters) a emprunté les petites rues résidentielles, voire les ruelles. Et parfois, les pistes cyclables, même si les scooters électriques y sont interdits depuis décembre dernier.

«Nous sommes au courant de la nouvelle législation adoptée par la Ville de Montréal et nous sommes en train d'adapter nos activités guidées en conséquence», explique Joëlle Eibach, qui travaille actuellement à une nouvelle mouture du site internet de l'entreprise, où de nouvelles visites guidées seront proposés.

D'ici là, trois visites sont offertes: le matin, l'après-midi et le soir. L'itinéraire de chacun? Il est très approximatif. «Le trajet est adapté selon les aptitudes de conduite des membres du groupe, explique David Stewart. Si les gens ne sont pas très à l'aise, je ne vais pas les mener dans le trafic du centre-ville!»

Ainsi, le jour de notre passage, le guide nous a menés aux deux belvédères du mont Royal, à la fabrique de bagels St-Viateur, au marché Jean-Talon, au Quartier des spectacles ainsi qu'à la place d'Armes, dans le Vieux-Montréal.

Ces arrêts sont autant d'occasions pour David Stewart de multiplier les blagues et les anecdotes personnelles. L'homme est doté d'une énergie contagieuse. Certes, il ne présente pas toujours la ville sous son meilleur jour (les déboires du Stade olympique, les problèmes d'itinérance au centre-ville ou les drogues illicites qui circulent pendant les Tam-tams du mont Royal...), mais son humour, tout sauf politiquement correct, fait mouche.

Le guide se fait d'ailleurs un point d'honneur de s'informer fréquemment du niveau de satisfaction de chacun. «Ce n'est pas les dates que les visiteurs retiennent après un tour, mais le plaisir qu'ils ont eu à le faire», explique David Stewart.

Et d'après les commentaires entendus, le plaisir n'a pas manqué.

On a appris

Rien sur Montréal, mais tout sur le maniement d'un scooter électrique. Notamment qu'il ne faut jamais, JAMAIS retirer sa main de la manette de frein avant d'avoir retiré la clé du contact.

On a aimé

L'esprit de groupe qui se crée rapidement entre les participants. Le plaisir que procure la conduite du scooter. Ce dernier permet de couvrir une grande distance plus rapidement que le vélo et il offre un point de vue sur la ville complètement différent de celui de la voiture (ou de l'autobus touristique!).

On a moins aimé

Le groupe est laissé à lui-même lors de certains arrêts, notamment au marché Jean-Talon. «On se revoit dans 15 minutes», ça ne suffit pas. Pourquoi ne pas suggérer des marchands intéressants pour les touristes, notamment ceux qui offrent des dégustations? Il faut tout de même fournir un minimum d'information aux visiteurs pour qu'ils profitent des lieux.

On conseillera la visite à...

Ceux qui visitent Montréal pour la première fois et qui veulent découvrir ses différents quartiers de façon amusante. Pour ceux qui connaissent déjà la ville (ou qui veulent plus de chair autour de l'os), on suggère fortement de préciser le type de visite qu'on souhaite faire lors de la réservation (mieux vaut appeler, dans ce cas). À savoir: les gens qui ne sont pas à l'aise sur un vélo ne le seront pas davantage sur un scooter électrique.

Info:

89$ par personne

Départ de la boutique Dyad, 80, rue Prince-Arthur Est.

Des visites sont offertes presque tous les jours en anglais. Pour les visites en français, un minimum de 4 personnes est exigé.

http://dyadcycles.com/fr/montreal/tours-guides/

- Stéphanie Morin, La Presse

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