Murdochville: le salut par le ski

Le mont Porphyre, en Gaspésie, accueille les adeptes... (Photo Frédéric Tougas, fournie par L'Évènement White Lips)

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Le mont Porphyre, en Gaspésie, accueille les adeptes du ski, de la raquette et de la motoneige.

Photo Frédéric Tougas, fournie par L'Évènement White Lips

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(Murdochville) La population de Murdochville ne cesse de décroître depuis la fermeture de la mine Noranda, en 1999, et de la fonderie de cuivre, en 2002. Dans cette petite ville qui tente de survivre, l'auberge Chic-Chac et de jeunes familles apportent une énergie nouvelle et inspirante.

Guillaume Molaison et Éloïse Bourdon se sont battus contre vents et marées pour ouvrir une auberge à Murdochville. Peu de gens croyaient qu'ils réussiraient à attirer des skieurs dans un village qui se mourait. Pourtant, leur Chic-Chac est devenu un pôle du ski hors piste en Gaspésie.

En 2006, le couple d'entrepreneurs a acheté un duplex au coût de 6000$. Quatre ans après la fermeture de la mine Noranda et de la fonderie de cuivre, seules 812 personnes habitaient la ville, comparativement à 5000 en 1970, et le prix des maisons avait dramatiquement chuté.

Cette première demeure s'est rapidement révélée trop petite pour ce qu'ils avaient en tête. «On s'est dit que tant qu'à avoir une maison, aussi bien en avoir une grande pour recevoir le monde», relate Éloïse. Ils ont donc vendu le duplex à la mère de Guillaume et fait l'acquisition de l'actuel Chic-Chac, un quadruplex, pour 9000$.

Grâce au bouche à oreille, l'auberge s'est remplie d'amateurs de ski. Guillaume et Éloïse demandaient une contribution volontaire en échange d'une chambre et de trois repas par jour. Puis, ils ont demandé aux visiteurs de payer le prix qu'ils estimaient juste pour les services qu'ils avaient reçus. La réponse a été claire: les clients aiment le Chic-Chac tout autant que le ski dans les environs.

«Aujourd'hui, l'hébergement est humble, mais avant, il était médiocre, raconte Guillaume. C'étaient de vieilles bâtisses et on retapait quand on avait un peu d'argent. Malgré ça, les gens étaient super heureux. Ça nous a confirmé tout le potentiel de notre projet.»

Surmonter les obstacles

Au début de l'aventure, Guillaume était allé rencontrer le propriétaire de l'hôtel Copper, le seul établissement qui accueillait des touristes à l'époque. Le jeune homme, alors âgé de 25 ans, lui a fait une proposition: «Toi, tu accueilles les motoneigistes; moi, je vais me charger des skieurs.»

«Il m'a serré la main en riant. Je sais très bien qu'il pensait qu'on ne serait jamais capables de lui voler une nuitée tellement on partait de rien. On avait l'air de deux flos venus rêver à Murdochville.»

«Après la fermeture de la mine, les gens voulaient partir d'ici et ils ne voulaient pas trop de bonnes raisons pour que ça marche. Mais aujourd'hui, on sent que ça change. Les gens commencent à être fiers. Ils voient des reportages sur Murdochville et, de plus en plus, ils viennent nous voir pour nous dire qu'ils sont contents que ça fonctionne», témoigne Guillaume.

Quelques Murdochvillois ont aussi soutenu Guillaume et Éloïse pendant les périodes difficiles. «L'électricien venait faire des travaux et on lui disait qu'on n'avait pas d'argent. Il nous répondait qu'on paierait quand on aurait des sous. C'est la même chose avec nos fournisseurs de motoneige, avec l'épicerie, avec le garage», affirme Guillaume.

Comme à la maison

Au Chic-Chac, on se sent un peu comme à la maison. Les clients y dégustent leurs repas, discutent de leurs descentes épiques et jouent des matchs de hockey organisés par Imric, le garçon de 6 ans de Guillaume et Éloïse... tout cela en sous-vêtements de ski!

En fait, l'auberge déborde de vie, l'hiver, mais elle est plutôt déserte quand la neige a fondu. Guillaume et Éloïse veulent cependant changer les choses. Dès l'été prochain, le Chic-Chac offrira ses premières descentes en rafting sur la rivière York. Le vélo de montagne et la pêche au saumon pourraient aussi s'ajouter à la liste d'activités proposées dans un avenir rapproché.

Aujourd'hui que le Chic-Chac est bien enraciné dans Murdochville, la petite famille a l'impression d'occuper le plus beau métier du monde. Rien de moins. «Entendre les gens dire qu'ils ont vécu la plus belle journée de leur vie au Chic-Chac, ça n'a pas de prix, dit Guillaume. Ça vaut tous les efforts et les fins de mois difficiles.»

* Au dernier recensement, en 2013, la population avait encore diminué,pour s'établir à 773 habitants.

Skier au Chic-Chac

Le Chic-Chac se différencie du gîte du Mont-Albert et de l'auberge de montagne des Chic-Chocs, deux refuges gérés par la SEPAQ dans la même région, par le fait que l'on peut se rendre à toutes les activités à pied ou en skis. En fait, Murdochville, une petite ville entourée de montagnes, ne fait que 10 rues sur 5. Le Chic-Chac offre donc des journées de hors-piste avec remontée à skis avec peau de phoque, en motoneige, en chenillette et, depuis peu, en hélicoptère. Toutes les sorties se font avec des guides qui travaillent à l'auberge. Pendant leur séjour, plusieurs skieurs et planchistes se réservent d'ailleurs une journée pour expérimenter la station du mont Miller, au dénivelé de plus de 300 m et dont les pentes se terminent en pleine ville.

Pour voir tous les forfaits, consulter le site de Chic-Chac : www.chic-chac.ca

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