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Le géotourisme, pour protéger le patrimoine de la Terre

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Véritable trésor géologique, l'île d'Anticosti serait un endroit potentiel pour la création d'un premier géoparc au Québec.

Photo: Michel Julien

Simon Diotte
La Presse

La faune, la flore, les forêts, le littoral et les plans d'eau. On les protège du développement humain en les englobant dans des parcs nationaux. Mais qu'en est-il du patrimoine géologique ? Qu'est-ce qui protège les sites fossilifères, lithologiques (en rapport avec la nature des roches) et les paysages géologiques ou géomorphologiques?

Le réseau mondial des Géoparcs, mis en place depuis 2004 sous l'égide de l'UNESCO, entend accomplir cette mission tout en mettant en valeur le patrimoine de la Terre.

À ce jour, il existe 77 géoparcs dans le monde, fortement concentrés en Europe, d'où ce nouveau concept émerge, et en Chine. Le continent américain accuse un important retard à cet égard, avec la création d'un seul géoparc dans les trois Amériques, celui de Stonehammer, au Nouveau-Brunswick, accrédité par l'UNESCO en 2010. La raison est que ce type de zone protégée demeure un concept méconnu au Québec et au Canada.

Godfrey Nowlan, président du Comité national canadien pour les géoparcs, mis sur pied pour encadrer la création de parcs géologiques au Canada, explique ce retard par l'importance historique des parcs nationaux dans les Amériques. « Plusieurs croient que les parcs nationaux et les géoparcs, c'est du pareil au même. Or, il existe une différence fondamentale entre les deux concepts. Alors que les parcs nationaux sont créés par les gouvernements pour protéger un territoire exceptionnel, la création de géoparcs provient de la base, à partir d'initiatives locales », explique-t-il.

La mission d'un géoparc s'articule autour de trois volets : conserver d'importantes particularités géologiques, organiser des activités pour instruire les gens sur les sciences de la Terre et stimuler l'économie régionale en mettant en valeur le géotourisme. « Ce dernier aspect est primordial. De nombreux géoparcs voient le jour dans des régions déprimées économiquement. Géré par la communauté locale, un géoparc participe à l'effort de revitalisation d'une région », dit M. Nowlan.

Dans sa mission plus large, le réseau des géoparcs vise à faire comprendre l'importance de la géologie sur nos vies. Comme habitant de la planète bleue, on dépend tous les jours de l'exploitation des ressources de la Terre, ressources précieuses qui ne sont pas illimitées et qui doivent être conservées et recyclées.

En ce sens, les géoparcs peuvent voir le jour en territoire développé, sur un ancien site minier, par exemple, contrairement aux parcs nationaux, dont la vocation est de préserver des territoires vierges et où l'accent est mis sur la nature et la biologie.

Le réseau mondial des Géoparcs rassemble des sites aussi divers que l'île volcanique de Jeju, en République de Corée, la forêt pétrifiée de l'île de Lesvos, en Grèce, et le Parc minier toscan, qui se trouve dans la plus importante région minière du centre de l'Italie. Quant à Stonehammer, au Nouveau-Brunswick, il est le berceau de la recherche géologique au Canada, où les visiteurs sont en contact avec un milliard d'années d'histoire de la Terre.

Vers un premier géoparc au Québec?

Selon André Desrochers, professeur de géologie à l'Université d'Ottawa, beaucoup de sites géologiques au Québec possèdent le potentiel pour obtenir ce titre de l'UNESCO. « L'exemple le plus éloquent, c'est l'île d'Anticosti, qui contient un patrimoine géologique de classe mondiale. Malheureusement, des secteurs exceptionnels de cette île demeurent actuellement sans protection. Leur intégration dans un projet de géoparc permettrait de les mettre en valeur », affirme ce géologue.

Selon le président du Comité national canadien pour les géoparcs, aucun projet de géoparc n'est en cours au Québec, mais plusieurs sont en route ailleurs au Canada.

Toutefois, au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, on déclare que l'idée de créer un géoparc pour l'astroblème de Charlevoix et Anticosti commence à faire son chemin. « Mais on n'est pas encore au stade de projet. Pour que cette idée se concrétise, il faudrait un engagement de la population locale », affirme Nicolas Bégin, porte-parole au Ministère.




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