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L'ancien siège du KGB à Riga révèle ses sinistres secrets

La pression monte pour que le bâtiment soit... (Photo ILMARS ZNOTINS, AFP)

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La pression monte pour que le bâtiment soit transformé en un musée permanent, bien que la Lettonie ait déjà un grand musée de l'occupation, axé sur les crimes soviétiques.

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Mike COLLIER
Agence France-Presse
RIGA

Un des endroits les plus redoutés en Lettonie à l'époque soviétique, l'ancien siège de la police politique KGB vient d'ouvrir ses portes aux visiteurs avec une exposition qui révèle ses sombres secrets.

Un des endroits les plus redoutés en Lettonie... (Photo ILMARS ZNOTINS, AFP) - image 1.0

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L'inauguration de l'exposition à Riga coïncide avec les craintes exprimées par la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie, toutes trois anciennes républiques soviétiques, face au regain de l'impérialisme d'une Russie dirigée par un ancien officier du KGB, Vladimir Poutine.

«La principale réaction, c'est le choc», confie à l'AFP Aija Abens, guide de l'exposition installée dans cette imposante bâtisse Art nouveau, construite en 1912 et devenue le QG du KGB dès l'invasion des pays baltes par l'URSS dans les années 1940.

>>> Relisez notre reportage, Riga: les quartiers de la belle insoumise

>>> Cinq mots pour comprendre la Lettonie

«Certaines personnes viennent ici, mais décident de ne pas entrer. Il y en a qui tombent en larmes. C'est alors que nous comprenons qu'ils avaient été emprisonnés ici, elles-mêmes ou des membres de leur famille», explique-t-elle devant l'une des cellules installées dans les sous-sols.

Visiblement émue, Mme Abens raconte l'histoire de l'ancienne chambre d'exécution.

«C'est juste à côté de la porte menant vers la cour. Un camion stationnait à l'extérieur, le moteur en marche pour couvrir les bruits. Ensuite, le corps était jeté à l'arrière et évacué», dit-elle.

Plus tard, le KGB a transféré les exécutions ailleurs et transformé la cellule en un kiosque où ses agents pouvaient s'approvisionner en cigarettes.

«Nous recevons des visiteurs russes, persuadés que cela est inventé de toutes pièces. Mais il y en a d'autres, venus de Russie, qui nous disent que l'exposition leur a ouvert les yeux», déclare Mme Abens.

À l'entrée du bâtiment, les visiteurs tombent sur une boite en bois datant de l'époque communiste, où les gens pouvaient déposer leurs demandes de renseignements sur les personnes emprisonnées, mais aussi dénoncer leurs voisins ou collègues de travail.

Déportés en Sibérie

Quelques étages au-dessus, l'atmosphère est très différente. Les couloirs fraîchement repeints sont d'une blancheur éclatante et des installations artistiques invitent à réfléchir sur le totalitarisme et ses crimes.

Elles rappellent le sort des 60 000 Lettons déportés en Sibérie sur l'ordre de Joseph Staline, la plupart entre 1941 et 1947. Beaucoup n'en sont jamais revenus.

Une installation intitulée «valise lettonne» est poignante. Elle pose la question que les condamnés à l'exil étaient contraints à se poser: qu'alliez-vous emporter, si le KGB vous donnait deux minutes pour faire votre valise?

Dans une salle, des valises, des lettres, des porte-bonheur, des ours en peluche et même une pincée de terre provenant de la tombe d'un conjoint sont éparpillés par terre. Tous ces objets sont des originaux, emportés à la hâte par des exilés qui les ont rapportés, une fois autorisés à revenir.

L'avenir du bâtiment du KGB donne cependant du fil à retordre aux autorités municipales. Une fois finie l'exposition, organisée dans le cadre du programme 'Riga, capitale européenne de la Culture' cette année, il devrait reprendre du service comme immeuble de bureaux ou un hôtel.

Mais son histoire sanglante décourage les locataires potentiels, bien qu'il soit situé en plein centre de la capitale.

«Son histoire dramatique le rend peu attrayant», confirme Baiba Strautmane de l'Agence des biens d'État qui gère l'immeuble. «Il y a eu des rumeurs parlant d'un hôtel, mais c'est peu probable.»

La pression monte pour que le bâtiment soit transformé en un musée permanent, bien que la Lettonie ait déjà un grand musée de l'occupation, axé sur les crimes soviétiques.

Knuts Skujenieks, écrivain et ancien prisonnier politique,  soutient cette idée.

«C'est vrai, la réputation de l'immeuble n'est pas bonne, mais je crois que la ville en a besoin», déclare-t-il. «Vous ne pouvez pas échapper à l'histoire. Je ne me souviens pas des détails, mais je veux voir la cellule où j'étais détenu», ajoute-t-il.




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