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Graffiti: les monuments italiens en danger?

La capitale italienne n'est pas la seule ville... (Photo Riccardo De Luca, AP)

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La capitale italienne n'est pas la seule ville d'Italie à devoir faire face à ces actes de vandalisme.

Photo Riccardo De Luca, AP

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Julie CARBALLO
Agence France-Presse
ROME

Deux touristes américaines de 21 et 25 ans ont été arrêtées dimanche pour avoir gravé leurs initiales sur un mur du Colisée, à Rome, une pratique courante, et presque millénaire, qui menace le patrimoine de la ville éternelle.

Ce type d'incivilités, associées au manque de moyens et aux mauvaises gestions administratives et financières, constituent une menace prise au sérieux par les autorités italiennes pour la survie de nombreux sites historiques en Italie, dont 47 sont classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Cet épisode intervient de surcroit quelques semaines après la dégradation d'une fontaine de Rome par une équipe de partisans d'un club de football néerlandais. À cette occasion, de nombreuses associations de défense du patrimoine ont réclamé l'installation de barrières autour des monuments susceptibles d'être la cible de casseurs ou de touristes désireux de laisser une trace de leur passage sur les antiques pierres de la capitale italienne.

«Il est hors de question de construire des barrières autour de monuments qui font partie du patrimoine universel et appartiennent donc à tout le monde», rétorque Claudio Parisi, responsable des biens culturels de la ville, interrogé par l'AFP. La mairie a réagi en lançant un programme de sensibilisation au respect du patrimoine. Des interventions seront menées dans les écoles et une campagne de communication internationale est à l'étude. «Il faut éduquer les gens en faisant appel à leur sensibilité et à leur intelligence, pas en érigeant des murs entre eux et la culture. Rome doit rester un musée à ciel ouvert», estime-t-il.

La capitale italienne n'est pas la seule ville d'Italie à devoir faire face à ces actes de vandalisme. Dans le centre historique de Naples, classé lui aussi au patrimoine de l'UNESCO, neuf monuments sur dix seraient endommagés par des graffitis, selon une étude de 2013 sur la «pollution graphique», menée par le groupe de défense du patrimoine «Portosalvo».

Un budget qui s'effondre 

Ces dégradations posent donc un problème supplémentaire aux pouvoirs publics italiens qui, depuis plusieurs années, peinent à entretenir l'énorme patrimoine du pays. Le secteur culturel a été l'un des plus touchés par les plans d'austérité mis en place par les gouvernements précédents. Si bien que le budget alloué à la préservation des sites culturels n'a cessé de s'effondrer en 10 ans, passant d'un peu plus de 2 milliards d'euros en 2000 à moins d'un milliard et demi en 2011.

Pris à la gorge, le pays qui détient 60% du patrimoine mondial de l'UNESCO en est réduit à solliciter des aides extérieures : mécénat, subventions de l'Union européenne ou mise en vente de sites.

Face à cette situation, des groupes de citoyens se mobilisent aussi pour sauver leurs monuments. À Milan, l'association «Antigraffiti», un groupe de lutte contre les dégradations urbaines créé en 2006, invite des volontaires à descendre dans les rues, armées d'éponges et de détergent pour remettre les murs en état.

Ce mouvement citoyen s'est étendu à plus de 13 villes d'Italie en instaurant le «Cleaning day» : un jour national de nettoyage des centres historiques. «Notre action vise à sensibiliser les citoyens et à les rendre actifs. C'est la ville de leurs enfants qu'ils préservent et des murs propres éloignent les vandales», explique à l'AFP Fabiola Ninoletti, secrétaire nationale de l'association.

À Vérone, la mairie a trouvé une riposte originale aux dégradations murales. Depuis plusieurs années, la ville de Roméo et Juliette fait la promotion d'une application pour téléphone intelligent baptisée LeaveOn qui permet de laisser des messages localisés à un endroit précis, visibles uniquement sur les téléphones des personnes de passage dans cette zone et disposant de l'application. Une bonne alternative pour permettre aux couples de touristes de «laisser une trace intemporelle de leur amour dans la ville de Roméo et Juliette sans la dégrader», assure le site internet de la mairie.

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