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Islande: des paysages qui frappent l'imaginaire

Sur la route 1 en direction d'Akureyri, un... (PHOTO STÉPHANE MORIN, LA PRESSE)

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Sur la route 1 en direction d'Akureyri, un détour s'impose vers Dettifoss (encore encadrée de neige); c'est elle qui charrie le plus gros débit d'eau de toutes les chutes du pays.

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Ces terres de légende ont inspiré bon nombre de sagas, récits épiques des premiers âges de l'Islande. Les vents violents, les rudes hivers et les volcans imprévisibles n'ont pas seulement forgé le paysage. Ils ont aussi frappé l'imaginaire.

JOUR 6

Seyðisfjörður-Reykjahlíð

Distance: 193 km

L'enfer sent le soufre, c'est connu. Et de toute évidence, l'enfer a une porte d'entrée à Hverir, le point marquant de la journée, pourtant riche en anomalies géologiques. Fumerolles, marmites de boue, cheminées qui sifflent; un vrai décor de science-fiction. Le hic: il faut avoir le coeur solide pour endurer l'odeur du soufre.

Aux abords du lac Mývatn, l'odeur s'estompe à peine. Ce joyau du nord islandais regorge de faune (pas moins de 115 espèces d'oiseaux y sont répertoriées); des sentiers de randonnée mènent à des cratères ou des caves (dont une qui a servi de décor à Game of Thrones).

Plusieurs restaurants islandais font une place de choix aux produits locaux sur leur menu. Mais rares sont ceux qui poussent le concept «de la terre à la table» aussi loin que Vogafjós.

Ici, clients et vaches laitières partagent le même toit et ne sont séparés que par une simple paroi de verre. On peut donc déguster la mozzarella ou la crème glacée maison en contemplant celles qui ont fourni la matière première!

Goðafoss, la chute des dieux. On raconte qu'en... (PHOTO STÉPHANE MORIN, LA PRESSE) - image 2.0

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Goðafoss, la chute des dieux. On raconte qu'en l'an 1000, le chef du parlement y a jeté ses sculptures païennes après avoir décidé que le pays adopterait la religion chrétienne.

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JOUR 7

Reykjahlíð-Akureyri

Distance: 101 km 

Mauvaise, très mauvaise journée.

Peu après notre départ, le moteur a commencé à montrer des signes inquiétants de surchauffe. On croisera forcément un garage bientôt, qu'on s'est dit...

Eh bien, non.

C'est dimanche aujourd'hui et, de toute façon, on n'a croisé aucun village assez gros pour abriter un mécanicien capable de diagnostiquer notre Renault 2007. Appel catastrophé chez Go Campers. On est à Goðafoss (une chute grandiose, rien à redire!) et c'est un miracle qu'on ait trouvé un café où s'abriter... «Rendez-vous à Akureyri, on va essayer de vous trouver un garage.»

Benedikt et sa bande se sont démenés pour trouver un garagiste qui accepte de se pointer au boulot en ce jour du Seigneur. Verdict: radiateur percé (une pierre? de l'usure? Il ne peut rien jurer). On est à pied.

La pièce est introuvable à Akureyri et doit être expédiée depuis Reykjavík par avion. En attendant, Go Campers se charge de nous louer une voiture et paiera pour notre nuitée bien au chaud, à l'hôtel.

Que faire à Akureyki par un dimanche frisquet? S'installer au Te & Kaffi pour dévorer des magazines et plonger dans l'humour hypertrash du bédéiste Hugleikur Dagsson. Manger du poisson frais dans un poêlon fumant chez Örkin hans Nóa. Traîner au bar Akureyri Backpackers assis sur d'anciennes banquettes automobiles à motif arc-en-ciel...

Bref, renouer avec la ville, après six jours à la montagne.

Les chevaux islandais vivent dehors 365 jours par... (PHOTO STÉPHANE MORIN, LA PRESSE) - image 3.0

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Les chevaux islandais vivent dehors 365 jours par année, d'où leur pelage épais.

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JOUR 8

Akureyri-Varmahlíð

Distance: 163 km

Attendre. Attendre. Attendre.

La journée a passé à espérer le coup de fil du garage qui n'est pas venu avant 17 h... Seuls rayons de soleil de cette journée frustrante : virée jusqu'à Laufás (où des maisons à toit de tourbe dominent le fjord) et excursion à cheval à la ferme de Skjaldarvík.

La volubile guide néerlandaise Becky nous a tout dit sur les chevaux islandais dont la pureté de la race est jalousement préservée - «Un cheval qui sort de l'île ne peut plus y revenir!» - pendant que nos montures aux noms imprononçables se suivaient à la queue leu leu. On était loin de la chevauchée fantastique, mais le décor était magnifique.

L'auberge familiale qui jouxte l'écurie a des allures de paradis, avec ses hamacs et son bassin chaud avec vue sur le fjord. L'adresse est notée pour un prochain séjour...

Le Musée de la colonisation de Borgames, baptisé... (PHOTO STÉPHANE MORIN, LA PRESSE) - image 4.0

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Le Musée de la colonisation de Borgames, baptisé Settlement Centre, propose deux expositions, dont l'une sur la saga d'Egill.

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JOUR 9

Varmahlíð-Kleppjárnsreykir

Distance: 253 km

Les pépins mécaniques avaient déjà plombé notre itinéraire et voilà que le vent a commencé à forcir. Sur le site officiel de la météo islandaise, on annonçait pour la journée des vents violents, en particulier sur la péninsule de Snaefell, qui devait faire office de cerise sur le sundae de ce voyage. Longue d'à peine 100 km, cette péninsule regroupe un échantillon de tout ce que la nature islandaise peut offrir: un glacier, d'anciennes rivières de lave souterraines devenues des cavernes, des villages juchés sur des falaises, des sommets volcaniques...

Que faire, sinon rouler vers le sud dans l'espoir que la météo change d'ici demain matin?

À Borgarnes, le musée de la colonisation constitue un arrêt obligé, dit notre guide Lonely Planet. Deux expositions avec audioguide sont proposées: une (magnifique) sur la saga d'Egill, un Viking du Xe siècle, et une autre, plus interactive, sur la découverte et la colonisation de l'Islande. Le Lonely Planet avait raison...

Le vent, lui, semble ne pas vouloir tomber. Même bien à l'abri dans notre camping loin de la mer, on sent le VR trembler à chaque bourrasque. Effrayant.

Stykkishólmur, le plus grand et le plus beau... (PHOTO STÉPHANE MORIN, LA PRESSE) - image 5.0

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Stykkishólmur, le plus grand et le plus beau des villages de la péninsule de Snaefell.

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JOUR 10

Kleppjárnsreykir-Borgarnes par la péninsule de Snaefell

Distance: 360 km

C'est sous la pluie battante que nous avons (finalement!) mis le cap vers la péninsule de Snaefell. Les météorologues prédisaient une accalmie jusqu'à 18 h, avant que les vents ne reprennent de la vigueur.

C'était notre ultime chance; nous ne l'avons pas regretté. Surtout que, pendant plusieurs heures, le ciel s'est dégagé pour qu'on puisse apprécier à sa pleine valeur le village de Stykkishólmur et ses maisons colorées du XIXe siècle. Le mont Kirkjufell, le site le plus photographié du pays, dit-on, a aussi été à la hauteur de sa réputation. Sa forme étonnante, son manteau vert, les cascades qui lui font face : tout est là pour faire bourdonner les appareils photo!

Même quand le ciel s'est couvert et que la pluie a recommencé à tomber, on pouvait mesurer pourquoi cette péninsule fascine autant les écrivains - Jules Verne l'a immortalisée dans son Voyage au centre de la Terre - que les adeptes du New Age - qui la considèrent comme un des plus grands «centres énergétiques» du globe.

On reviendra. C'est la promesse qu'on s'est faite en roulant vers Borgarnes, le vent dans le dos. La capitale est juste à côté, et il y a amplement de quoi s'amuser sur ce bout d'Islande en concentré.

Mais demain, pas le choix, il faut rentrer, à Reykjavík...

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