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Nîmes mise sur son passé romain

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Le musée de la Romanité est organisé autour d'une rue intérieure suivant le tracé de l'ancien rempart augustéen.

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Isabelle LIGNER
Agence France-Presse
Nîmes

Avec un nouveau musée dont l'architecture contemporaine face aux arènes est vertement critiquée par des experts internationaux du patrimoine et une candidature laborieuse à l'Unesco, Nîmes, au sud de la France, mise tardivement sur son passé romain.

Inauguré samedi par la ministre française de la Culture Françoise Nyssen, le musée de la Romanité est organisé autour d'une rue intérieure suivant le tracé de l'ancien rempart augustéen. Il est doté d'un toit terrasse offrant un panorama exceptionnel et d'un jardin, ouverts à tous.

Mosaïques, fresques, statues, objets de la vie quotidienne...: quelque 5000 oeuvres antiques sont désormais présentées dans un espace ultramoderne de métal et de verre de 9200 m2, selon un parcours chronologique et thématique allant du 7e siècle avant notre ère jusqu'au Moyen-Âge.

Symboliquement, le projet muséographique est «centré autour de l'atrium de 17 mètres dans lequel est exposé un fragment du Sanctuaire de la Fontaine, en allusion à la source originelle et à sa divinité, Némausus, qui ont donné naissance à Nîmes», explique la conservatrice en chef Dominique Darde.

Les riches collections archéologiques nîmoises étaient jusqu'ici à l'étroit dans un musée du 19e siècle alors que la ville d'Arles voisine avait créé dès 1995 son vaste «musée bleu» le long du Rhône.

Pour abriter ces trésors antiques, la municipalité nîmoise a voulu «face aux Arènes, un geste architectural contemporain comparable à celui de Norman Forster et son Carré d'Art» construit en 1993 face à l'un des autres monuments romains phare de la ville, la Maison Carrée, explique Daniel-Jean Valade, adjoint au maire chargé de la culture.

Mais, comme en 1993, ce choix et son coût - près de 60 millions d'euros - sont loin de faire l'unanimité. Certains Nîmois qualifient de «chef d'oeuvre» la façade carrée constituée de milliers de lames de verre sérigraphié rappelant le drapé d'une toge ou une mosaïque. D'autres dénoncent «une pollution visuelle horrible et coûteuse».

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Quelques sculptures que l'on peut admirer au musée de la Romanité.

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«Réticences»

«La construction du musée de la Romanité situé à proximité de l'amphithéâtre» constitue «une menace grave pour l'intégrité» du patrimoine de Nîmes, assènent de leur côté les experts du Conseil International des monuments et des sites (Icomos) dans un rapport d'évaluation en vue de la session du Comité du patrimoine mondial de l'Unesco qui doit décider fin juin/début juillet à Bahreïn du sort du dossier nîmois.

«On observe souvent des réticences concernant la juxtaposition de bâtiments contemporains au patrimoine antique, comme on l'a déjà fait avec la pyramide du Louvre ou encore le Carré d'Art face à la Maison Carrée, et le musée de l'Acropole à Athènes», rétorque Elisabeth de Portzamparc, qui a imaginé le musée de la Romanité. «L'architecture moderne a aussi détruit des villes, mais il serait étrange de se positionner contre l'architecture contemporaine qui produit des chefs d'oeuvre dignes de ceux du passé....», estime l'architecte.

«L'analyse comparative n'a pas démontré» que Nîmes «se distingue suffisamment d'autres villes aux origines romaines similaires», déplorent également les experts de l'Icomos.

Alors que des sites voisins comme Arles, le Pont-du-Gard ou Orange, ont accompli les démarches et obtenu un classement au patrimoine mondial dès le début des années 1980, le processus est aujourd'hui beaucoup plus long et complexe, souligne Mary Bourgade, adjointe au maire de Nîmes en charge du tourisme et du dossier Unesco.

«On a été surpris par cet avis (de l'Icomos) mais on est confiants, on a un bon dossier», assure-t-elle. «Ce qui est important c'est que l'État français nous soutienne».

La ville espère développer le tourisme national et international grâce à son nouveau musée, un possible classement Unesco et un «circuit» qui la relierait à d'autres sites comparables et «complémentaires», souligne Mme Bourgade.

Mais là encore les experts internationaux lancent un avertissement sévère à Nîmes sur «les effets potentiellement néfastes» du tourisme sur son patrimoine alors que la fréquentation de ses monuments romains a bondi de 50% en 10 ans.




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