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Le monde merveilleux des trains a son musée à Bruxelles

Cent quatre-vingt ans après avoir inauguré la première liaison ferroviaire... (PHOTO AFP)

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Philippe Siuberski
Agence France-Presse
Bruxelles

Cent quatre-vingt ans après avoir inauguré la première liaison ferroviaire d'Europe continentale, entre Bruxelles et Malines, la Belgique dispose de son premier «musée du train», qui s'ouvre au public vendredi en gare de Schaerbeek, dans le nord de la capitale belge.

Subtilement mis en scène par l'auteur belge de bandes dessinées François Schuiten (Les citées obscures), le Train World, qui a nécessité un budget de 25 millions d'euros, offre une fascinante plongée dans l'histoire du rail, des pionniers de la vapeur aux trains du futur.

L'accueil des visiteurs se fait dans les anciens bâtiments, datant de 1887 et 1913, de la gare de Schaerbeek, rares exemples conservés en région bruxelloise de l'architecture ferroviaire du tournant du 20e siècle. Entièrement rénové, le double édifice, avec ses guichets à l'ancienne, sa salle des pas-perdus et son carrelage en damier, fleure bon la nostalgie des grands départs en vacances.

Il faut ensuite longer les voies de la gare moderne - Bruxelles-Midi, où arrivent les Thalys et Eurostar en provenance de Londres, Paris et Amsterdam, n'est qu'à un quart d'heure en train de Schaerbeek - pour entrer dans un vaste hangar moderne aux toits en pente, évoquant les usines de la Révolution industrielle.

Le premier grand hall où l'on pénètre est plongé dans l'obscurité. En avançant de quelques pas sur une passerelle surgissent soudain, en contrebas, les mythiques locomotives à vapeur du 19e siècle.

Après s'être empoussiérés pendant des décennies dans les dépôts de la Société nationale des Chemins de fer belges (SNCB), cinq exemplaires qui ont échappé à la démolition resplendissent.

Chaudières de cuivre impeccablement lustrées, mécanismes huilés... «Le Belge», première locomotive à vapeur construite en Belgique en 1835, la «Pays de Waes», qui atteignait la vitesse de 60km/h dès 1844 ou la «Type 18» (120 km/h, 1902) semblent n'attendre que le coup de sifflet du chef de gare pour cracher à nouveau leur vapeur mêlée à la fumée de charbon. Le visiteur peut monter à bord du poste de pilotage, actionner un sifflet à vapeur...

«La fierté des cheminots»

«L'idée est vraiment de créer un spectacle en travaillant sur le son, sur l'image, sur les projections, en mettant parfois le spectateur sur les rails, au-dessus, en dessous», explique à l'AFP François Schuiten. Le dessinateur, grand prix de la ville d'Angoulême 2002, a consacré dix ans de sa vie à la conception du Train World, situé à deux pas de son domicile.

«Ces machines sont des bijoux. On les a sculptées par la lumière mais elles ne demandaient qu'à se réveiller», ajoute le dessinateur, qui a notamment rhabillé la station Arts et Métiers du métro parisien.

Passons un nouveau sas et voici la «Type 12 Atlantic», symbole de l'apogée de la vapeur. Construite près de Liège en 1939, elle a atteint la vitesse record de 165 km/h malgré ses 81 tonnes. Ses angles arrondis, sa couleur verte striée de lignes jaunes lui donne des allures de sous-marin posé sur des roues de plus de deux mètres de diamètre.

Envoyée à la ferraille dans les années 1960, la «12» (rebaptisée «La Douce» par Schuiten dans un album de 2012) a été sauvée in extremis par le patron du dépôt de locomotives de Bruxelles-Midi.

Le rail, à travers le temps, «est le révélateur de l'histoire» des 150 dernières années. «Il y a le rêve du voyage, mais aussi le développement des villes, des loisirs, des techniques», raconte François Schuiten.

«J'espère que cela aidera les cheminots à retrouver leur fierté. C'est un monde stigmatisé, il n'y a presque jamais de bonnes nouvelles, alors que c'est un monde merveilleux», plaide-t-il encore.

Au total, 22 modèles de matériel roulant sont exposés, des voitures de troisième classe aux luxueux salons des voitures de la Compagnie internationale des wagons-lits ou de deux voitures royales belges de 1901 et 1931.

Un simulateur en trois dimensions permettant de «piloter» des trains poussant à 400 km/h, 1.250 objets divers, une ancienne «maison du garde barrière», des maquettes, le «nez» de TGV... complètent le voyage.

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Train World - Gare de Schaerbeek (Bruxelles). www.trainworld.be

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