Le Labrador à moto, deux incontournables

Battle Harbour... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Battle Harbour

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Le Labrador, ce voisin mal-aimé du Québec: trop peu connu, trop loin. À moto, rejoindre cette contrée reculée rime assurément avec aventure. Et la Trans-Labrador Highway mérite amplement que l'on franchisse ses centaines de kilomètres de gravier, car elle mène à des découvertes aussi étonnantes qu'insoupçonnées.

 > Labrador: grande traversée en moto

Trouver la paix à Battle Harbour

Difficile de trouver un nom aussi peu approprié pour un endroit à ce point paisible. Battle Harbour, c'est un panorama grandiose. Mais c'est aussi un village de pêcheurs reconstitué avec soin qui donne tout son sens au mot insularité.

On le comprend tout de suite en discutant, à bord du bateau qui nous y mène, avec le capitaine Jim Jones, qui a été forcé de quitter l'île en 1968 quand le gouvernement de Terre-Neuve a décidé de déménager sur le continent les derniers résidants de ce qui était autrefois la capitale «officieuse» du Labrador.

Excités comme des gamins, on croise nos premiers icebergs dérivant majestueusement le long de la côte, très justement surnommée Iceberg Alley. On doit même en contourner un gros à l'entrée de l'étroit chenal où sont nichés les quais de Battle Harbour.

Tous les bâtiments de l'île, qui a obtenu en 1996 le statut d'arrondissement historique national du Canada, ont un nom et une histoire, raconte le guide Nelson Smith: dans le Pork Store, tout près des quais, on voit encore la chaux utilisée pour protéger les planches; dans la Salt House, on voit encore des traces de sel cristallisé entre les madriers de ce vaste bâtiment où étaient entreposée cette ressource essentielle à l'époque. Plus loin, on croise la charmante petite église anglicane, construite en 1852, avant de déboucher au creux de l'étonnant cimetière - dernier refuge des premiers pêcheurs qui ont habité l'île à partir de la fin du XVIIIe siècle.

Lors de notre passage, on s'affairait à rénover certains bâtiments pour les rendre plus confortables. Les travaux ont été menés rondement car Battle Harbour pourra accueillir en 2014 entre 45 et 50 personnes dans quatre maisonnettes et deux auberges comptant 13 chambres, toutes équipées de salles de bains complètes. On doit par ailleurs transformer la salle à manger actuelle en lounge, alors qu'un autre bâtiment sera aménagé pour y accueillir cuisine et salle à manger. Un spa sera aussi aménagé dans l'un des bâtiments du village.

La directrice du conseil d'administration de Battle Harbour, Gudie Hutchings, espère voir le site devenir une destination de détente, notamment pour des groupes. L'objectif est ambitieux: «Je veux que les gens du Labrador apprennent de nous, affirme la femme d'affaires qui a fait fortune en dirigeant une luxueuse pourvoirie au nord de Goose Bay. Actuellement, les établissements touristiques au Labrador sont des 1 ou 2 étoiles. Nous voulons être un 3 étoiles ou plus.»

Quand on s'inquiète des risques de voir Battle Harbour perdre son essence, Mme Hutchings se rebiffe: «Nous ne la perdrons pas, assure-t-elle avec aplomb. Mais ce serait un crime de ne pas voir ce que cet endroit pourrait devenir. On va conserver la saveur locale, mais en l'améliorant un peu.»

>battleharbour.com

Red Bay... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse) - image 3.0

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Red Bay

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Red Bay, trésor de l'UNESCO

Red Bay, c'est là que la route asphaltée s'arrête. Quand on arrive du nord, c'est là qu'on reprend «brusquement» contact avec la civilisation, riche ici d'une histoire qui fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Red Bay est devenu le 22 juin dernier le 17e endroit au Canada à figurer au sein de cette liste de lieux reconnus comme ayant une valeur universelle exceptionnelle. Coïncidence, nous sommes passés par là deux jours plus tôt, découvrant avec joie le petit village qui a été au XVIe siècle la plus importante station de baleiniers basques en Amérique du Nord.

Quand on entre dans le petit bâtiment d'accueil du centre d'interprétation du site historique national de Red Bay, la première chose que l'on voit est une authentique chalupa, retrouvée dans cet étonnant état de conservation au fond des eaux froides du havre naturel, qui se trouve droit devant, bien visible à travers les grandes fenêtres du hall d'exposition. Le reste de l'exposition se trouve dans un autre bâtiment, en contrebas, plus près de la berge. C'est là qu'on peut admirer la belle collection d'artefacts trouvés dans la région - vêtements, outils, ustensiles, bijoux, etc.

La pièce maîtresse du site de Red Bay demeure néanmoins l'épave de ce qu'on croit être le San Juan, la plus vieille jamais trouvée au Canada. Le trois-mâts de 16 m s'est abîmé contre des récifs lors d'une tempête en 1565, après avoir brisé ses amarres.

Prêt à appareiller pour l'Europe, le navire avait été chargé de 800 à 1000 tonneaux d'huile de baleine.

Le galion a été entièrement démonté par les archéologues pour qu'on puisse identifier et mouler chacune des pièces récupérées. Elles ont ensuite toutes été replacées sous la vase, à l'exception de l'immense ancre en fer et du tout aussi impressionnant cabestan de bois, exposés au musée du centre d'interprétation de Red Bay.

À côté de ces deux pièces massives, on a reconstitué une section de la cale du galion, pour bien comprendre comment on s'y prenait pour charger des centaines de tonneaux d'huile dans les navires.

La reconnaissance de l'UNESCO pourrait changer bien des choses à Red Bay. «C'est le plus grand honneur qu'un site culturel puisse obtenir, assure la directrice, Cindy Gibbons. Cela nous donne une place au sein de l'histoire mondiale. Cela va sans nul doute augmenter notre présence et notre visibilité. Et toute l'industrie touristique de la région est derrière nous, prête à nous appuyer.»




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