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Starwood aura des hôtels à Cuba, une première depuis 1959

L'hôtel Quinta Avenida, situé à La Havane, rouvrira... (PHOTO REUTERS)

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L'hôtel Quinta Avenida, situé à La Havane, rouvrira en fin d'année sous la marque Sheraton et disposera de 186 chambres.

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Luc OLINGA
Agence France-Presse
NEW YORK

La chaîne hôtelière Starwood va s'implanter à Cuba, donnant le coup d'envoi du retour sur l'île communiste des multinationales américaines depuis la révolution castriste de 1959.

Starwood, qui détient Le Meridien, le Sheraton, W, Westin, a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir conclu des accords avec les autorités cubaines portant sur des millions de dollars d'investissements.

Cette annonce intervient à la veille de la visite historique (20-22 mars) de Barack Obama à La Havane, première visite d'un président américain sur l'île communiste depuis 1928.

La chaîne hôtelière va notamment ouvrir deux hôtels d'ici la fin de l'année 2016, selon les termes de l'accord.

Elle va gérer l'hôtel Inglaterra, ouvert en 1875 et disposant de 83 chambres en plein coeur de La Havane, qui va rejoindre son portefeuille de propriétés de luxe.

Starwood va aussi reprendre l'hôtel Quinta Avenida, également situé dans la capitale. Celui-ci ouvrira en fin d'année sous la marque Sheraton et disposera de 186 chambres.

Le groupe hôtelier a en outre signé une lettre d'intention avec les autorités cubaines pour un troisième établissement: l'hôtel Santa Isabel, également à La Havane.

Pour ce dernier établissement, Starwood doit encore recevoir le feu vert du département américain du Trésor, l'équivalent du ministère français des Finances et de l'Économie. Le Trésor est le gardien des sanctions économiques américaines.

Malgré la décision du président démocrate Barack Obama, fin 2014, de normaliser les relations des États-Unis avec Cuba, l'embargo économique décrété en 1962 au coeur de la Guerre froide reste encore en place. Il ne peut être levé qu'avec l'aval du Congrès, actuellement contrôlé par les républicains.

Aussi, pour pouvoir établir leurs enseignes à Cuba, les groupes candidats doivent déposer des demandes de licences auprès du Trésor. Starwood assure les avoir obtenues pour les deux premiers hôtels.

«Il n'y a aucun doute que l'ensemble du secteur hôtelier américain est très intéressé par Cuba. Nous sommes très heureux d'être les premiers», s'est réjoui Thomas Mangas, le directeur général de Starwood.

Les multinationales américaines se bousculent

Les accords entre Starwood et les autorités cubaines sont les premiers grands marchés conclus par un groupe américain sur l'île depuis la révolution du 1er janvier 1959.

À peine arrivé au pouvoir, Fidel Castro avait aussitôt nationalisé le tourisme et transformé l'hôtel Hilton en quartier général du nouveau gouvernement pendant plusieurs mois.

Outre Starwood, d'autres entreprises américaines pourraient annoncer dans les tout prochains jours leur implantation à Cuba.

C'est le cas de Marriott International, concurrent de Starwood, dont le patron Arne Sorenson ferait partie de la délégation accompagnant le président américain pour son voyage historique dans l'île.

L'opérateur de télécoms AT&T est aussi en discussions avec la compagnie nationale de télécommunications cubaine ETECSA, avait indiqué à l'AFP le 11 mars dernier une source proche du dossier.

Les grandes compagnies aériennes United Airlines et American Airlines font actuellement pression sur les autorités américaines pour obtenir des licences afin d'opérer au plus vite des vols commerciaux quotidiens vers et de La Havane.

Depuis le dégel des relations américano-cubaines en décembre 2014, le tourisme a explosé à Cuba. Environ 3,5 millions de touristes ont visité l'île communiste en 2015, en hausse de 17% sur un an. Le bond est beaucoup plus spectaculaire côté américain: 161 000 Américains ont visité Cuba l'an dernier, en hausse de 77% sur un an.

Ce chiffre devrait grossir avec le temps, car les citoyens américains ne peuvent actuellement visiter l'île que sous des conditions très strictes.

Mardi, l'administration Obama, qui a rétabli les relations diplomatiques avec Cuba, a annoncé une nouvelle vague d'allègements des restrictions commerciales et de voyages qui pèsent sur Cuba.

Les Américains pourront se rendre sur l'île pour des actions tournées vers la société civile cubaine (éducation, humanitaire...) même quand ces activités ne sont pas parrainées par une organisation américaine.

Des organisations américaines pourront par ailleurs étendre leur «présence physique» (magasins de détail, entrepôts...) sur l'île quand leurs activités touchent au secteur humanitaire ou éducatif.

Les autorités américaines autoriseront également des navires ayant acheminé des marchandises depuis les États-Unis vers Cuba à poursuivre leur route vers d'autres pays.

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