Vapotage: les ados risquent de prendre goût à la nicotine

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Camille Bains
La Presse Canadienne
Vancouver

Un pédiatre croit que les parents et les médecins qui demandent aux adolescents s'ils fument devraient aussi leur demander maintenant s'ils utilisent la cigarette électronique.

Le vapotage, utilisé notamment pour cesser de fumer, peut à l'inverse développer chez des adolescents non-fumeurs une dépendance à la nicotine et au geste même, prévient le docteur Michael Khoury. Le résident en pédocardiologie a mené une étude auprès de 2300 élèves du secondaire dans la région de Niagara.

Le docteur Khoury a découvert que plus de 10 pour cent de ces adolescents avaient déjà vapoté. Une autre étude, commandée par l'Agence de la santé publique du Canada, donnait plus tôt cette année des taux encore plus élevés: 15 pour cent des filles et 21 pour cent des garçons du même âge avaient déjà essayé la cigarette électronique.

Selon le docteur Khoury, les adolescents vapotent en grande majorité (75 pour cent) parce que c'est «cool», amusant et nouveau - mais certainement pas pour arrêter de fumer, comme le font leurs parents. Par ailleurs, les adolescents sont maintenant plus nombreux à vapoter qu'à fumer la cigarette classique.

Mais cette pratique, qui imite quand même le geste physique de fumer, pourrait mener ensuite à une banalisation de la cigarette classique, craint le docteur Khoury. Or, les adolescents avaient été justement élevés dans un environnement où la cigarette était manifestement vue comme mauvaise pour la santé.

Selon le docteur Khoury, au moins deux études américaines ont conclu que les jeunes qui vapotent sont plus susceptibles plus tard de fumer la cigarette classique.

La plupart des provinces ont légiféré pour encadrer la vente et la publicité des cigarettes électroniques. Certaines voix s'élèvent pour demander au gouvernement fédéral de montrer la voie et de ne permettre la vente de ces produits qu'aux adultes.

Le docteur Khoury croit que le vapotage deviendra un grave problème de santé publique, et que les parents, médecins et écoles devraient s'y atteler sérieusement.

Les résultats de son étude ont été publiés lundi dans le Journal de l'Association médicale canadienne.

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