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D'entraîneurs à mentors

Une vingtaine d'entraîneurs âgés de 18 à 30... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Une vingtaine d'entraîneurs âgés de 18 à 30 ans ont participé à une retraite de quatre jours dans les Laurentides, du 16 au 19 août.

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Pour l'organisme Pour 3 Points, être entraîneur ne se limite pas à apprendre les rudiments d'un sport aux jeunes. Il s'agit plutôt d'un mentorat qui peut changer leur vie ainsi que celle de toute la communauté. Depuis ses débuts en 2014, l'organisme a formé un réseau de 62 entraîneurs, dont la cinquième cohorte vient d'entreprendre ses activités.

Une vingtaine d'entraîneurs âgés de 18 à 30 ans ont participé à une retraite de quatre jours dans les Laurentides, du 16 au 19 août. Celle-ci est le point de départ de la formation d'un an donnée chaque année par Pour 3 Points (P3P). Il s'agit d'un programme de développement du leadership pour les entraîneurs sportifs qui désirent peaufiner leur approche avec les jeunes, particulièrement ceux de milieux défavorisés.

«On part du principe que les jeunes qui font un sport sont motivés par ce sport. Donc, le coach peut agir comme vecteur de cette motivation pour qu'on la voie se matérialiser ailleurs dans la vie des jeunes (à la maison, dans la rue, à l'école, etc.). Ça favorise leur plein épanouissement, explique Fabrice Vil, cofondateur et président de P3P. On forme nos entraîneurs pour qu'ils deviennent aussi des coachs de vie et des mentors.»

Le profil des participants sélectionnés pour le programme est varié. Certains sont étudiants, d'autres sont sur le marché du travail, mais tous sont des entraîneurs sportifs qui sont interpellés par l'enjeu de l'égalité des chances et qui désirent avoir un impact dans leur communauté. La plupart ont le désir d'être entraîneurs à long terme, mais les notions apprises peuvent aussi s'appliquer dans leur vie de tous les jours.

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Fabrice Vil, cofondateur et président de l'organisme Pour 3 Points

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Durant l'année de formation, différentes stratégies d'apprentissage sont mises de l'avant. Les participants assistent à des ateliers de formation tous les deux mois. Ils obtiennent aussi une expérience pratique en étant entraîneurs d'une équipe sportive. Ils bénéficient d'un accompagnement personnalisé durant leur pratique comme entraîneur (un conseiller en développement les accompagne et leur donne une rétroaction). Finalement, ils participent à des rassemblements en groupe pour discuter de leurs enjeux et de leur avancement.

De nouvelles recrues

Après plusieurs années comme joueuse de basketball, Emmanuella Michel, 21 ans, est devenue entraîneuse. Elle a été l'assistante d'une entraîneuse qui avait suivi le programme P3P. «Ce que j'ai remarqué d'elle, c'est que contrairement aux autres coachs, elle ne faisait pas juste enseigner aux jeunes à gagner. Elle les accompagnait vraiment, jusque dans leurs problèmes. Ils pouvaient se confier à elle. Elle était vraiment à l'écoute des jeunes et elle les aidait à trouver des solutions, indique la jeune femme. J'ai tellement eu d'entraîneurs dans ma vie qui ne faisaient que nous faire jouer au basket pour gagner que cette approche m'a interpellée.»

Aujourd'hui étudiante en psychologie et sociologie à l'Université de Montréal, et toujours entraîneuse de basket, elle vient de se joindre au programme P3P. «J'aime vraiment les approches humaines, et c'en est une. Ce n'est pas tant le résultat compétitif final qui compte, mais beaucoup plus le cheminement et le résultat intérieur et émotionnel des individus. On peut avoir une équipe qui ne performe pas vraiment bien sur le terrain, mais dont les individus progressent très bien comme personnes», philosophe-t-elle. 

Olivier Jean-Charles, 26 ans, fait aussi partie de la cohorte 2018 du programme. Après avoir joué jusqu'au niveau collégial, il est lui aussi devenu entraîneur. «Je m'adressais à des jeunes de 9 à 11 ans et je voulais les faire gagner à tout prix. Je leur transmettais mon esprit compétitif, et ç'a été mon année la plus difficile comme entraîneur. C'est cette année que j'ai vraiment commencé à comprendre que ce qu'il faut mettre de l'avant, c'est le développement du jeune, affirme-t-il. Il faut les amener à s'adapter et à devenir de meilleures personnes. Chaque enfant est unique et est capable de conquérir le monde s'il est bien accompagné. C'est là que notre rôle devient important.»

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Emmanuella Michel, participante à la cohorte 2018 du programme Pour 3 Points

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Bénéfique pour tous

Selon Fabrice Vil, le programme P3P est unique au monde et bonifie grandement l'expérience d'entraîneur. Dans le cadre du projet de maîtrise d'un de ses étudiants, le Laboratoire de recherche de l'Institut McGill a généré des données sur l'impact du programme. «Des effets ont été observés autant chez les entraîneurs que chez les jeunes. Tout d'abord, les entraîneurs réalisent beaucoup plus le rôle d'éducation qu'ils ont auprès des jeunes. Puis, dans leur comportement, ils arrivent davantage à responsabiliser les jeunes et à les impliquer dans les processus de décision, donc à les rendre autonomes au lieu de tout décider pour eux, explique le président de l'organisme. Les jeunes, eux, deviennent plus motivés, plus autonomes et entretiennent un meilleur lien avec leur coach. Ils ont significativement moins de comportements antisociaux que des jeunes coachés par des entraîneurs qui n'ont pas été formés par P3P. Cela a un impact majeur sur leur communauté.»

Pour 3 Points est un organisme sans but lucratif financé par des dons publics. Son programme d'entraîneur est donné gratuitement, mais est limité à environ 20 participants par année. Un processus de sélection rigoureux a donc été mis en place. Les entraîneurs qui veulent adhérer au programme doivent répondre à plusieurs critères. Ils doivent aussi remplir un long questionnaire, puis se livrer à deux entrevues de 30 minutes chacune. «On vise les gens qui sont ouverts à l'apprentissage, mais aussi qui ont un grand potentiel de leadership, donc qui peuvent avoir un impact positif sur les jeunes, ainsi que sur leur milieu de vie. C'est l'effet multiplicateur qu'on vise», explique Fabrice Vil. «Dans la foulée de la rentrée, on parle beaucoup de l'école et de ce qui se passe dans les classes. Mais il est aussi important de réfléchir à la façon dont on accompagne nos jeunes à l'extérieur de la classe», ajoute-t-il.




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