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Boissons: diète ne rime pas toujours avec régime...

L'épidémiologiste Meghan Azad et son équipe ont colligé 11 000... (photo Jeff Chiu, archives associated press)

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L'épidémiologiste Meghan Azad et son équipe ont colligé 11 000 études relatives aux effets des édulcorants sur la santé.

photo Jeff Chiu, archives associated press

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Les colas « diète », qui contiennent des édulcorants, n'aident pas à perdre du poids. Ils pourraient aussi augmenter le risque de contracter certaines maladies métaboliques, comme le diabète.

« Alors qu'il y a de plus en plus d'avertissements de couper le sucre, il ne faudrait pas ignorer les effets néfastes potentiels des édulcorants », dit Meghan Azad, épidémiologiste à l'Université du Manitoba, qui est l'auteure principale de l'étude publiée dans le Journal de l'Association médicale canadienne. « Le mécanisme potentiel de cet effet négatif n'est pas encore compris, mais nos résultats montrent qu'il faut étudier davantage la question. »

Parmi 11 000 études sur les effets des édulcorants, colligées par Mme Azad et ses collègues, 37 ont été retenues parce qu'elles avaient une méthodologie solide et étaient comparables. De ce nombre, 7 études regroupant 1000 participants étaient des essais cliniques où la moitié des gens prenaient des boissons diète, tandis que l'autre moitié en prenait peu ou pas, sur une période de suivi moyenne de six mois. 

Pendant cette période, dans le groupe de boissons diète, la baisse de l'indice de masse corporelle (IMC) était supérieure de 2 % à celle de l'autre groupe, mais n'était pas statistiquement significative.

Les chercheurs manitobains ont aussi colligé 30 études de suivi prospectif, sur une période moyenne de 10 ans, regroupant 400 000 personnes. Dans ce groupe, la consommation quotidienne de colas diète était associée à un gain minuscule d'IMC, soit 0,05, qui était cependant statistiquement significatif. D'autres conséquences néfastes métaboliques et cardiovasculaires, dont une augmentation de 14 % du risque de diabète, étaient aussi enregistrées. 

À titre de comparaison, un enfant obèse (IMC supérieur à 30) a quatre fois plus de risques (300 %) d'avoir du diabète à l'âge adulte qu'un enfant ayant un IMC de moins de 25.

« Nous avons trois hypothèses pour expliquer le lien entre édulcorants et désordres métaboliques, dit Mme Azad. Soit il s'agit d'une modification du microbiote [les bactéries dans le système digestif], comme dans l'étude qui m'a poussée à faire cette méta-analyse. Soit il s'agit d'une modification du métabolisme : nous avons envie de sucres parce qu'ils fournissent de l'énergie à nos corps et cette envie est suscitée par le goût sucré. Avec un aliment au goût sucré mais pauvre en calories, notre métabolisme est peut-être reprogrammé, menant à une réaction de satiété moindre que lorsque nous consommons du sucre. » Dans ce cas, nous irons combler notre satiété en mangeant davantage.

« Enfin, poursuit la chercheuse, il pourrait s'agir d'une réaction comportementale, soit parce que les gens qui prennent un cola diète se disent qu'ils peuvent se permettre du gâteau ou de la pizza, soit parce que le goût du sucre, la "dent sucrée", est renforcé parce qu'il n'y a pas l'effet indésirable de prendre du poids. »

Mme Azad est spécialiste de l'alimentation prénatale et en bas âge. « Nous allons maintenant faire une étude chez la souris, sur la consommation de sucre de la mère avant la naissance, ainsi qu'une étude similaire chez les enfants humains. Nous avons aussi un projet avec des adultes pour voir si les édulcorants changent le microbiote, le niveau de sucre dans le sang ou le taux d'insuline. À l'avenir, il faudra aussi des études sur les différents types d'édulcorants. Il y en a très peu. C'est particulièrement important vu la popularité croissante des édulcorants naturels, comme le stévia. C'est naturel, mais ça demeure un édulcorant qui intervient peut-être dans le lien entre le goût du sucre et la satiété. »

Pourcentage des boissons et aliments vendus aux États-Unis contenant un édulcorant plutôt que du sucre ajouté: 

En 2009: 3 %

En 2012: 5,5 %

En 2017: 8 %

Source: Mintel




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