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Cures thermales: entre prévention, détente et art de vivre

Le Spa Eastman propose à ses visiteurs un... (PHOTO MARILI LEVAC, FOURNIE PAR SPA EASTMAN)

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Le Spa Eastman propose à ses visiteurs un volet consultatif incluant coach santé, naturopathe, kinésiologue et bilan pré et post-séjour.

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Charles-Édouard Carrier

Collaboration spéciale

La Presse

L'utilisation de l'eau pour traiter certaines maladies ne date pas d'hier. Les Européens en savent quelque chose. Que l'on soit en Suisse, en France ou dans un pays scandinave, on prône les vertus de l'eau provenant de sources thermales utilisée dans les bains et les spas. Pourtant, l'approche européenne de la cure thermale, où l'on va même jusqu'à parler de thermalisme scientifique, n'a toujours pas rejoint ce côté-ci de l'océan.

Malgré des études qui démontrent l'efficacité de certaines cures thermales, la communauté médicale reste divisée. Rhumatologie, traitement de troubles des voies respiratoires, dermatologie: sans nier l'impact positif que ce type de cures par les eaux pourrait avoir, on hésite encore à y coller l'étiquette de traitement efficace.

Au Québec, on ne parle ni de maladie ni de guérison, mais surtout de détente. Le Spa Eastman fait partie de ces établissements d'ici qui offrent des expériences s'apparentant à la cure thermale européenne. «Nous n'avons pas médicalisé cette conception de prendre soin de soi, c'est plutôt un art de vivre que l'on enseigne, que ce soit avec l'hydrothérapie, la thermothérapie, la saine alimentation ou l'activité physique», explique Jocelyna Dubuc, présidente et fondatrice du Spa Eastman, en activité depuis 1977.

Détente et prévention

Contrairement aux spas que l'on visite pour une demi-journée, un exil de plusieurs jours avec l'objectif de prendre des vacances en santé a de quoi faire rêver.

«On vient pour des séjours d'une semaine, souvent deux. Des touristes américains viennent même pour un mois», précise Jocelyne Dubuc, présidente et fondatrice du Spa Eastman .

Parmi eux, certains s'y rendent pour des raisons médicales, souvent en lien avec des douleurs chroniques ou inflammatoires. À l'horaire : pilates, yoga, méditation, évaluations de la condition physique par une équipe de professionnels, conférences, activité physique et, surtout, détente.

Jocelyna Dubuc espère une plus grande ouverture du monde médical face à la prévention et à ce qu'elle nomme l'art de vivre. «Ici, on a développé un art de la pharmacologie; j'ai mal ici, je prends ceci. Mais en Allemagne, par exemple, pour un mal de tête, on choisira peut-être un bain de bras, illustre-t-elle. Heureusement, il y a de plus en plus de curiosité. Notre système de santé s'essouffle et on sait que c'est la prévention qui pourra changer les choses.»

L'utilisation de l'eau... (Photo fournie par Spa Eastman, crédit Spa Eastman) - image 2.0

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Photo fournie par Spa Eastman, crédit Spa Eastman

L'avis d'un médecin

Le Dr Bernard Bissonnette est rhumatologue et interniste. Dans son bureau, on l'interroge beaucoup plus souvent sur des questions de stress ou d'alimentation que sur les différentes formes d'hydrothérapies et leurs propriétés anti-inflammatoires. Il est d'accord avec le fait que les Nord-Américains ne sont pas au même point que les Européens sur la question des cures thermales et de leur potentiel de guérison. 

«Le concept de la cure thermale ne se greffe pas à un pays comme ça. En Europe, ça existe depuis si longtemps, c'est dans la culture, c'est une question de tradition, mais aussi de climat. Des stations thermales, il y a en partout: en France, en Belgique, en Allemagne, en République tchèque, etc. Et même si ça peut réellement faire du bien, je n'ai pas l'impression qu'on arrivera à recréer ça ici», explique-t-il.

Le Dr Bissonnette ne voit aucun inconvénient à ce qu'un patient lui parle des bienfaits qu'il attend d'une séance de bains chauds ou froids ou de vacances santé. «C'est aussi le fait que le patient s'implique dans son traitement qui est intéressant. Dans les maladies articulaires, il y a presque toujours l'élément douleur.»

«Le risque, c'est que ça entraîne de la kinésiophobie : les gens ont peur de bouger parce qu'ils croient que la douleur sera décuplée. Pourtant, l'exercice physique, surtout dans l'eau, c'est très salutaire pour ça.»

Il ne nie pas que la cure thermale puisse avoir des effets bénéfiques. «Ici, on quantifie. Tel marqueur sanguin s'est amélioré, l'articulation a désenflé, les radiographies sont restées stables, etc. Mais on commence de plus en plus à s'intéresser à la réalité du patient: avez-vous mal, êtes-vous fatigué, êtes-vous en mesure de travailler? Ce qui compte pour le patient, ce n'est pas nécessairement la radiographie ou le résultat d'un test sanguin. J'ai l'impression qu'avec des méthodes qui impliquent des bains, ça peut avoir des effets sur la douleur qui sont plus ou moins quantifiables. Les Européens sont peut-être un peu plus sensibles que nous à ce sujet-là.»

Le modèle français

Les séjours santé ne sont pas couverts par les assureurs privés ou la Régie de l'assurance maladie du Québec. De côté de la Sécurité sociale française, on prend en charge les frais, le transport et l'hébergement, sous conditions. Les cures thermales sont prescrites pour certaines pathologies en dermatologie, gynécologie, neurologie, rhumatologie, trouble du développement de l'enfant, troubles des voies respiratoires, maladies cardiovasculaires, etc. La cure doit durer 18 jours et c'est au médecin de choisir quelle station thermale est la plus adaptée à la condition de son patient.

Selon les plus récents chiffres fournis par le Conseil National des Établissements Thermaux (CNETh), il y avait 105 établissements thermaux en activité sur le territoire français en 2013. L'organisation estimait que par année, le nombre de curistes s'élevait à plus 500 000. Toujours selon le CNETh, le thermalisme médical représente 0,14 % du total des prestations de remboursement par la Sécurité sociale française. Le coût moyen d'une cure est d'environ 560 euros (810 $). 

Source: Conseil National des Établissements Thermaux

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