Activité physique: tout le monde dehors!

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La Presse vous propose quelques trucs pour faire bouger vos enfants.

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Au Canada, moins de 1 enfant sur 10 atteint les recommandations en matière d'activité physique. Au banc des accusés : l'attrait des écrans, les horaires de fous, mais aussi cette obsession parfois malsaine d'assurer la sécurité des enfants à tout prix. En ce début d'été, on vous offre quelques trucs pour les faire bouger.

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Pierre Morin, porte-parole de ParticipACTION

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Julie Dostaler, directrice générale de Québec en forme... (PHOTO OLI CROTEAU, FOURNIE PAR JULIE DOSTALER) - image 2.1

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Julie Dostaler, directrice générale de Québec en forme

PHOTO OLI CROTEAU, FOURNIE PAR JULIE DOSTALER

DONNER LE GOÛT DE BOUGER

Les enfants ne bougent pas assez et passent de trop longues heures devant les écrans. Un changement de paradigme s'impose.

UN PORTRAIT SOMBRE

Au cours des dernières décennies, la condition physique des jeunes s'est détériorée. Seulement 9 % des jeunes Canadiens de 5 à 17 ans atteignent la recommandation de 60 minutes d'activité physique par jour, selon le plus récent bulletin annuel de ParticipACTION, un organisme national voué à la promotion de l'activité physique. Depuis quelques années, ParticipACTION constate une stagnation de l'activité physique chez les jeunes, malgré tous les efforts déployés en matière de sensibilisation. « C'est multifactoriel, note son porte-parole, Pierre Morin. Il y a les nouveaux jeux vidéo, l'iPad, la télévision, les contraintes de temps des parents... »

LE PARADOXE DE LA PROTECTION

Dans son bulletin de 2015, publié ce mois-ci, ParticipACTION met en lumière un autre facteur : la surprotection des parents, qui veulent à tout prix assurer la sécurité de leurs rejetons. Or, note Pierre Morin, cette hyperparentalité est probablement plus nocive pour la santé de l'enfant que les risques réels auxquels il s'expose en jouant dehors de façon autonome. « Les enfants bougent plus lorsqu'ils ont la liberté de se déplacer sans surveillance et de prendre des risques ! », dit-il, en soulignant qu'une éraflure au genou ou une bousculade dans le parc, ça fait aussi partie de la vie.

SPORTIF UN JOUR, SPORTIF TOUJOURS

En matière d'activité physique, il est important d'inculquer de bonnes habitudes aux enfants dès leur plus jeune âge, selon Julie Dostaler, directrice générale de Québec en forme. Elle souligne que toutes les habiletés de base - marcher, courir, lancer une balle, avoir de l'équilibre - s'acquièrent entre 0 et 9 ans. « Si on ne les développe pas en bas âge, ce sera plus difficile une fois adulte de trouver une zone de plaisir à bouger », souligne-t-elle. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : seulement 10 % des fillettes qui sont inactives à l'âge de 10 ans deviendront actives à l'âge adulte. En général, les jeunes - particulièrement les filles - abandonnent l'activité physique à la préadolescence (9 à 13 ans), une période critique au cours de laquelle il faut agir.

La Dre Mélanie Henderson, endocrinologue et chercheure au... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE) - image 3.0

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La Dre Mélanie Henderson, endocrinologue et chercheure au CHU Sainte-Justine 

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ACTIVITÉ ET SÉDENTARITÉ: DEUX NOTIONS DISTINCTES

Passer de longues heures devant un écran peut être nocif pour la santé d'un enfant... même s'il est sportif. « Un enfant peut être à la fois très sédentaire et très actif », explique la Dre Mélanie Henderson, endocrinologue et chercheuse au CHU Sainte-Justine. Récemment, son équipe a étudié les effets de la sédentarité sur les facteurs de risque pour le diabète de type II et le syndrome métabolique chez l'enfant. « Le temps d'écran, tout particulièrement le temps de télévision, a vraiment un effet délétère sur la sensibilité à l'insuline, sur les lipides. C'est vraiment spécifique », note la Dre Henderson, qui souligne qu'il s'agit d'un sujet de recherche émergent.

JEUX VIDÉO ACTIFS: UNE PISTE À EXPLORER?

La Dre Mélanie Henderson se rend à l'évidence : on n'éliminera pas les jeux vidéo de notre société. « Il faut donc trouver un moyen de les intégrer, mais d'une façon que l'enfant puisse quand même s'épanouir pleinement et avoir une santé optimale », dit-elle. Des chercheurs se penchent notamment sur les effets des jeux vidéo dits « actifs » (les enfants bougent devant l'écran en jouant). Selon les recherches actuelles, les jeux vidéo actifs n'apporteraient pas beaucoup sur le plan de l'activité physique, mais ils pourraient contribuer à réduire la sédentarité complète. « Ce sont des choses qu'il faut explorer », estime la Dre Henderson.

Bienfaits de l'activité physique chez l'enfant

• Meilleure santé cardiovasculaire et métabolique

• Amélioration des habiletés motrices

• Maintien du poids santé

• Plus grande estime de soi

• Réduction du stress

• Occasion de socialisation

• Rendement scolaire supérieur

STATISTIQUES ET RECOMMANDATIONS

5%

Proportion des jeunes de 12 à 17 ans qui satisfont aux Directives canadiennes en matière d'activité physique

14%

Proportion des jeunes de 5 à 11 ans qui satisfont aux Directives canadiennes en matière d'activité physique

20%

Les enfants de 5e et 6e année qui peuvent explorer sans supervision l'extérieur font 20 % d'activité intense de plus que ceux qui sont constamment supervisés

Source: ParticipACTION

Directives canadiennes en matière d'activité physique

0 à 4 ans: 180 minutes par jour d'activité physique, peu importe l'intensité

Exemples: marcher, explorer les lieux, monter les escaliers, faire des culbutes, jouer dehors...

5 à 17 ans: 60 minutes par jour d'activité physique modérée à intense

Exemples d'activité modérée: promener son chien, faire du vélo ou du patin, jardiner, faire des travaux ménagers...

Exemples d'activité intense: nager, courir, jouer à la tague, au soccer, danser.

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DIMINUER LE TEMPS D'ÉCRAN

Les adolescents passent en moyenne 10 à 14 heures par fin de semaine devant un écran. «Ça n'a pas de bon sens!», s'exclame Pierre Morin, porte-parole de ParticipACTION. Le mot d'ordre: on réduit le temps d'écran.

PRÉVOIR SES ACTIVITÉS

Entre le travail, les tâches quotidiennes et les allers-retours au camp de jour, les parents sont souvent débordés. Comment trouver le temps de faire une activité physique? En la planifiant, répond la Dre Mélanie Henderson, du CHU Sainte-Justine. «On ne manque jamais notre épisode d'Unité 9, on ne manquera pas notre activité.»

INTÉGRER LES ACTIVITÉS DANS VOTRE HORAIRE

Si on choisit une activité contraignante, on la laissera tomber rapidement. «Il faut l'intégrer à notre horaire», conseille Julie Dostaler, directrice générale de Québec en forme. Par exemple, au lieu d'aller porter fiston au camp de jour en voiture, on peut enfourcher son vélo ou y aller à pied.

MISER SUR LE PLAISIR

Pour rester motivés, les enfants doivent vivre de petites réussites. «Il ne faut pas opter pour une activité trop compliquée, trop difficile. On veut qu'il vive une expérience positive et qu'il ait le gout de recommencer», dit Julie Dostaler. Pourquoi ne pas commencer par une course à obstacles dans le voisinage ?

LAISSER LES ENFANTS JOUER DEHORS AVEC LES AMIS

À partir de 6 ou 7 ans, les enfants commencent à avoir la maturité nécessaire pour aller jouer à l'extérieur avec des amis. À condition, bien sûr, qu'ils aient bien intégré les règles élémentaires de sécurité. «Selon la GRC, les risques de se faire enlever par un étranger au Canada sont de 1 sur 14 millions», souligne Pierre Morin, de ParticipACTION.

ADULTES: MONTRER L'EXEMPLE

Si les parents ont un mode de vie actif au lieu d'avoir toujours un oeil sur leur tablette, les enfants emboîteront le pas plus facilement. Il en va de même pour les éducatrices en garderie : «En bas âge, les enfants sont beaucoup en contact avec des modèles féminins, souligne Julie Dostaler. Or, la pratique d'activités physiques chez les filles constitue un enjeu.»

BRAVER LA MÉTÉO

Toutes les raisons sont bonnes pour ne pas sortir, constate Pierre Morin. C'est frisquet? On reste en dedans. Il pleut? On regarde la télé. «Non. S'il pleut, on s'habille en conséquence et on va dehors!», résume-t-il.

SE PROCURER DU MATÉRIEL AMUSANT

Cordes à danser, ballons, balles, élastiques... Pour inciter les enfants à bouger, on peut mettre du matériel intéressant à leur disposition. Par ailleurs, la préparation du souper peut être une occasion de danser en famille si on met de la musique entraînante. «Ça devient des moments agréables», souligne Mme Dostaler.

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