Faut-il s'entraîner quand on est malade?

Maude Dionne continue parfois de faire du sport... (Photo Erick Labbé, Le Soleil)

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Maude Dionne continue parfois de faire du sport quand elle est malade. «Si je ressens seulement de la fatigue et des symptômes légers, je m'entraîne, mais en m'adaptant en fonction de ce que je ressens pendant l'effort», explique la jeune femme.

Photo Erick Labbé, Le Soleil

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Vraie athlète, Maude Dionne a participé à la course Spartan l'été dernier. Elle s'entraîne par intervalles à haute intensité, quatre ou cinq fois par semaine, en plus de faire du yoga. Fait-elle du sport quand elle est malade?

«Ça dépend de mon état et de comment je me sens vraiment», dit Mme Dionne, qui est titulaire d'une maîtrise en santé communautaire spécialisée en promotion de la santé. «On se pose toujours la question, quand on se sent plus ou moins bien», reconnaît-elle.

Si elle ressent seulement de la fatigue et des symptômes légers, Mme Dionne poursuit l'entraînement en adaptant l'intensité de l'effort à son état. «Si j'ai de la congestion, de la fièvre, des douleurs musculaires et que je dors mal, je ne m'entraîne pas, précise-t-elle. Mon corps a besoin de ce repos.»

Peut-on faire du sport quand on est enrhumé? Au risque de décevoir les petites natures, «la réponse est oui, indique le Dr Éric Renaud, professeur adjoint de clinique à la faculté de médecine de l'Université de Montréal. Mais en médecine, comme partout ailleurs, la loi du gros bon sens s'applique. Si on souffre de symptômes grippaux avec fièvre, on devrait s'abstenir. Et si on est dans la période contagieuse, on devrait éviter les contacts avec les autres». Ce n'est pas le temps de se lancer dans le tango, le yoga chaud ou le trapèze aérien - surtout si vous comptez sur un partenaire pour vous attraper par les mains...

Jogging avec mouchoirs permis 

On peut, par contre, jogger tranquillement si on souffre d'un simple rhume, sans fièvre. «Si c'est le début d'une infection virale, l'activité physique peut être une bonne chose puisqu'elle permet de drainer le liquide de congestion nasale et sinusale», estime Blaise Dubois, physiothérapeute et président-fondateur de la Clinique du coureur.

Il ne faut pas rêver de mater les microbes en haussant la température de son corps, à moins de courir un demi-marathon en plein été. «On tue les bactéries et les virus quand la température de notre corps atteint 39°C, explique M. Dubois. C'est rare, à moins de faire vraiment de l'activité à bonne intensité, d'être un athlète de pointe.»

Prenons un coureur qui jogge tous les jours. «S'il tombe un peu malade, il ira faire un simple jog, prendre l'air à très basse intensité, conseille M. Dubois. S'il devient vraiment malade, qu'il fait de la fièvre ou ne se sent pas bien, il doit prendre une journée de repos. Et avant de refaire des intervalles, il doit s'assurer d'avoir pleinement récupéré.» Pareil en cas de gastro: on s'abstient de faire du sport. On reprend l'activité graduellement et on ne s'entraîne à fond qu'une fois pleinement remis.

Danger: myocardite 

Attention: si on court grippé, «une complication possible est la myocardite virale», avertit M. Dubois. C'est une inflammation du muscle cardiaque causée par une infection virale qui diminue la force de contraction du coeur et sa capacité de fournir un apport de sang suffisant, selon l'Institut de cardiologie de Montréal. «On doit s'assurer que le système immunitaire peut combattre adéquatement le virus ou la bactérie, résume M. Dubois. Si on est dans un état vraiment fébrile, on n'ajoutera pas un stress comme la course à pied.» 

Peut-on faire du sport dans les cas suivants? 

Écoulement nasal: oui.

Maux de gorge: oui.

Fièvre: non.

Douleurs musculaires: non.

Diarrhée: non.

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