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À l'université malgré des troubles d'apprentissage

Le secondaire a été une période difficile pour... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Le secondaire a été une période difficile pour Julie Bouliane, mais elle a persévéré.

Photo Robert Skinner, archives La Presse

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Au primaire, des spécialistes avaient suggéré aux parents de Julie Bouliane d'abandonner tout espoir de voir leur fille accéder à l'université un jour. La jeune femme de 23 ans a déjoué leurs sombres pronostics. Elle terminera son baccalauréat l'été prochain et souhaite entreprendre une maîtrise par la suite!

Grâce à un dépistage précoce et à différents services, de plus en plus de jeunes ayant des troubles d'apprentissage persévèrent dans leurs études. Quelque 947 étudiants ont fréquenté l'université en 2011-2012 malgré leur dyslexie, leur dysorthographie ou leur dyscalculie. C'est 400 de plus qu'il y a 5 ans, selon l'Association québécoise interuniversitaire des conseillers aux étudiants en situation de handicap. «C'est clairement une clientèle en émergence», constate Nicolas Fortin, responsable du service de soutien aux étudiants en situation de handicap (SESH) de l'Université de Montréal.

Le SESH peut prêter aux étudiants des ordinateurs munis de logiciels spécialisés pendant les examens. S'ils ont besoin de plus de temps ou d'être dans un autre local pour réaliser une épreuve, le service s'occupe de tout organiser. Pour avoir accès à ce coup de pouce, il faut toutefois présenter une évaluation récente, même si on a eu droit à de l'aide depuis l'école primaire. Un médecin, un psychologue, un orthophoniste, certains conseillers en orientation et certaines infirmières peuvent signer le document requis. «L'objectif n'est pas de remettre en question le diagnostic, précise Nicolas Fortin. Mais avec les années, des choses changent, les étudiants acquièrent de la maturité. Il s'agit de s'assurer de bien répondre à leurs besoins actuels.» Plusieurs cégeps et universités ont des politiques semblables.

L'évaluation doit toutefois être réalisée dans le secteur privé et la facture grimpe à plus de 1000$, déplore Jean-Louis Tousignant, président du conseil d'administration de l'Association québécoise des troubles d'apprentissage. Certains ne peuvent pas se le permettre.

Un parcours difficile

Malgré tout, la scolarité demeure un chemin chaotique pour les jeunes ayant un trouble d'apprentissage. Julie Bouliane est dyslexique, dysorthographique et a un déficit de l'attention. Elle a eu la chance de recevoir le diagnostic tôt. Sa mère, orthopédagogue, a décelé certains signes dès la maternelle. Les premières années, elle réussissait tout de même à obtenir des notes acceptables. «En quatrième année, j'ai eu mon premier échec, en mathématiques. Mon enseignante me considérait comme un cancre pour qui il n'y avait rien à faire.»

Par un miracle qu'elle ne s'explique pas encore, elle a réussi l'examen d'entrée dans une école secondaire privée. Aucun service n'était offert pour les élèves ayant un trouble d'apprentissage. Ses parents ont engagé un tuteur qui l'aidait de trois à six heures par semaine. «Je réussissais de peine et de misère, confie-t-elle. Je vivais un stress terrible, j'en devenais malade.»

En quatrième secondaire, Julie Bouliane a fait une dépression. «À plusieurs reprises, j'ai voulu jeter les gants, mais mes parents m'ont poussée à continuer. Ils m'ont énormément soutenue.» Au cégep, elle a d'abord étudié la musique. Pour la première fois de sa vie, elle a aimé l'école. Au moment d'écrire ces lignes, elle attendait avec impatience une réponse à sa demande d'admission à la maîtrise en sciences de la gestion, profil ressources humaines.

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