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Un médicament pourrait améliorer des symptômes dans l'autisme

L'essai a porté sur soixante enfants, âgés de... (Photo: AP)

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L'essai a porté sur soixante enfants, âgés de 3 à 11 ans, atteints d'autisme, incluant le syndrome d'Asperger.

Photo: AP

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Agence France-Presse
Paris

Un diurétique pourrait aider de jeunes autistes en atténuant la sévérité de leurs troubles, grâce à l'amélioration de leurs capacités d'échanges avec l'entourage, selon les chercheurs qui présentaient mardi les résultats de cette approche médicamenteuse.

Les résultats sont nets et significatifs» mais ce médicament n'est «pas une molécule miracle», avertit le Pr Yehezkel Ben-Ari (INSERM, Marseille, France) fondateur de l'Institut de neurobiologie de la Méditerranée qui a conduit, avec le Dr Eric Lemonnier, clinicien, spécialiste de l'autisme (Centre hospitalier universitaire, Brest), l'essai publié dans la revue Translational Psychiatry.

Tout deux soulignent toutefois la nécessité d'évaluer l'effet à long terme du traitement, sur lequel l'INSERM a pris un brevet, et d'approfondir la recherche sur ses mécanismes d'action. Dans cette optique, un essai dans plusieurs centres européens est prévu sur plus d'une centaine d'enfants.

Les chercheurs espèrent pouvoir déposer un dossier de demande d'autorisation de sa mise sur le marché pour cette indication, au mieux en 2015.

L'essai, sur 60 enfants, âgés de 3 à 11 ans, a été réalisé en double aveugle, par tirage au sort, une moitié prenant le diurétique, le bumétanide (1 mg/jour) pendant trois mois, l'autre, un placebo.

Les enfants, atteints de diverses formes d'autisme, dont celui de «haut niveau» (syndrome d'Asperger), ont été suivis pendant 4 mois, le dernier mois ne comportant aucun traitement.

La sévérité des troubles autistiques des enfants a été évaluée au démarrage de l'essai, et à la fin du traitement, c'est-à-dire au bout de 90 jours et un mois après la fin de ce dernier.

Bien que n'apportant pas la guérison, ce traitement entraîne, pour les trois quarts des enfants traités, une diminution de la sévérité des troubles autistiques, d'après les chercheurs. Mais à l'arrêt du traitement, les troubles réapparaissent. Des enfants continuent donc à le prendre, selon le clinicien.

«L'enfant traité est plus présent; il est plus facile d'échanger avec lui, d'accrocher son regard, il fait plus facilement ce qu'on lui propose et supporte mieux des bruits qui lui étaient auparavant insupportables», énumère le clinicien pour qui ces résultats sont «prometteurs».

Une vidéo illustre ces changements dans les échanges entre une psychologue et un enfant.

Le bumétanide, diurétique longtemps utilisé pour traiter l'hypertension artérielle, réduit le taux de chlore dans les cellules.

Or, soutient le professeur Ben Ari, études expérimentales à l'appui, les concentrations de chlore dans les neurones sont anormalement élevées lors de troubles du développement cérébral, comme l'autisme.

Les deux chercheurs ont fondé une start-up, Neurochlore, pour mener à bien la suite des essais nécessaires (coût : 5 millions de dollars) pour obtenir l'aval à la commercialisation.

En attendant, le Dr Lemonnier, pédopsychiatre, a fait part de craintes concernant son poste, sous la pression de tenants du tout psychanalytique dans du traitement de l'autisme.

 

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