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Dépistage du cancer de la prostate: passer le test ou non?

La Société canadienne du cance estime que si... (Photo: archives La Presse)

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La Société canadienne du cance estime que si tout le monde mangeait bien et bougeait suffisamment, on pourrait prévenir 30 % des cancers. Si plus personne ne fumait, ce taux grimperait à au moins 50 %.

Photo: archives La Presse

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Caroline Rodgers, collaboration spéciale
La Presse

Depuis quelques années, des reportages dans les médias font état d'une controverse entourant le test de dépistage de l'antigène prostatique spécifique (APS), qui permet de dépister le cancer de la prostate. Récemment, un organisme gouvernemental américain, l'United States Preventive Task Force, a recommandé de ne plus faire passer systématiquement ce test aux hommes de 50 ans et plus.

En effet, le test d'APS présenterait parfois des résultats erronés, avec de faux résultats négatifs ou encore de faux positifs, lesquels entraînent des interventions médicales inutiles. De quoi faire hésiter encore plus les hommes déjà réticents à passer des tests de dépistage. Passer le test ou non? La Presse a demandé l'avis de deux spécialistes.

Le Dr Frédéric Pouliot, urologue, oncologue et professeur adjoint à la faculté de médecine de l'Université Laval: «Dans les études menées aux États-Unis, il y avait beaucoup de contamination entre les groupes témoins, il est donc difficile d'interpréter ces données et d'avoir des recommandations fermes. Une autre étude, celle-là européenne, a conclu à une différence de mortalité entre les patients qui ont eu un dépistage et ceux qui n'en ont pas eu.»

«Cette étude a aussi démontré, avec un suivi après 12 ans, qu'on a entre 30 et 40 % de plus de chances d'avoir des métastases si on n'est pas dépisté. Je recommande donc le test à partir de 50 ans, ou à partir de 40 ans si on a un parent direct [père ou frère] qui a déjà eu un cancer de la prostate. Les hommes d'origine afro-américaine sont également plus à risque.»

«La clé est de prendre la bonne décision une fois qu'on a détecté un cancer. Il y a des cancers agressifs et d'autres qui sont indolents. Il faut vraiment faire comprendre au patient le degré de risque de son cancer, en lui offrant les options possibles, en ne traitant pas nécessairement les cancers de la prostate qui ne portent pas atteinte à la vie à long terme, et en optant plutôt, dans ces cas-là, pour une surveillance active de la maladie.»

Le Dr Simon Tanguay, urologue, professeur de chirurgie à l'Université McGill et secrétaire général de la Société internationale d'urologie: «Aujourd'hui, beaucoup d'hommes chez qui on détecte un cancer ne seront pas traités, car leur cancer n'est pas agressif et ne menace pas leur vie. On va leur suggérer de faire de la surveillance active et si la maladie progresse, on va leur offrir un traitement.»

«De plus en plus, on détermine avec précision des critères pour décider qui devrait ou ne devrait pas être traité. Je recommande donc quand même de passer le test. Mais l'important est d'avoir une discussion avec son médecin pour déterminer si on devrait le passer ou non.»

En collaboration avec la Société internationale d'urologie, Movember a créé un outil qui permet d'évaluer le pour et le contre du test d'APS. On peut télécharger ce document (en anglais pour l'instant, une traduction sera offerte sous peu) à cette adresse: http://ca.movember.com/fr/mens-health/prostate-cancer-screening

Prévenir la maladie

Il n'existe malheureusement pas de recette miracle pour prévenir le cancer. Malgré les progrès de la recherche, l'adoption de bonnes habitudes de vie demeure le meilleur moyen de réduire les risques d'en souffrir.

«On estime que si tout le monde mangeait bien et bougeait suffisamment, on pourrait prévenir 30 % des cancers. Si plus personne ne fumait, ce taux grimperait à au moins 50 %», souligne André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer (SCC).

Par contre, on évalue qu'environ 10 % des cancers sont causés par l'hérédité. Plusieurs demeurent aussi totalement inexpliqués.

Pour la Société canadienne du cancer, la lutte contre le tabagisme demeure une priorité, malgré la diminution du nombre de fumeurs. La cigarette est liée à 85 % des cas de cancer du poumon. Elle constitue aussi un facteur de risque pour plusieurs autres.

«Cela nuit énormément à la santé des gens. Encore aujourd'hui, il y a 1,5 million de fumeurs au Québec», déplore le porte-parole André Beaulieu. Donnée encourageante : 10 ans après l'abandon de la cigarette, le risque de mourir d'un cancer chute de moitié.

Le poids

L'embonpoint et l'obésité favorisent aussi l'apparition de la maladie, selon la SCC. Ils accroîtraient les risques de cancer du sein, du côlon et du rectum, de l'oesophage, du pancréas et de l'utérus. «La recherche démontre que la pratique régulière de l'activité physique durant toute une vie protège contre le cancer du côlon», ajoute-t-on.

L'alimentation

L'organisme recommande également de limiter sa consommation de viande rouge. En trop grande quantité, elle fait grimper les risques d'être atteint d'un cancer colorectal. Les charcuteries aussi, et elles devraient être évitées.

«La conservation de la viande par fumage, séchage ou salaison peut entraîner la formation de substances carcinogènes. Ces dernières peuvent endommager les cellules de l'organisme et mener au développement du cancer», explique-t-on.

Les vitamines

Au cours des dernières années, plusieurs scientifiques ont étudié les liens entre les suppléments vitaminiques et le cancer.

Leurs recherches ne sont toutefois pas concluantes pour l'instant. Des études sur la vitamine E sont contradictoires, selon la SCC.

Alors que l'une d'elles constatait une diminution des risques de cancer de la prostate, une autre notait plutôt une augmentation. L'effet de la vitamine D sur le cancer n'est pas clairement établi non plus.

Par ailleurs, M. Beaulieu insiste sur l'importance de parler de ses inquiétudes et de ses antécédents familiaux avec son médecin. «Passer un test de dépistage, ça ne donne pas le cancer.»

Nathalie Côté, collaboration spéciale

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