Survivre au cancer colorectal

Barry Stein, président de l'Association du cancer colorectal,... (Photo : Martin Chamberland, La Presse)

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Barry Stein, président de l'Association du cancer colorectal, témoigne du cancer qu'il a combattu.

Photo : Martin Chamberland, La Presse

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Nathalie Côté, collaboration spéciale
La Presse

À peine un peu de sang dans les selles. À 39 ans, Barry Stein n'imaginait pas qu'il souffrait d'un cancer. Son médecin non plus, d'ailleurs. Ce dernier lui a néanmoins prescrit un test... qu'il a négligé de faire. Recueillir ses selles lui semblait trop repoussant.

«Mais un an plus tard, un de mes confrères est tombé malade. Il est mort du cancer colorectal après trois mois. Je me suis dit que c'était peut-être une bonne idée de passer le test finalement», se souvient M. Stein.

Après deux coloscopies, en 1995, le verdict est tombé: cancer colorectal. «Noël approchait, alors j'ai pris des vacances en Floride avec ma famille. Je me suis dit que je réglerais ça au retour, raconte-t-il. J'ai pensé que s'il y avait un peu de cancer, on allait l'enlever et c'est tout. J'ai été très naïf, je n'avais aucune connaissance à ce sujet.»

Lors de l'opération, le médecin a découvert des métastases au foie. M. Stein devait être réopéré par un autre spécialiste. Mais l'intervention a été reportée trois fois. L'avocat a donc décidé de se rendre à New York pour être soigné. Quatre opérations et quelques traitements de chimiothérapie plus tard, il n'y avait plus de traces de cancer. M. Stein a toutefois dû faire appel aux tribunaux pour forcer la Régie de l'assurance maladie du Québec à rembourser ses traitements. Il a obtenu gain de cause en 1999.

À la même période, il a appris que le cancer était revenu, aux poumons cette fois. Il a fallu trois nouvelles interventions et de la chimiothérapie pour en venir à bout. Malgré tout, il s'estime chanceux. «Le cancer a progressé selon une certaine séquence. Nous pouvions donc soigner un organe à la fois, explique-t-il. Chez certaines personnes, il se propage dans tout le corps en même temps.»

Des moments difficiles

L'inquiétude et la douleur ont souvent privé de sommeil le père de trois enfants tout jeunes à l'époque. Il assure toutefois qu'il n'a jamais été découragé. Malgré tout, il avait l'impression d'avoir un certain pouvoir sur la situation. Il n'a pas réalisé tout de suite l'impact de la maladie sur ses proches. «À New York, j'ai rencontré une psychothérapeute. La première chose qu'elle a faite a été de demander à ma femme comment elle allait. C'est la première fois que j'ai réalisé que mon cancer n'était pas que le mien. C'était aussi celui de ma famille», se souvient-il.

D'ailleurs, sa femme et lui ont lancé Anzie, boutique de bijoux et d'accessoires, afin d'amasser des fonds pour la recherche sur le cancer colorectal. Encore aujourd'hui, les bracelets «Lifesaver» permettent de récolter de l'argent pour différentes organisations caritatives. Pendant sa maladie, M. Stein a aussi travaillé à la mise en place à Montréal du Gilda's Club, un centre de bien-être pour les personnes cancéreuses et leur famille qui existe aussi ailleurs et qui est nommé ainsi en mémoire de la comédienne américaine Gilda Radner, morte du cancer des ovaires en 1989. «Depuis, nous avons vendu la maison et avons créé un nouveau centre avec l'Hôpital général juif», note M. Stein.

Aujourd'hui, Barry Stein se porte bien et est un grand-père heureux. Le président et fondateur de l'Association canadienne du cancer colorectal continue toutefois de se battre pour assurer un meilleur accès aux soins et sensibiliser la population à cette maladie.

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