Un premier food-truck palestinien

Khaldoun et Abderrahmane ont eu l'idée du «Food... (PHOTO AFP)

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Khaldoun et Abderrahmane ont eu l'idée du «Food Train» alors qu'ils servaient de la nourriture à leur co-détenus d'une prison israélienne, où ils ont passé huit et neuf ans, respectivement.

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Agence France-Presse
Ramallah

Sur les trottoirs de Ramallah, Khaldoun et Abderrahmane ne passent pas inaperçus: leur minivan aux couleurs chatoyantes est le premier food-truck autorisé à opérer dans les Territoires palestiniens.

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Khaldoun au service dans le «Food Train».

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Les vendeurs ambulants de falafel, maïs grillé ou autre café turc font partie du décor palestinien. Mais un restaurant dans un camion dont les deux frigos et le fourneau sont alimentés par quatre panneaux solaires, c'est exceptionnel, sinon jamais vu.

Si les food-trucks font fureur de New-York à l'Asie, les deux amis ont demandé et obtenu du ministère des Transports la toute première accréditation pour un restaurant ambulant délivrée dans les Territoires palestiniens.

L'idée du «Food Train», comme le proclame l'inscription peinte en anglais et en arabe sur le minivan, est née dans la cantine de la prison israélienne où Khaldoun al-Barghouthi et Abderrahmane al-Bibi servaient leurs co-détenus. Le premier, diplômé en informatique et père de six enfants, y a passé huit ans, le second neuf, disent-ils sans fournir de précisions.

«Il fallait que je bouge après autant de temps passé dans une petite cellule», explique Khaldoun al-Barghouthi. «On en avait marre de ces longues heures d'ennui, on voulait bouger tout le temps, comme un train», explique-t-il, en enfournant dans une baguette oignons et dés de poulet grillés.

Il a gardé en horreur le souvenir des couleurs ternes de la prison et de ses uniformes marrons et bleu nuit. C'est pour cela que le petit camion s'est paré de couleurs flamboyantes, rouge, bleu, orange, violet ou jaune, qui semblent attirer le chaland. Ils sont quatre à se presser pour réclamer qui un hot-dog, qui un sandwich au poulet.

Depuis l'ouverture il y a trois semaines, les deux partenaires se relaient au fourneau de 08H00 à minuit tous les jours. «En général, on se gare devant des universités ou des jardins publics. Parfois des employés nous demandent de venir dans leur zone industrielle», dit Khaldoun al-Barghouthi, petite barbe noire bien taillée et tablier autour du cou.

Pour Anaam Cheikh, qui achète un sandwich, le «Food Train» est doublement positif: «il montre à quel point les ex-prisonniers peuvent rebondir et il préserve l'environnement grâce à l'énergie solaire».

«J'espère qu'il servira d'exemple», ajoute-t-elle, alors qu'au moins 850.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes ces 50 dernières années selon les autorités palestiniennes.

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