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Intelligence artificielle: les géants technologiques pavent la voie au Québec

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Mohamed Musbah, chef des produits de Maluuba, avalée par le géant de l'informatique Microsoft, croit que les décisions de Google, Samsung, Facebook et Thales d'ouvrir des laboratoires de recherche en intelligence artificielle dans la métropole auront des répercussions à long terme.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Bien que le secteur québécois l'intelligence artificielle soit principalement stimulé par les investissements de géants technologiques, l'effet d'entraînement des derniers mois risque de favoriser l'émergence de champions locaux, estime le dirigeant d'une entreprise en démarrage montréalaise achetée par Microsoft en début d'année.

Mohamed Musbah, chef des produits de Maluuba, avalée par le géant de l'informatique, croit que les décisions de Google, Samsung, Facebook et Thales d'ouvrir des laboratoires de recherche en intelligence artificielle dans la métropole auront des répercussions à long terme.

«Je crois que l'infrastructure se met en place pour que de plus en plus d'entreprises puissent grandir à Montréal pour devenir la prochaine compagnie multimillionnaire», a-t-il expliqué, au cours d'un entretien avec La Presse canadienne, en marge du Forum Fintech, qui se déroulait à Montréal cette semaine.

Montréal - et Maluuba - fait partie des plaques tournantes de la recherche en apprentissage profond, un champ qui pourrait trouver diverses applications dans des domaines aussi variés que la médecine ou les véhicules autonomes.

Récemment, le directeur de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal de l'Université de Montréal, Yoshua Bengio, a salué l'arrivée des grandes multinationales, mais a réitéré l'importance de trouver des champions locaux.

Celui qui est l'un des plus grands spécialistes du domaine croit que la réputation du Canada y est renforcée par sa capacité à attirer les meilleurs chercheurs mondiaux en raison des liens entre la recherche universitaire et l'innovation. Il craint toutefois que sans la présence d'entreprises locales, des idées élaborées au Canada se transforment en bénéfices financiers au sud de la frontière.

Optimiste, M. Musbah abonde dans le même sens, estimant que de plus en plus de jeunes pousses du secteur de l'intelligence artificielle vont être en mesure de réaliser des rondes de financement dans la métropole.

«Le contexte actuel intéresse les investisseurs, a-t-il expliqué. C'est leur travail d'analyser les occasions d'affaires. Lorsqu'ils voient ce qui se passe actuellement, ils deviennent plus intéressés et cela peut inciter des investisseurs étrangers à venir ici.»

Pour le responsable des activités d'intelligence artificielle chez Microsoft, Alec Saunders, l'écosystème québécois, de plus en plus reconnu, est en quelque sorte au début de son cycle de croissance.

À son avis, l'arrivée de géants permet de jeter les bases d'un environnement d'affaires qui, à terme, pourrait donner lieu à l'émergence d'un chef de file mondial.

«Lorsque des joueurs comme Microsoft arrivent et s'engagent auprès de la communauté, cela accélère le cycle, a expliqué M. Saunders, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne. Cela survient partout où nous allons.»

M. Saunders, un ancien de BlackBerry, n'a pas voulu spéculer sur ce qui attend le secteur québécois de l'intelligence artificielle dans son ensemble.

Citant son expérience, il a toutefois affirmé que dans tous les cycles, certaines compagnies étaient achetées par des multinationales, alors que d'autres étaient en mesure de se tailler une place par leurs propres moyens.

«Lorsque nous commençons à bâtir quelque chose dans un domaine, les gouvernements s'y intéressent, certains joueurs réussissent et les entrepreneurs veulent en faire partie», a expliqué M. Saunders.

Recommandations

Il n'y a pas que M. Bengio qui plaide pour la création d'un important pôle québécois en intelligence artificielle puisqu'il s'agit d'une des 12 recommandations du Comité consultatif sur l'économie et l'innovation, qui a remis son rapport au premier ministre Philippe Couillard à la fin septembre.

En plus des géants qui s'établissent dans la province, la présidente de ce comité, Monique Leroux, avait souhaité que des entreprises québécoises investissent dans ce qui avait été réalisé par les recherches universitaires.

Le rapport du comité recommandait que Québec, qui a octroyé 100 millions $ sur cinq ans en intelligence artificielle, bonifie son enveloppe en plus de prolonger son investissement sur 10 ans.




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