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Coupe Rogers: Madison Brengle, la persévérance incarnée

À l'été 2014, l'Américaine Madison Brengle a noté une... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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À l'été 2014, l'Américaine Madison Brengle a noté une tache suspecte sur une de ses jambes avant de recevoir, quelques semaines plus tard, un diagnostic de cancer de la peau.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

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Avec une météo incertaine et la plupart des têtes d'affiche au repos, la journée d'hier s'est déroulée dans un anonymat relatif à la Coupe Rogers.

Sur le terrain Banque Nationale, le premier duel du jour mettait aux prises Madison Brengle, 51e joueuse mondiale, et Ekaterina Makarova, 29e. Les averses ont interrompu le match à quelques reprises. Bref, il n'y avait pas exactement foule dans les gradins du terrain secondaire du complexe de tennis.

Si le contexte a donné un air banal à sa victoire de 6-4, 1-6 et 6-4, Brengle a un parcours qui, lui, est tout sauf banal.

À l'été 2014, l'Américaine a noté une tache suspecte sur une de ses jambes et s'est fait examiner par un dermatologue. Quelques semaines plus tard, pendant qu'elle disputait le tournoi de Québec, elle a reçu un appel qui lui a donné la peur de sa vie : la tache était cancéreuse.

« Ç'a remis les choses en perspective ! », a-t-elle lancé en entrevue à La Presse, après sa victoire d'hier.

«Je voulais tout de même finir ma saison. J'ai demandé aux médecins si on pouvait attendre quatre ou cinq semaines, ils m'ont dit : "On aimerait mieux ne pas le faire, mais si c'est important pour ton travail, ça va, ça ne fera pas vraiment de différence."»

Madison Brengle

« Au début, ce n'était pas facile. J'ai participé au tournoi de Las Vegas et je portais des pantalons. Je ne voulais pas de soleil ! À mon avant-dernier tournoi de la saison, j'ai atteint les quarts de finale, ce qui m'assurait une place au tableau principal des Internationaux d'Australie [de janvier 2015]. Ça m'a permis de m'occuper du cancer la tête en paix. »

Curieusement, c'est au cours de cette période turbulente que Brengle a connu un essor dans sa carrière. Constamment exclue du top 100 mondial, elle a alors enchaîné les résultats. Au début de 2015, après son opération, elle se permettait une présence en finale au tournoi de Hobart, en plus d'atteindre le quatrième tour aux Internationaux d'Australie.

Et surtout, elle avait recouvré la santé.

« Maintenant, c'est complètement parti, ils ont tout enlevé, a expliqué l'athlète de 26 ans. Quand tu as une tache comme ça, si c'est correct de chaque côté, ils enlèvent tout et tu es correcte. Mais je portais beaucoup de crème solaire après ! Je suis très sensibilisée à ça. Je demande constamment à mes amis s'ils en portent, quel degré de FPS. Et je me fais examiner tous les trois mois, j'ai un très bon dermatologue. »

UNE SÉQUENCE INTERMINABLE

Il y a eu ce diagnostic de cancer, mais il y a aussi eu une séquence plutôt singulière qui rend son parcours si unique. En effet, de 2008 à 2014, elle a été éliminée à l'étape des qualifications dans 24 - oui, 24 ! - tournois du Grand Chelem de suite.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que ces tournois sont les plus payants, que ce soit en argent ou en points au classement. Mais encore faut-il atteindre le tableau principal pour toucher la manne.

Ainsi, à titre d'exemple, Brengle s'était rendue en Australie en janvier 2013 pour les qualifications. Éliminée dès le premier tour, elle avait donc dû se contenter de deux points au classement - la gagnante du tournoi en empoche 2000 ! - et d'une bourse de 3296 $. Une semaine plus tard, elle était en France, dans un tournoi de petite envergure, qui lui a valu une bourse de... 228 $.

Aujourd'hui, Brengle a un accès direct aux meilleurs tournois en vertu du classement, comme ceux du Grand Chelem ou la Coupe Rogers. Si elle devait perdre son match de deuxième tour, elle quitterait Montréal avec plus de 14 000 $ et 60 points au classement.

«J'ai toujours aimé jouer, donc peu importe le tournoi, je me sens toujours privilégiée d'avoir la santé pour jouer.»

Madison Brengle

« Mais dans les plus gros tournois, tout est mieux, tout est plus commode, affirme-t-elle. Ils s'occupent de tellement de choses pour les joueuses, des choses auxquelles tu ne penses pas, mais que tu apprécies quand d'autres s'en occupent !

« C'est très bien, et je crois que je l'apprécie encore plus après avoir fait autant de Challengers, après avoir pris autant de temps pour faire mon chemin. »

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