Combat Pascal-Bossé: «La place n'était pas pleine»

Selon le promoteur Yvon Michel, un peu moins de... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Selon le promoteur Yvon Michel, un peu moins de 2000 billets ont été vendus pour la gala mettant en vedette Steve Bossé et Jean Pascal.

Photo Robert Skinner, La Presse

Ça faisait à peu près 15 minutes qu'Yvon Michel parlait du gala Pascal-Bossé.

En fait, ça faisait à peu près 15 minutes que le promoteur essayait de désamorcer l'un après l'autre tous les problèmes entourant la soirée. On dirait que l'événement, reporté du 29 juin au 20 juillet, est victime d'une série de malédictions.

Les deux principales: les ventes de billets décevantes et cette enquête de la Sûreté du Québec.

Les billets d'abord. Selon Yvon Michel, un peu moins de 2000 billets ont été vendus. Il s'attendait pourtant à ce que la curiosité suscitée par le combat se transforme en succès à la billetterie. Il reconnaît que le moment n'était pas propice, entre deux longs week-ends et à travers la succession de cartes de boxe au Québec cet été.

Il ajoute toutefois ceci: «Il n'y a pas de lien avec le fait de repousser la date de l'événement, c'est vraiment parce qu'on a un nouveau partenaire en Olivier Primeau et le Beach Club. Il nous a demandé quelques semaines pour maximiser la promotion de l'événement.»

On peut difficilement reprocher à Yvon Michel sa réponse. Dans le rôle de promoteur, il y a la promotion. Mais on peut la remettre en question. Surtout quand Olivier Primeau dit ceci dans son point de presse. «Dans la vie, je vends des billets. Yvon est le pro de la boxe et je suis pas mal bon dans la vente de billets. Mais j'ai demandé plus de temps pour vendre des billets. C'est ma première expérience là-dedans.»

Yvon Michel et Olivier Primeau ont parlé pour la première fois de faire alliance il y a deux ans, lors de la visite de Floyd Mayweather au Beach Club. Ils ont décidé d'officialiser la relation lundi dernier... au moment même où le groupe GYM voyait ce qui s'en venait. Les apparences, avouons-le, sont contre eux. Même si Primeau assure qu'il s'est joint à l'aventure à ce moment précis surtout parce que «ça adonnait» et qu'il «n'est pas le sauveur».

On repose quand même la question autrement. Si la Place Bell avait été remplie à quelques jours de l'événement, Yvon Michel aurait-il pu se passer d'Olivier Primeau?

«Peut-être. La place n'était pas pleine. On a réalisé qu'on n'avait pas des ventes au niveau de la qualité et du potentiel de l'événement.»

Donc voilà. De toute évidence, Olivier Primeau embarque dans l'aventure pour vendre des billets, au moins le temps d'un gala. Ce qui n'est pas une mauvaise chose non plus. Avec le public plus jeune qui gravite autour d'Olivier Primeau, Yvon Michel peut ainsi s'attaquer à un nouveau marché moins intéressé au noble art.

«On n'est pas ici pour faire des miracles, on est ici pour faire connaître la boxe à encore plus de personnes, a dit le propriétaire du Beach Club. C'est bien de rajeunir et d'aller chercher une nouvelle clientèle. On est rendus là. Je vais essayer de faire aimer la boxe à ceux qui me suivent.»

Yvon Michel assure tout de même que le gala n'était pas en perdition, pour la simple raison que le groupe GYM n'a pas le loisir d'organiser des événements déficitaires. Les commanditaires et les revenus provenant de la centaine de bars diffusant le combat permettaient au moins de faire les frais. Et Yvon Michel est passé maître dans l'art des associations, sa seule manière de survivre dans un monde où il doit lui-même financer à l'avance chaque événement, à hauteur de centaines de milliers de dollars, et où il doit lutter contre des rivaux aux poches profondes.

«On a une marge de crédit à la banque, des partenaires avancent de l'argent, l'amphithéâtre, la télé, on a des ressources pour se financer. [...] Il faut trouver des associations. Adonis Stevenson, c'est avec ShowTime, Eleider Alvarez, c'est HBO. Pour Artur Beterbiev, HBO, ESPN et la compagnie de webdiffusion DAZN ont de l'intérêt. La seule façon d'avoir du succès est que tes boxeurs soient en demande. Une compagnie comme la nôtre, c'est important de rapporter de l'argent. On ne peut pas vivre juste avec les revenus locaux.»

Enquête de la SQ

Le Journal de Montréal a aussi révélé la semaine dernière que la Sûreté du Québec (SQ) enquêtait sur le rôle de l'agent de Steve Bossé, Daniel Fontaine, dans la promotion de la carte du 20 juillet. On voulait savoir s'il était «promoteur associé» pour le gala. Le problème est que Fontaine a eu des ennuis avec la justice, il y a deux ans, pour une histoire de trafic de stéroïdes et de stupéfiants.

Yvon Michel monte aux barricades. Il n'y a qu'un seul promoteur, et c'est lui. Il ajoute que la présence de Jean Pascal Promotions et d'Ultimate Boss Fighting sur l'affiche est une question de courtoisie.

«J'ai vu des rumeurs selon lesquelles des gens de la SQ nous avaient rencontrés. Ce n'est pas arrivé. Personne n'est venu au bureau ni n'a communiqué avec nous. De ce qu'on me dit à la Régie, c'est qu'en effet, il y a une enquête sur le gérant de Steve Bossé, Dan Fontaine, pour voir quelles sont ses implications dans l'événement. Dan, je l'ai rencontré pour la première fois quand il est venu me voir pour Steve Bossé. C'est un gars passionné très près de Steve. Les relations avec nous sont cordiales, mais c'est strictement à titre de représentant de Steve Bossé.»

Yvon Michel ajoute qu'un seul boxeur a été recommandé par Daniel Fontaine, Yan Pellerin, et qu'il a accepté de le rajouter à la carte pour faire une faveur.

Et ce ne sont là que deux des problèmes de la soirée. À 65 ans, Yvon Michel a-t-il encore besoin de ça? A-t-il encore besoin d'être «tout le temps stressé» par l'argent et les autres aléas de son métier? Il rit.

«Je suis riche parce que j'ai une belle famille, j'ai deux enfants de 10 et 11 ans qui sont ma priorité. C'est une richesse extraordinaire. J'ai ma blonde, mes amis, des amis dans mon organisation. J'ai une belle vie. Si je ne faisais pas ça, je pourrais juste travailler à RDS, faire de la radio, et avec ce que j'ai, j'en aurais en masse pour vivre. Mais ce n'est pas ce que je veux faire.»

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Steve Bossé est encore en apprentissage dans sa nouvelle carrière de boxeur.

Photo Robert Skinner, La Presse

Bossé au Kronk Gym

Steve Bossé revient tout juste du célèbre Kronk Gym de Detroit, où il s'est entraîné sous la supervision de Javan «Sugar» Hill. Il s'est réjoui d'avoir grandement amélioré son jeu de pieds, signe qu'il est encore en apprentissage dans sa nouvelle carrière de boxeur. Il reconnaît toutefois que l'expérience a été rude. «De le vivre, on comprend encore plus. C'est du haut niveau. Tu lèves les mains parce que les gars essaient de t'assommer toutes les fois en combats d'entraînement. Il y a du sparring chaque jour. Quand un nouveau arrive, c'est le premier à mettre les gants et on le teste. Quand ton entraîneur dit que tu t'es amélioré, c'est bien, mais quand tous tes partenaires te le disent, c'est pour ça que je suis plein de confiance.» Jean Pascal a lancé que son rival avait été blessé à une épaule à Detroit. Yvon Michel a admis que Bossé n'était pas malheureux d'avoir quelques jours de plus, mais que sa blessure ne l'aurait pas empêché de se battre le 29 juin.

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«Je ne vais pas lui faire de cadeau»,... (Photo Robert Skinner, La Presse) - image 3.0

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«Je ne vais pas lui faire de cadeau», dit Jean Pascal.

Photo Robert Skinner, La Presse

«La boxe n'est pas un jeu»

Jean Pascal pesait 193 livres au moment de l'entraînement public à Saint-Jean-sur-Richelieu. Steve Bossé est à 220 livres. Tout de même, Pascal, ancien champion WBC, est largement favori pour l'emporter, en raison de son expérience dans un ring de boxe. Jean Pascal refuse de laisser les prédictions le déconcentrer. «J'aime bien Steve Bossé, je n'ai pas de haine. Mais je dois garder en tête qu'on ne joue pas au hockey. Ça ne prend pas une période pour changer le momentum, des fois, c'est une fraction de seconde, un coup de poing. Il peut fermer mes lumières. Je veux montrer à Steve Bossé que la boxe, ce n'est pas un jeu. On joue au hockey, on joue au baseball, on joue au football, on ne joue pas à la boxe. » À savoir maintenant ce qu'il pensait de la stratégie de Floyd Mayweather d'avoir fait croire à Conor McGregor qu'il avait des chances dans leur fameux duel, il répond ceci: «Je ne suis pas payé à l'heure. Pourquoi faire durer le plaisir si je peux finir ça vite? Je sais que si Bossé a la chance de me passer le K.-O. au premier round, il va le faire. Je ne vais pas lui faire de cadeau.»

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Yvon Michel sur...

Artur Beterbiev

«Je n'ai pas parlé directement à Artur, mais j'ai parlé à deux de ses agents. Ça a été très cordial. Ils nous ont dit qu'ils ne s'occupaient pas des affaires juridiques. On a un contrat et un contrat, ce sont des obligations et des responsabilités de part et d'autre. Ils ont dit: "Si tu y vas en fonction de ça, on va être satisfaits." Nous déposons aujourd'hui l'appel d'offres pour organiser le combat entre Beterbiev et l'aspirant obligatoire Callum Johnson. »

Un possible combat entre les poids lourds Simon Kean et Oscar Rivas

«Quand ils [Eye of the Tiger Management] vont nous dire qu'ils sont prêts, on est prêts. J'ai entendu que ça n'arrivera pas tant qu'Oscar sera avec nous. Oscar va être avec nous toute sa carrière. S'il ne veut pas que ça arrive parce qu'il est avec nous, ça n'arrivera pas. Si j'étais à sa place, je dirais la même chose. C'est une indication qu'il ne veut pas que son boxeur soit sur le même ring qu'Oscar Rivas.»




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